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La Vie est un
songe, comédie (ou auto)
de Calderon de la Barca, une de ses plus
élevées, comme conception et comme poésie. «
La vie est un songe dont la mort est le réveil», dit Calderon.
Sigismond est un fils de roi que son père tient enfermé;
dans une caverne vêtu de haillons et de peau de bêtes chargé
de chaînes. Des oracles ont prédit que cet enfant serait la
ruine du trône, et, pour échapper ces prédictions funestes,
le roi s'est résolu à le traiter de la sorte. Cependant,
un remords le prend; il ordonne de faire boire un narcotique à Sigismond,
de l'habiller somptueusement et de le conduire au palais, où il
sera traité en roi. Le malheureux se réveille sur un lit
de pourpre, entouré de courtisans prosternés. Ses passions
brutales, longtemps comprimées, se font jour; il veut tuer de sa
main le gentilhomme qui lui servait de geôlier; il jette par la fenêtre
un malavisé qui lui résiste, exige des femmes, violente les
deux plus belles filles de la cour, Estrella et Rosaura, et devient enfin
un véritable danger pour tout le monde. Le roi le fait endormir
de nouveau et transporter dans sa prison : des soldats révoltés
l'en tirent, et il s'amende, dans la perpétuelle crainte où
il est que le songe ne s'évanouisse encore une fois. Calderon a
répandu sur toute cette pièce des flots de poésie.
(NLI). |
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