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Tillemont
(Louis Sébastien Le Nain de), historien né à
Paris
le 30 novembre 1637, mort à Paris le 10 janvier 1698. Son père,
qui mourut quelques semaines après lui, à l'âge de
quatre-vingt-cinq ans, était maître des requêtes au
Parlement de Paris. Elevé à Port-Royal ,
il reçut la tonsure en 1656, mais, par humilité sans doute,
ne se laissa ordonner prêtre qu'en 1676. Les opinions jansénistes
de Tillemont ne lui permirent pas de travailler en parfaite tranquillité.
Il vécut successivement à Beauvais,
chez le chanoine Godefroi Hermant, ami du grand Arnauld;
puis à Paris, avec son condisciple Thomas du Fossé, puis
à la campagne près de Chevreuse; de 1677 à 1679, nous
le trouvons installé à Port-Royal des Champs; enfin, après
la dispersion des solitaires, il se retira dans le petit domaine de Tillemont,
non loin de Vincennes.
Quelques voyages, dont l'un fut consacré
à visiter Arnauld en Hollande, interrompirent seuls l'uniformité
du reste de sa vie. Usé par le travail et les austérités,
il mourut à soixante ans, laissant des ouvrages appréciés
par les savants. Si Tillemont n'a aucun souci d'art dans l'exposition,
rebute parfois le lecteur par la rudesse de son style sec et incolore,
du moins sa science profonde, l'honnêteté presque touchante
de son érudition, lui garderont toujours un rang honorable parmi
les historiens. Il a laissé une Histoire des empereurs et des
autres princes qui ont régné durant les six premiers siècles
de l'Eglise (Paris, 1691-1738, 6 vol. in-4); des Mémoires
pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers
siècles avec une chronologie et des notes (Paris, 1693-1712,
16 vol. in-4); enfin une Vie de saint Louis.
L'Histoire ecclésiastique,
dont Tillemont avait commencé à s'occuper au sortir de l'adolescence,
devait, dans la pensée de l'auteur, faire corps avec l'Histoire
des empereurs; pour échapper aux tracasseries de la censure,
il sépara les deux ouvrages, et, quand il eut trouvé un censeur
moins exigeant, commença à publier les Mémoires.
La Vie de saint Louis a été éditée seulement
vers le milieu du XIXe siècle, par
J. de Gaulle, pour la Société de l'Histoire de France (Paris,
1847-51, 6 vol. in-8). Ce patient érudit a laissé encore
d'autres ouvrages inédits, entre autres, une Histoire des rois
de Sicile de la maison d'Anjou ;
enfin, il a collaboré à plusieurs ouvrages de Godefroi Hermant,
de Lombert et de Thomas du Fossé.
(Ch. P.-D.). |
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