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Malleville

Claude de Malleville est un poète français, né à Paris en 1597, mort dans la même ville en 1647. Employé d'abord dans les finances, il devint ensuite secrétaire du maréchal de Bassompierre, fut attaché quelque temps à la maison dû cardinal de Bérulle, puis suivit Bassompierre en Angleterre. Le maréchal ayant été emprisonné à la Bastille, Malleville lui donna de nombreuses preuves d'attachement, et il en fut récompensé, lorque Bassompierre sortit de prison, par les lucratives fonctions de secrétaire des Suisses. Plus tard, il acheta la chargé de secrétaire du roi à la grande chancellerie. 

Malleville composait des vers avec une grande facilité et avait beaucoup d'esprit. Il faisait partie du petit cercle de lettrés. qui se tenait chez Conrart. Lorsque le cardinal de Richelieu proposa de prendre les membres de cette réunion sous sa protection, Malleville se prononça vivement contre cette offre, qui allait transformer leur assemblée littéraire en une sorte de corps officiel; mais son avis ne prévalut pas. Il resta néanmoins attaché à ses amis, et devint un des premiers membres de l'Académie française (1634).

Malleville fut un des poètes qui travaillèrent à la Guirlande de Julie. Il composa des élégies, où l'on trouve de la sensibilité et du naturel, des sonnets, des stances, des chansons, des rondeaux, etc., écrits d'une plume vive, agréable et facile, trop facile même, car son style est plein de négligence. Parmi ses pièces, on en cite particulièrement deux, un sonnet, intitulé : la Belle matineuse, qui le mit en grande réputation, et son rondeau à Boisrobert. Voici le sonnet :
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La belle matineuse

« Le silence régnait sur la terre et sur l'onde,
L'air devenait serein et l'Olympe vermeil,
Et l'amoureux Zéphyre, affranchi du sommeil, 
Ressuscitait les fleurs d'une haleine féconde. 

L'Aurore déployait l'or de sa tresse blonde 
Et semait de rubis le chemin du Soleil; 
Enfin ce dieu venait au plus grand appareil 
Qu'il soit jamais venu pour éclairer le monde.

Quand la jeune Philis au visage riant, 
Sortant de son palais plus clair que l'Orient,
Fit voir une lumière et plus vive et plus belle. 

Sacré flambeau du jour, n'en soyez point jaloux : 
Vous paroles alors aussi peu devant elle, 
Que les feux de la nuit avaient fait devant vous. »
 

(C. de Malleville).

Et voilà le ce rondeau, que le Père Rapin regarde comme un chef-d'oeuvre :
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Rondeau

« Coiffé d'un froc bien raffiné, 
Et revêtu d'un doyenné
Qui lui rapporte de quoi frire, 
Frère René devient messire, 
Et vit comme un déterminé. 
Un prélat riche et fortuné, 
Sous un bonnet enluminé, 
En est, s'il le faut ainsi dire,
Coiffé.
Ce n'est pas que frère René
D'aucun mérite soit orné,
Qu'il soit docte, qu'il sache écrire;
Mais seulement c'est qu'il est né
Coiffé. »
 

(C. de Malleville).

La plupart des pièces de vers de Malleville ont été recueillies et publiées après sa mort sous le titre de : Poésies (Paris, 1649 et 1659). On lui doit, en outre, des traductions de deux romans italiens de Luca Asserino : Stratontice (Paris, 1641, 2 volumes), et Almerinde (Paris, 1646), et il donna plusieurs morceaux au Recueil de lettres d'amour (Paris, 1641). (PL).

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