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Unbarbarisme,
du grec barbarismos,
par l'intermédiaire du latin barbarisrnus,
est une faute commise contre l'usage, en tant qu'on emploie une expression
ou une forme qui en elle-même n'est pas admise par l'usage comme
légitime, par exemple colidor pour corridor, vous
disez pour vous dites. Cette sorte de faute est commise fréquemment
par les illettrés, parce qu'ils ignorent le bon usage, par les enfants,
chez lesquels elle provient souvent d'une fausse analogie, par exemple
prendu
au lieu de pris, par analogie avec rendu,... et par tous
ceux qui parlent beaucoup trop.
On confond souvent
barbarisme avec solécisme en ce sens
que, ce dernier mot désignant spécialement les fautes contre
la syntaxe, on se trouve parfois embarrassé
pour déterminer d'une manière précise la nature d'une
faute; les uns alors se servent du premier de ces deux mots, d'autres préfèrent
le second. Ainsi, l'on dira que l'expression populaire se rappeler de
quelque chose est un barbarisme, si l'on considère la locution
dans son ensemble, comme une seule façon de parler; mais, d'autre
part, on dira également bien que l'emploi de la préposition
de fait un solécisme, puisque les règles de la syntaxe de
régime sont violées.
Certains grammairiens
appellent ces sortes de fautes barbarismes de phrases,
en opposition à barbarismes de mots; mais cette distinction
est subtile, et pour éviter toute équivoque, il serait préférable
de réserver le mot de barbarisme pour les fautes commises dans les
mots pris en eux-mêmes, indépendamment de la construction
et de l'union syntaxique.
Les Anciens
faisaient déjà cette confusion; de plus, ils prenaient encore
le mot de barbarisme dans un sens légèrement différent
:
barbarismos
était synonyme de ce qu'on appelait aussi
glwssa,
qui signifie terme particulier à un dialecte ou à une langue
étrangère; et l'emploi de ces mots était considéré
par quelques-uns comme une figure et un ornement du discours.
(M. B.). |
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