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Aucassin et
Nicolette. - Roman d'amour que Roquefort fait remonter au XIIe
siècle, et qui est une des plus charmantes productions du moyen
âge. Aucassin, fils de Garin, comte de Beaucaire, aime Nicolette,
jeune fille achetée aux Sarrasins. Son père ne veut pas la
lui donner pour femme. Bientôt, le comte de Valence étant
venu assiéger Beaucaire, il ne consent à combattre qu'à
la condition qu'il pourra voir Nicolette et lui parler au moins une fois.
Mais quand les ennemis ont été repoussés, il est jeté
dans un cachot. Garin a fait enfermer aussi Nicolette; elle s'échappe,
entend la voix plaintive d'Aucassin, et, après lui avoir jeté,
par une crevasse du mur, une mèche de ses cheveux en signe de souvenir
et d'adieu, va se cacher dans la forêt
voisine. Aucassin, rendu à la liberté, retrouve son amie,
et s'enfuit avec elle. Ils sont jetés par une tempête sur
la côte de Torelore, et pris par les Sarrasins, ennemis du roi de
ce pays : Aucassin, jeté pieds et poings liés dans une barque,
est poussé par les flots jusqu'à Beaucaire, et, comme son
père et sa mère sont morts, il en est reconnu seigneur. Quant
à Nicolette, transportée à Carthage ,
elle découvre qu'elle est la fille du roi de cette ville; plutôt
que de se marier avec un roi païen, elle s'enfuit sous un déguisement,
revient à Beaucaire, et épouse Aucassin.
Ce roman, d'un auteur inconnu, est plein
de naïveté, de pureté et de grâce. Il est écrit
alternativement en prose et en vers de 7 ou 8 syllabes. Les couplets sont
monorimes; ils étaient chantés, comme l'indiquent, sur le
manuscrit, des notes de musique sur des portées de quatre lignes;
chaque portée est précédée d'un signe qui ressemble
à la clé d'ut. Les retours du chant et du récit sont
d'ailleurs indiqués par ces mots : or se cante; or, dient,
content et fabloient. (H. D.).
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En
bibliothèque - Le roman d'Aucassin
existe dans un seul manuscrit à la Bibliothèque nationale
de Paris. Lacurne de Sainte-Palaye le mit
en français moderne sous le titre des Amours du bon vieux temps,
en 1756. Le vieux texte a été publié par Méon,
dans son Recueil de Fabliaux. Voir aussi : Histoire littéraire
de la France, t. XIX; Fauriel, Hist. de la poésie provençale,
t. lII. |
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