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Kérotakis
(Alchimie). La kérotakis a été
empruntée par les alchimistes aux peintres anciens, qui peignaient
à l'encaustique, et y mélangeaient leurs couleurs, avec le
concours d'une douce chaleur. Les appareils à kérotakis jouent
un grand rôle chez les alchimistes grecs et sont figurés avec
des variantes de formes diverses dans les manuscrits. L'opération
qui s'y exécutait porte le nom de cerosis ou ceratio :
elle consistait à tacher d'imprégner de certains principes
colorants les métaux, en les ramollissant, soit directement, soit
avec le concours du mercure, ou du soufre, ou du sulfure d'arsenic.
Aux débuts, on opérait simplement
sur la palette des peintres; mais il fallut bientôt la pourvoir de
deux appareils accessoires; l'un destiné à réchauffer
les mixtures (bain-marie, bains de sable, de cendre ou analogues); l'autre,
à condenser les vapeurs que l'on voulait retenir. C'était
d'abord une coupe ou tasse renversée servant de couvercle, et dont
la forme, modifiée graduellement, est devenue le ballon ou fiole
actuelle : le mot grec lui-même a pris peu à peu ce sens nouveau
dans les textes alchimiques. D'après certaines descriptions, il
semble que la lame métallique n'ait pas seulement servi de support
aux produits que l'on faisait réagir entre eux et sur les vapeurs
sublimées d'en bas; mais cette lame éprouvait, dans sa propre
matière, la transformation produite par les fondants et par les
vapeurs.
On plaça ensuite au-dessous un récipient
pour recevoir les matières liquéfiées, parfois même
avec interposition d'un crible. Les matières fondues tombant dans
ce récipient, échauffé lui-même, se sublimaient
en partie et retournaient attaquer de nouveau la matière placée
sur la palette : de là le nom d'écrevisse (appareil rétrograde)
donné à quelques-uns de ces engins. Mais on finit par supprimer
la palette dans ces appareils et il resta l'aludel, instrument de digestion
et sublimation, qui figure seul chez les alchimistes latins. (M.
Berthelot). |
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