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Les radiogalaxies

Aperçu
Ces objets sont des galaxies d'apparence ordinaire (des galaxies elliptiques géantes ou des galaxies lenticulaires, à une exception près, la radiosource 0313-192, dans Abell 428, qui est une spirale) lorsqu'on les observe dans le domaine visible, mais qui émettent puissamment dans le domaine radio. Leur émission peut être des centaines de fois plus puissante que celles des galaxies dites normales, et parfois davantage. C'est le cas, par exemple pour M 82, M 87, Centaurus A (NGC 5128), ou encore Cygnus A, qui est un million de fois plus brillante dans le domaine radio que la Voie lactée.

Les régions de cette émission, très étendues, apparaissent au premier abord comme deux lobes placés de part et d'autre de la composante optique des galaxies concernées. Ces lobes correspondent en fait à l'extrémité de jets très étroits de gaz expulsés à partir des régions centrales de ces objets, et longs parfois de plusieurs milliers d'années-lumière. On citra aussi le cas extrême de 3C 236, où la source radio s'étend sur plus de 15 millions d'années-lumière.


Les jets et les lobes de 3C 236.
(source : An Atlas of DRAGNs).


Mise en ordre
Il existe diverses manières de classer les radiogalaxies. La plus ancienne a été proposée par B. L. Fanaroff et J. M. Riley en 1974. La classification FR repose sur l'orientation du gradient de brillance des lobes, autrement dit, en somme, sur la position du maximum de luminosité (radio) de ceux-ci :
FRI - Les radiogalaxies du type FRI ont leur maximum d'éclat plus proche du noya que de l'extrémité. Le bord externe des lobes est sombre, et globalement ces radiosources sont peu lumineuses.

FRII - Les FRII ont leur pic de luminosité plus à l'extérieur (c'est-à-dire, au-delà de la moitié de la distance entre le noyau et l'extrémité des lobes). Le bord externe de chaque lobe est marqué par la présence d'une zone brillante, ou point chaud.

Bien que cette classification soit encore utilisée, on lui préfère souvent des classifications qui reposent sur la morphologie des lobes. On ne retiendra ici que les catégories suivantes :
Les radiogalaxies doubles classiques (ou radiosources doubles allongées à bord externe brillant) - Cette catégorie rassemble les deux tiers des radiogalaxies. Elles se signalent, à l'image de Cygnus A (ci-dessous) qui en est le prototype, par l'émission symétrique de leurs deux lobes. Ces objets correspondent à peu près au type FR II mentionné précédemment.


Cygnus A (la galaxie observable en optique correspond à la nodosité centrale).

Les radiosources doubles allongées à bord externe obscurci - Dans ces objets dont le noyau brille également dans le domaine radio, le flux diminue en intensité à mesure que l'on s'éloigne du centre. Un exemple en est donné par Centaurus A. Les jets sont également observables.

Les radiosources doubles étendues. exemples are Virgo A (contrepartie radio de M 87, dans la Vierge) et Fornax A (NGC 1316, dans le Fourneau), dont partie de ce groupe.

La morphologie des jets peut également être prise en compte. On reconnaît alors deux groupes principaux :.
Les Wats (= Wide angle tail sources) - Ces radiogalaxies, qui sont souvent des galaxies elliptiques géantes (type cD) situées au centre des amas, ont des jets très longs et lumineux, légèrement courbés. Dans les amas d'Abell, ces jets peuvent être en relation avec la structure de l'amas (alignement avec son axe principal). Exemples : NGC 6034, IC 708, 3C 465. Leurs points chauds sont proches du noyau.

Les Nats (= Narrow-angle tail sources) - Les jets de ces radiogalaxies sont plus courts, moins lumineux, mais plus courbés que dans les Wats. On les rencontre préférentiellement dans les galaxies elliptiques situées à la périphéries des amas. On cirera NGC 1265 et IC 310, dans l'amas de Persée.

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