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Dictionnaire
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| Vallée
de Barétous. - Vallée des Pyrénées Atlantiques,
placée entre la Soule et la vallée d'Aspe Au XIIIe
siècle, la vallée est désignée dans les documents
sous le nom de Baratos. Au XVIIIe
siècle, on disait Barétons et le dictionnaire d'Expilly
dit même Baraton; on est revenu à la véritable
forme béarnaise de Barétous. La vallée comprenait
les paroisses d'Ance, Aramits Contrairement à l'usage établi
en Béarn,. les communautés de la vallée n'étaient
pas au Moyen âge administrées par des jurats. Il y avait des
jurats de la vallée de Barétous, qui exerçaient, au
nom du vicomte et plus tard au nom du roi, la justice civile, criminelle
et politique sur tous les habitants des cinq villages. Cette cour, qui
siégeait à Aramits L'administration des communes, police,
finances, etc., était confiée en sous-ordre à des
magistrats municipaux inférieurs, les députés et les
gardes. A Aramits Cette coutume locale fort ancienne, dite junte de Roncal, a persisté jusqu'à nos jours. Chaque année, le 13 juillet, les jurats (aujourd'hui les élus) des sept communautés espagnoles de la vallée de Roncal et sept jurats de Barétous se rendent, chacun de leur côté avec un notaire, à la frontière des Pyrénées, au lieu nommé Arna; tous sont armés de piques. Les Espagnols proposent aux Béarnais de renouveler la paix, ceux-ci y consentent et posent leurs piques à terre parallèlement à la frontière. Les Roncalois posent leurs piques en croix sur celles-ci, le fer tourné vers le Béarn; et tous jurent sur la croix ainsi formée, d'après une formule lue par le notaire, et ils répètent cinq fois : « Patz abantz, paix à l'avenir. » Trente hommes de Bérétous amènent alors trois vaches exactement pareilles, qu'ils plaçaient tour à tour sur la frontière et que les Roncalois examinent et reçoivent ensuite en guise de tribut. Une fois la réception faite, si les Roncalois laissent échapper les vaches, les Béarnais ne sont pas tenus de les rendre. Après cette cérémonie, on fraternise et tout se termine par un marché de bétail qui a lieu sur le territoire béarnais. On ne sait pas au juste l'origine de cette ancienne coutume, mais elle reste vivante et le traité de délimitation de frontières entre la France et l'Espagne, de 1856, a réservé les droits des Roncalois. Il est probable que ce tribut est une ancienne composition due pour quelque meurtre commis par les Béarnais et que, dès une époque très reculée, il a servi de gages à des conventions de pacages ou à des concessions de fontaines. En 1856, on s'est appuyé pour reconnaître le droit des Roncalois sur une sentence arbitrale de Gaston Phoebus et de Charles le Mauvais, de 1360, condamnant les Barétonais à payer cette redevance, « sie per muertes o per fontes ». Cela montre qu'au XIVe siècle on ne connaissait déjà plus l'origine de cet usage. Le droit des Roncalois reconnu par la déclaration générale de la vallée de Barétous, au XVIIIe siècle, continue à être appliqué de nos jours. Le 13 juillet. de chaque année, Béarnais et Navarrais se réunissent sur la frontière et, après la cérémonie de la livraison des vaches, nomment les gardes de leurs pâturages. (Léon Cadier). |
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© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.