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Berzélius (Jöns Jacob), chimiste né en 1779 près de Linkœping (Ostrogothie), mort en 1848, était fils d'un maître d'école. Il étudia d'abord la médecine, fréquenta en même temps le laboratoire de chimie d'Afzelius et y prit un goût décidé pour la chimie; se fit connaître dès 1800 par des observations sur les eaux minérales de Medevi (1800), publia bientôt après des recherches sur les effets du galvanisme (1802), fut en 1804 nommé professeur à l'Ecole de médecine de Stockholm, commença en 1806, avec Hisinger, la publication de mémoires relatifs à la physique, à la chimie et à la minéralogie; fut en 1808 admis à l'Académie de Stockholm, devint en 1818 le secrétaire perpétuel de cette compagnie, et reçut du roi Charles-Jean (Bernadotte) des titres de noblesse en récompense des services qu'il avait rendus à la science. Désirant se livrer tout entier à ses recherches expérimentales, il renonça en 1832 aux fonctions de enseignement. Berzélius fut le premier analyste du XIXe siècle : outre un nombre immense d'analyses faites avec la plus grande précision, on lui doit la découverte de plusieurs corps simples (calcium, baryum, sélenium, cadmium, thorium), la connaissance des combinaisons du soufre avec le phosphore, l'étude du fluor et des fluorures, la détermination d'un grand nombre d'équivalents chimiques. II fut presque le créateur de la chimie organique.

Philosophe aussi bien qu'expérimentateur, il consolida la théorie atomistique ainsi que celle des proportions chimiques; il inventa et fit admettre universellement, pour exprimer la composition des corps, des formules chimiques analogues aux formules algébriques; enfin il adopta, pour expliquer les phénomènes, la célèbre théorie du dualisme électrochimique, et fit au moyen de cette théorie de nombreuses réformes dans la nomenclature et la classification. II fut aussi un des premiers à fonder la minéralogie sur la connaissance des éléments chimiques des corps : ses vues sur ce sujet sont exposées dans son Nouveau système de minéralogie (Paris, 1819, in-8).

Outre un grand nombre de mémoires, Berzélius a rédigé un grand Traité de chimie. C'est un des ouvrages les plus complets sur la matière la 1re édition en fut publiée à Stockholm de 1808 à 1818 en 3 vol. in-8°. Ce traité a été traduit et refondu, avec le concours de l'auteur, en 1840 et années suivantes, par Esslinger, et Hœfer, 8 vol. in-8 (chez Didot). On doit encore à Berzélius un Traité des proportions chimiques, ainsi qu'un Traité du chalumeau : ces deux ouvrages ont aussi été traduits en français (le 1er en 1812 et 1835, le 2e en 1821). Enfin, il publia, à partir de 1822, un Compte rendu annuel des progrès de la chimie et de la minéralogie, recueil précieux qui contient l'exposition et l'appréciation, souvent sévère, des travaux faits dans tous les pays; il le continua jusqu'à sa mort. Berzélius était depuis 1832 associée l'Institut de France.

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