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Arnaut de Mareuil
est un troubadour de la fin du XIIe siècle,
né à Mareuil (Dordogne). Né de parents pauvres, destiné
d'abord à la cléricature, il jeta, si l'on en croit la plus
développée de ses deux anciennes biographies provençales,
la robe aux orties pour « s'en aller par le monde » chercher
fortune; il fut bien accueilli à Béziers, à la cour
d'Azalaïs, fille de Raimond V, comte de Toulouse, et épouse
(depuis 1171) de Roger Il Taillefer, à laquelle il dédiait
ses chansons; mais Alphonse II, roi d'Aragon (1162-1196), qui courtisait
aussi la comtesse, devint jaloux de lui, et Azalaïs, entre le roi
et le poète, n'hésita pas. Arnaut congédié
se rendit à Montpellier où il retrouva un protecteur en la
personne de Guillaume VIII (mort en 1202). Il est probable qu'il ne survécut
pas à son ancienne protectrice (morte vers 1200).
Son bagage poétique se compose d'environ
25 chansons, de 5 Saluts et d'un petit poème didactique ou Ensenhamen.
Les chansons présentent rarement
des pensées originales et des images nouvelles, mais presque continuellement
des sentiments délicats, exprimés en un style facile et harmonieux.
Pétrarque l'appelle il men famoso Arnaldo, c.-à-d. qu'il
le met au-dessous du subtil et alambiqué Arnaut Daniel; mais tel
n'était pas l'avis des troubadours eux-mêmes qui ont cité
Arnaut de Mareuil plus souvent qu'aucun de ses contemporains. Ses Saluts
ou lettres amoureuses (en vers de 8 syllabes à rimes plates) se
distinguent par les mêmes qualités de tendre et harmonieuse
distinction. Dans son Ensenhamen (en vers de 6 syllabes à
rimes plates), il trace successivement leurs devoirs aux nobles, aux clercs
et aux bourgeois; on y trouve malheureusement plus de lieux communs de
morale que de renseignements précis sur la société
d'alors. (A Jeanroy). |
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