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Peer Gynt,
drame d'Ibsen (1867). - Hardi chasseur des montagnes de Norvège ,
Peer Gynt est tourmenté d'orgueilleuse et confuse ambition. Pour
avoir, en un caprice sauvage, ravi, puis abandonné la fiancée
d'un autre, il doit d'abord se réfugier dans la solitude. Ses songes
s'y matérialisent : le voici soudain transporté féeriquement
au pays des trolls, où la princesse Ingrid lui offre, avec son amour,
la royauté sur ces êtres grotesques et hideux. Écoeuré
de cette première forme, toute bestiale, sous laquelle lui apparaît
la puissance, dédaignant la pure et douce Solveig, venue le rejoindre
en sa retraite rocheuse, il part donc à la poursuite de son idéal.
Bien des années après, nous
le retrouvons en Orient : d'abord armateur, des amis le trahissent et lui
volent sa cargaison; prophète ensuite, encensé et adoré,
la volupté personnifiée par la bayadère
Anitra lasse bientôt son génie mobile et capricieux. Il retourne
en Norvège
pour y essayer la vie de famille médiocre et tranquille. Sur le
bateau, un vieux savant étrange lui demande de lui céder
son cadavre lorsqu'il sera noyé pour y découvrir le siège
de la personnalité. Peer s'irrite de cette apparition ironique,
où la science à son tour se montre à lui, aussi vaine
que le reste. La vision évanouie, le vaisseau sombre. Alors, jeté
à la côte, épuisé, le héros se traîne
vers la cabane de Solveig. En chemin, un ouvrier fondeur vient le réclamer
de la part de son maître, tout-puissant sur les vivants :
"Tu
es une pièce ratée, tu vas être refondu comme les autres."
Coup suprême auquel l'orgueilleux succomberait,
si Solveig retrouvée, vieillie comme lui, toujours fidèle,
ne lui rendait la foi en lui-même. Éclairé, bercé
par ces mots d'amour; il meurt régénéré, sans
crainte de voir revenir le fondeur des âmes.
Edvard Grieg a composé pour la pièce
huit morceaux symphoniques, d'une coloration originale et d'une poésie
intense. |
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