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On appelle grêle,
l'eau qui tombe des nuages sous forme de petites
masses de glace, appelés grêlons.
Les grêlons sont en général
de forme sphéroïdale. Mais on en voit parfois d'aplatis ou
même présentant des formes très irrégulières.
Tantôt leur surface est unie, tantôt elle présente des
pyramides rappelant l'aspect du quartz. Quand
on fait une section dans un grêlon, on constate très souvent
qu'il est formé de couches successives d'opacités différentes,
ce qui semble indiquer qu'elles se sont formées à des températures
très différentes. Souvent certaines couches ont une structure
radiée, d'autres sont franchement cristallisées. Au centre
du grêlon, on trouve souvent une sorte de noyau blanc, analogue à
un grain de grésil. Ce dernier se serait accru peu à peu
dans sa route tourbillonnaire. Souvent aussi on trouve au centre une matière
solide, poussière, cheveu, etc. Ce fait a fourni un argument aux
physiciens qui ont attribué dans la formation de la grêle
un rôle important à la surfusion des gouttelettes d'eau des
nuages.
es grêlons présentent des
dimensions et des structures très variées. Au sujet de leurs
dimensions, il est bon de remarquer que lorsque les grêlons sont
tombés depuis quelques temps, ils sont souvent soudés les
uns aux autres, et parfois on a dû prendre pour un grêlon unique
une agglomération de plusieurs autres. La basse température
que présentent souvent les grêlons (4°C, 9°C, 14°C
au-dessous de zéro, etc.) facilite ces soudures. C'est peut-être
à cette origine qu'il faut attribuer les grêlons pesant 2
kilogrammes, observés parfois.
Les chutes de grêle précèdent
habituellement un orage; d'autres fois, elle accompagne le grondement de
la foudre; plus rarement elle survient après que l'orage a cessé.
Les nuages chargés de grêle ont généralement
une grande épais-, seur. ils n'ont rien d'arrêté dans
leurs contours et sont teints d'une couleur gris cendré; ardoisée
ou jaunâtre.
L'origine de la
grêle.
Une des premières explications
qui ait été donnée de la formation de la grêle
est celle de Volta. Dans une expérience célèbre, ce
physicien avait placé des corps légers entre deux plateaux
métalliques, dont l'un communiquait avec le sol tandis que l'autre
était mis en relation avec une machine électrique en activité.
Il vit dans ces conditions les corps légers aller toucher alternativement
l'un et l'autre plateau : deux nuages électrisés
de signe contraire produisaient d'après lui les mêmes actions
sur les fines particules de glace qui se trouvaient entre eux. Dans ce
cheminement incessant d'un nuage à l'autre, les particules, en se
choquant, grossissent jusqu'au moment où leur poids l'emportant
sur les actions électriques, elles échappent à leur
influence et tombent sous forme d'une averse de grêle. Cette explication
est tout à fait insuffisante, et pendant longtemps on n'en a pas
eu de meilleure. A plusieurs reprises, la formation de la grêle a
été proposée par l'Académie des sciences comme
sujet de son grand prix de mathémathiques; elle a fini par retirer
cette question, n'ayant jamais reçu de réponse satisfaisante.
Bien des physiciens cependant ont étudié cette question et
publié des théories pour l'expliquer. Les idées que
Faye a exposées dans les Comptes rendus de l'Académie des
sciences, soit spontanément, soit pour répondre à
des critiques, soit pour combattre d'autres théories, sont à
la base des conceptions que nous allons exposer dans cet article.
Il faut tout d'abord remarquer que la grêle
se produit dans les orages; or, les principaux caractères de ceux-ci
sont les suivants :
1° les nuages,
qui en temps ordinaire ne donnent aucun indice de tension électrique,
sont fortement chargés d'électricité pendant les orages;
2° dans ces mêmes nuages, situés
à une altitude où la température est en général
très supérieure à 0°C, il se forme cependant d'énormes
quantités de glace;
3° les orages ne sont pas stationnaires
; ils voyagent avec une rapidité de 50 à 100 kilomètres
à l'heure; de sorte que les nuages à grêle, par suite
de leur étendue restreinte, ne restent que peu de temps au-dessus
d'un même lieu; les chutes de grêle ont en effet une courte
durée, mais elles s'étendent sur des bandes de terrains de
quelques kilomètres de large sur une longueur souvent très
considérable. L'orage célèbre du 13 juillet 1788 parcourut
la France et l'Europe septentrionale en semant sur sa route deux longues
bandes de grêle parallèles. séparées par une
distance de 20 à 25 km; l'une avait 700 et l'autre 800 km de longueur.
Dans ces nuages, il semble y avoir une production
continuelle de glace. Ces trois faits fondamentaux, constatés par
l'observation :
1 ° énorme quantité
de mouvement;
2° production continuelle de la glace;
3° tension électrique sans cesse
renouvelée malgré des décharges incessantes.
La pénétration de l'air provenant
des couches inférieures de l'atmosphère dans la région
des nuages ne saurait expliquer ni l'abaissement
de température des nuages, ni la tension électrique développée
: ces couches sont en effet à une température élevée
et ont une tension faible, souvent même de sens contraire à
celle des nuages. Au contraire, si l'on suppose que l'air des régions
supérieures de l'atmosphère, où règnent les
cirrhus, ces nuages formés de particules glacées, arrive
en contact avec les nimbus, ils y apporteront avec eux, en même temps
que les fortes tensions électriques qu'ils possèdent, une
température très basse qui refroidira au-dessous de 0°
les nuages formés de fines gouttelettes d'eau. Celles-ci se congèleront.
Il faut donc chercher maintenant à expliquer cette descente d'air
des régions supérieures de l'atmosphère. Lorsque des
fluides gazeux ou liquides se déplacent et possèdent en leurs
différents points des vitesses parallèles, mais de grandeur
variable, il se produit des tourbillons. Il est facile de les observer
dans les cours d'eau; ces tourbillons présentent la forme d'un entonnoir
et cheminent en tournoyant.
Ce sont des circonstances du même
genre qui produisent dans les masses d'air en mouvement des hautes régions
de l'atmosphère des tourbillons analogues qui se déplacent
avec une vitesse de plusieurs dizaines de kilomètres à l'heure,
tout en tournant avec une vitesse considérable. Lorsque leur pointe
inférieure atteint la terre, il se produit des effets mécaniques
remarquables, observés dans les trombes, cyclones, tornades, etc.
Ces tourbillons ont en outre cet effet de produire un appel d'air considérable;
les parties supérieures de l'atmosphère sont en quelque sorte
soutirées vers les parties plus basses. Cette explication, tout
en montrant d'une façon satisfaisante comment l'air froid des couches
élevées peut pénétrer dans la régions
des nimbus, a aussi l'avantage d'expliquer les mouvements tourbillonnaires
horizontaux, constatés par quelques observateurs qui se sont trouvés
dans les montagnes environnés par de pareils nuages.
C'est cet appel continu d'air froid qui explique la formation, également
continue, de la grêle. On a parlé aussi quelquefois des nuages
constitués par de fines particules d'eau liquide en surfusion au-dessous
de 0 °C, qui, en se congelant subitement, peuvent donner de la grêle.
Les propriétés d'un tel nuage ne sauraient expliquer toutes
les circonstances qui accompagnent la grêle; cependant certains phénomènes
observés avec les grêlons semblent indiquer que de pareils
nuages peuvent exister et concourir dans une certaine limite à la
formation de la grêle. La théorie de Faye, tout en expliquant
les phénomènes électriques qui accompagnent la formation
de la grêle, montre que dans ce météore l'électricité
n'a au final qu'un rôle peu important. (A. Joannis
/ E. D.-G.). |
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