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Consonance
Consonance, uniformité, ressemblance de son dans la terminaison des mots. Les consonnances sont la base de la rime. Aussi doit-on les éviter dans les vers ailleurs qu'à la dernière syllabe, à moins qu'il n'en résulte un effet d'harmonie imitative. Ce vers de Voltaire est mauvais à cet égard :
Tel d'un bras foudroyant fondant sur les rebelles... (La Henriade, VI). 
Mais les suivants sont excellents :
Français, Anglais, Lorrains, que la fureur assemble, 
Avançaient, combattaient, frappaient, mouraient ensemble. (Ibid.).


La consonnance est encore permise dans un but comique, comme dans les vers suivants des Plaideurs (I, 7), où Racine a voulu imiter la langue de la chicane :

Griefs et faits nouveaux, baux et procès-verbaux, 
J'obtiens lettres royaux, et je m'inscris en faux.
On évite, non seulement en vers, mais aussi en prose, la rencontre d'une syllabe finale avec une syllabe initiale trop semblables entre elles :
« Le ciel parle par vous. » (Voltaire).

« Ne put plus se tenir. » (Boileau).

Mais on n'est pas choqué de la consonnance qui est dans les vers suivants :
Maudit soit l'auteur dur, dont l'âpre et rude verve,
Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve... 
Car à peine les coqs, commençant leur ramage... (Boileau).
Dans les langues anciennes, il n'est pas rare de voir beaucoup de ces consonnances, qui nous paraissent blâmables; mais nous croyons qu'il faut tenir compte de l'accent. Si aucune des syllabes consonantes n'est accentuée, on si l'une d'elles seulement porte un accent tonique, il est vraisemblable qu'il n'y a pas cacophonie.

Au reste, en latin et en grec, comme en français, ces consonances pouvaient devenir une source de beautés littéraires, lorsqu'elles étaient employées à propos. (P.).

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