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Grotesque,
mot qui signifia originairement une de ces figures de caprice, de fantaisie,
que l'on nomma aussi arabesques. Du temps d'Auguste,
le genre, dit arabesque par les modernes, était déjà
en grande faveur à Rome dans la peinture décorative; Vitruve
le blâme en s'appuyant sur une froide logique, un rigide bon sens
qui ne tient compte ni de l'ingénieux, ni du gracieux dont brillent
habituellement les bonnes compositions de ce genre.
Au XVIe
siècle, les ruines souterraines de quelques monuments antiques,
notamment des Thermes de Titus, à Rome,
offrirent beaucoup de fragments de ces capricieuses compositions; les Italiens
les nommèrent grotesques, de grotta, "grotte," mot par lequel ils
désignent tout lieu souterrain.
Après les gens de goût, c.-à-d.
les Anciens, vinrent les exagérateurs : outrant une idée
qui était déjà un abus, mais que les inventeurs se
faisaient pardonner à force d'élégance, d'imagination
fine, spirituelle, et de correction, ils tombèrent dans le vulgaire,
firent de la caricature, et gâtèrent la chose et le mot. Sous
leur lourd crayon et leur imagination triviale, les grotesques devinrent
des figures grimaçantes, où tout est tourné en défauts,
antipodes du gracieux et de l'élégant, autant que du sérieux
et du correct, enfin où l'art véritable du dessin n'entre
plus pour rien.
A l'époque de la Renaissance, des
graveurs s'attachèrent à produire des scènes imaginaires
comiques ou hideuses ne cherchant dans la nature humaine que des types
défectueux, dont ils exagéraient encore les défauts.
Les artistes du Moyen âge cultivèrent ce genre avec prédilection
; ils en firent abus dans la sculpture décorative, en attachant
aux églises les figures les plus monstrueuses, et sculptant, sur
les boiseries d'intérieur de ces monuments, sur des stalles de choeur,
les scènes les plus scandaleuses et les personnages les plus propres
à appeler la dérision. (C. D-Y.) |
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