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Novum Organum,
"Nouvel
organe, ou Nouvel outil" célèbre ouvrage de Francis
Bacon, formant la deuxième partie de l'Instauratio magna
scientiarum ,
"la Grande Restauration des sciences". C'est proprement une méthode
pour étudier les sciences, en aidant à leur progrès
et à leur utilité. L'ouvrage a deux livres; dans le pemier,
Bacon démontre que les Anciens et les Modernes n'ont point en, jusqu'à
lui, de méthode pour étudier les sciences, et qu'il est arrivé
de là qu'elles n'ont point progressé. Dans le deuxième
livre, il entreprend de tracer cette méthode nécessaire:
il veut que l'on commence par recueillir les faits, les digérer,
les ordonner, pour en faire l'appui d'une lente et successive généralisation.
La recherche doit s'étendre et s'enrichir par l'examen des bases
comparables; les expériences doivent être instructives plutôt
qu'utiles; avant d'oser interpréter la nature, il faut l'expérience
scientifique. Une méthode d'expérimentation est donc un indice
soit d'expériences nouvelles, soit de vérités générales,
et devient ainsi le nouvel organe de la nature, ou l'art d'interpréter.
A mesure que l'induction donne naissance à des propositions générales,
dit-il, vérifiez si ces propositions dépassent la sphère
des faits qui leur servent de base; si elles le dépassent, assurez-vous
qu'elles indiquent avec certitude des vérités nouvelles.
Souvenez-vous toujours de la règle:
ne rien imaginer, ne rien supposer, mais découvrir ou trouver ce
que la nature fait ou éprouve. Puis le rôle de la raison commence;
c'est proprement le rôle de l'induction. Bacon entre dans des détails
très circonstanciés pour l'application de sa méthode;
mais le deuxième livre n'ayant pas été terminé,
il n'a point donné de méthode sûre pour les procédés
d'investigation qu'il indique, et le peu d'usage qu'on a fait de son
Nouvel Organe en rend l'utilité fort suspecte. L'ouvrage est
écrit en latin, et plusieurs parties ne sont pas exemptes d'obscurité.
Malgré ces imperfections, le Novum Organum est l'ouvrage
le plus important de Bacon, celui où il a montré le plus
de génie, celui aussi qu'il préférait à ses
autres livres et qu'il a le plus soigné, car il l'a récrit
douze fois. II parut pour la première fois en 1620, et fut réimprimé
en Hollande sous le titre de Novum Organum scientiarum, Leyde, 1745
et 1750, petit in-12. On le trouve dans les Oeuvres de Bacon, Londres,
1825-35, 17 vol. in-8°, et dans la traduction française, revue
et corrigée, donnée par M. Riaux, des Oeuvres de Bacon,
Paris, 1843. 2 vol. gr. in-18. Laplace, dans son Essai sur les probabilités,
semble avoir résumé en termes très simples le Nouvel
Organe, en disant : "La méthode la plus sûre qui puisse
nous guider dans la recherche de la vérité consiste à
s'élever par induction des phénomènes aux lois, et
des lois aux forces. Les lois sont les rapports qui lient entre eux les
phénomènes particuliers : quand elles ont fait connaître
le principe général des forces dont elles dérivent,
on le vérifie soit, par des expériences directes, lorsque
cela est possible, soit en examinant s'il satisfait aux phénomènes
connus et si, par une rigoureuse analyse, on les voit tous découler
de ce principe, jusque dans leurs moindres détails, si, d'ailleurs,
ils sont très variés et très nombreux, la science
alors acquiert le plus haut degré de certitude et de perfection
qu'elle puisse atteindre. " (C. Dezobry, 1877).
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En
bibliothèque - Ch.
de Rémusat, Bacon, sa vie, son temps, sa philosophie et son influence
jusqu'à. nos jours, 2e édit, Paris, 1858, gr. in-18. |
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