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La Palestine

La Palestine (de l'hébreu Pelischtim = les Philistins) est une région historique du Proche-Orient (Asie occidentale) s'étendant le long du rivage de la Méditerranée depuis le Liban jusqu'aux frontières de l'Égypte. En raison de ce qu'elle a été le berceau de la religion chrétienne, les auteurs chrétiens la désignent souvent encore sous le nom de Terre Sainte, et on lui donne aussi le nom de Terre Promise parce que, selon la Bible, Yahveh avait annoncé à Abraham qu'elle appartiendrait un jour aux descendants de ce patriarche.

GĂ©ographie.
Les limites de la Palestine ne peuvent ĂŞtre indiquĂ©es avec la prĂ©cision qu'on apporte dans la description des pays europĂ©ens; elles restent vagues et indĂ©cises Ă  l'Est. Cette contrĂ©e est comprise entre 31° et le 33° degrĂ©s de latitude Nord (soit entre l'embouchure et  l'ouadi el-Arich, au Sud, et celle du Nahr-el-LeĂŻtani (Litani), au Nord), et entre 34° et le 36° degrĂ©s de longitude Est environ. Elle commence au Nord-Est Ă  l'extrĂ©mitĂ© mĂ©ridionale des chaĂ®nes du Liban et de l'Anti-Liban, c'est-Ă -dire au Sud de la PhĂ©nicie, sur laquelle elle empiète mĂŞme Ă  partir du Moyen âge (auparavant  la bande cĂ´tière au Sud du Litani et jusqu'au Sud du mont Carmel (ou seulement jusqu'Ă  Akko, selon les Ă©poques) Ă©tait considĂ©rĂ©e comme appartenant Ă  la PhĂ©nicie; on y trouvait Tyr, la grande citĂ© phĂ©nicienne)

Palestine cisjordane et Palestine transjordane.
La partie la plus importante du pays constitue une zone Ă©troite entre la MĂ©diterranĂ©e et le Jourdain, qui traverse toute la rĂ©gion du Nord au Sud dans une gorge Ă©troite et profonde, le GhĂ´r, dont le niveau du sol est par places Ă  plusieurs centaines de mètres au-dessous du niveau de la mer. Cette zone Ă©troite situĂ©e sur la rive droite du Jourdain est la Palestine cisjordane. Cela correspond Ă  peu près aux actuels IsraĂ«l (NĂ©guev exceptĂ©), Territoires Palestiniens et Sud-Liban. La Palestine cisjordane se partage en trois rĂ©gions principales que les EuropĂ©ens dĂ©signent encore habituellement par les noms qu'elles portaient vers le commencement de notre ère. Ces rĂ©gions sont du Nord au Sud, la GalilĂ©e, la Samarie et la JudĂ©e. 

Sur la rive gauche du Jourdain s'Ă©tend la Palestine transjordarne (Sud-Ouest de la Syrie et Nord-Ouest de Jordanie actuelles), relativement large au Sud de Damas, oĂą elle comprend tout le bassin du Yarmouk, mais allant ensuite sans cesse en se rĂ©trĂ©cissant jusqu'aux rives de l'Arnon, torrent qui est un affluent de la rive orientale de la mer Morte. Cette seconde rĂ©gion de la Palestine est un vaste plateau dĂ©nudĂ© d'une altitude moyenne de 700 Ă  800 mètres et confinant aux sables du dĂ©sert arabique. 
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La Palestine au temps des Rois. Cliquez sur l'image pour afficher une carte grand format.

La Palestine transjordane est Ă  un niveau notablement supĂ©rieur Ă  celui du reste de la contrĂ©e, et elle se termine Ă  l'Ouest par une chaĂ®ne de montagnes dont les flancs abrupts encaissent la vallĂ©e du Jourdain. L'autre partie du pays, la Palestine cisjordane, est une rĂ©gion montueuse que la ligne de faite, dirigĂ©e du Sud au Nord partage en deux versants dissemblables, l'un qui s'incline par une pente modĂ©rĂ©e vers la mer MĂ©diterranĂ©e ou IntĂ©rieure, l'autre qui prĂ©sente une succession de terrasses Ă©tagĂ©es le long de la rive droite du Jourdain. 

A l'Est la Palestine s'étend d'abord jusqu'à, la plaine de Damas et au massif de l'Hauran. Puis sa limite se dirige du Nord-Est au Sud-Ouest en se rapprochant sans cesse de la vallée du Jourdain jusqu'à ce qu'elle atteigne le cours de l'Arnon et l'ancien pays des Moabites. Au Sud elle finit à l'extrémité de la mer Morte et aux montagnes de l'antique Idumée et du pays des Amalécites.

La côte de la mer Méditerranée.
La MĂ©diterranĂ©e baigne la Palestine depuis les environs de Tyr, aujourd'hui Sour, jusqu'Ă  la frontière Ă©gyptienne, et dans toute cette Ă©tendue le littoral incline continuellement vers le Sud-Ouest. La rĂ©gion littorale, qui borde une cĂ´te  longue de 260 kilomètres, comprend la plaine de Sour (Tyr), le Raz en-Nakoura, le port d'Akko (Acre), qui est l'ancienne PtolĂ©mais, avec sa large plaine qu'arrose le Nahr-el-Moukatta (Kison) et sa baie largement ouverte, sur laquelle se trouve le port de HaĂŻfa (CaĂŻfa), au pied du Carmel, et que termine, au Sud, le Raz el-Keroun (550 m, formĂ© par le djebel Mar-Elias ou mont Carmel); viennent ensuite la longue et large plaine de Saron : port de Kaisarèh (CĂ©sarĂ©e), les embouchures du Nahr-Abou-Zaboura, Nahr-Falaik, Nahr-el-AoudjĂ©, le port de Jaffa, dĂ©signĂ©e dans la Bible sous le nom de JoppĂ©, aujourd'hui dans l'agglomĂ©ration de Tel-Avi, et qui peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme le port de JĂ©rusalem; et, enfin, la vaste plaine de SĂ©phĂ©la, avec l'embouchure du Nahr-Roubine et Ashkelon ou Aslcalân (I'Ascalon des Philistins), GhazzĂŞh (Gaza), derrière la dune cĂ´tière, qui borde depuis Kaisarièh le littoral rectiligne, et que les vents d'Ouest et de Sud-Ouest poussent toujours plus avant dans les terres, et El-Arich, au confluent de l'oued du mĂŞme nom.

Les montagnes. 
Sur la rive occidentale, le cours du Jourdain est longĂ© par deux chaĂ®nes de montagnes sensiblement parallèles, l'une dans l'intĂ©rieur des terres, un peu plus loin de la MĂ©diterranĂ©e que du Jourdain et formĂ©e par les cimes culminantes de la Palestine; l'autre, moins Ă©levĂ©e, limitant l'Ă©troite vallĂ©e du fleuve, et constituant un rebord dont les terrasses successives descendent en pentes assez douces jusqu'au GhĂ´r. Ces montagnes sont formĂ©es de calcaires crĂ©tacĂ©s, et prĂ©sentent çà et lĂ  des massifs de laves et d'autres produits volcaniques, tĂ©moins des Ă©ruptions qui ont Ă©branlĂ© le sol un lointain passĂ©., 

Des deux grandes arĂŞtes qui du Nord au Sud sillonnent la Palestine en deçà du Jourdain, se dĂ©tachent un grand nombre de contreforts transversaux qui vont expirer Ă  la plaine du littoral; d'autres chaĂ®nons, dirigĂ©, obliquement ou perpendiculairement, les relient les uns aux autres. 

Au Nord de la GalilĂ©e, des hauteurs confuses (djebel Djermak, 1220 m; djebel Zeboud, 1114 m; mont Thabor, 580 m) couvrent l'Ouest et le Centre; Ă  l'Est, la chaĂ®ne du djebel Safed domine le cours supĂ©rieur du Jourdain; dans le Sud, la fertile plaine d'Esdrelon occupe la vallĂ©e du Nahr-el-Mouatta.  En Samarie et en JudĂ©e, tandis que dans l'Est un escarpement continu domine la dĂ©pression mĂ©diane, c'est, dans le Centre et l'Est, un plateau qui s'incline vers la mer; le dominent la chaĂ®ne du djebel Mar -Elias, le Merdj el-Garak, le Nebi Bayazid, le Nebi Samyil, le mont des Oliviers, le Dhor-ès-Salah.

Les montagnes aux flancs escarpés qui bordent à l'Est la vallée du Jourdain et supportent les hautes steppes qui la séparent du désert de Syrie sont, en allant du Nord au Sud, l'extrémité méridionale de l'Anti-Liban, le Grand Hermon, les monts de Galaad et les monts Abarim. Les plateaux qui couronnent cette chaîne et dont l'altitude croît progressivement du Nord au Sud sont : le Djaoulan, entre la rivière de Damas et le Yarmouk; le Djebel Adjloun, entre le Yarmouk et l'Arnon, le Belka, au Sud de l'Arnon et dans le pays de Moab.

Le Ghôr ou vallée profonde du Jourdain et de la mer Morte.
Le seul cours d'eau de la Palestine qui mĂ©rite le nom de fleuve, non pas tant par le volume de ses eaux que par sa longueur de 200 kilomètres, est le Jourdain.  Il naĂ®t dans la CoelĂ©-Syrie  ou Syrie Creuse (vallĂ©e de la Bekaa), plaine qui s'Ă©tend entre le Liban et l'Anti-Liban, par la rĂ©union de trois ruisseaux principaux. Ceux-ci s'Ă©chappent en belles sources de grottes situĂ©es au pied occidental de l'Hermon. La plus septentrionale de ces sources est celle de HasheĂŻa, qui alimente le Nahrel-Hasbani; les deux autres, plus considĂ©rables, sont les sources de Banias et de Tellel-Kali, appelĂ©es par les Anciens sources de Paneas et de Dan. Le Jourdain a une marche rectiligne du Nord au Sud; il coule dans le thalweg d'une profonde crevasse, qui reprĂ©sente l'extrĂ©mitĂ© septentrionale, de la grande faille tectonique qui s'Ă©tend en Afrique sous le nom de Grand Rift.

Cette sorte de fossĂ© abrupt prend le nom de GhĂ´r, c'est-Ă -dire la vallĂ©e. Au-dessous de Banian, autrefois CĂ©sarĂ©e de Philippe, au-dessous de l'emplacement oĂą se trouvait la ville de Dan, si souvent nommĂ©e dans la Bible; le Jourdain prend sa source dans le massif neigeux nommĂ© aujourd'hui Djebel-el-Cheikh (le mont Hermon des HĂ©breux), coule du Nord au Sud, traverse le petit lac de Houleh (anciennement les eaux de MĂ©rom), puis le lac de Tabarieh ou de TibĂ©riade, et se jette dans la mer Morte. 

Tout le bassin est environnĂ© de montagnes très escarpĂ©es sur la rive orientale, et Ă©tagĂ©es en terrasses sur la rive occidentale. Au Sud-Est, une presqu'Ă®le de la cĂ´te, que les Arabes appellent et-Litan (la langue) pĂ©nètre en forme de coin dans la masse des eaux. Celles-ci, beaucoup plus pesantes que l'eau de mer, dont la densitĂ© moyenne, par rapport Ă  celle de l'eau douce, est de 1,27, atteignent le chiffre de 1,225. Ces eaux sont d'un beau bleu ou d'un bleu verdâtre limpide, mais extrĂŞmement salĂ©es, très riches surtout en chlorure de magnĂ©sium, d'une odeur forte. Elles sont si lourdes, que les personnes qui s'y baigneant ne peuvent y enfoncer; mais lorsqu'on sort de ces flots, on a le corps couvert d'efflorescences salines, et la peau reste gluante tant qui on ne s'est pas lavĂ© dans l'eau douce. A une seule exception près, ni poissons, ni mollusques, ni crustacĂ©s ne peuvent vivre dans ce lac; mais, contrairement Ă  une opinion qui Ă©tĂ© très rĂ©pandue, les oiseaux peuvent, bien sĂ»r, voler au-dessus de ses ondes sans tomber asphyxiĂ©s. De temps en temps on voit nager Ă  la surface de la mer Morte des plaques de bitume qui remontent des profondeurs. 

C'est dans le voisinage de la Mer Morte, que la Genèse place une terre appelée la vallée de Siddim ou la Pentapole, et que sur son sol s'élevaient les villes légendaires de Sodome, Gomorrhe, Adama, Séboïm et Ségor, détruites, dit le mythe biblique, par le feu du ciel en punition de leurs iniquités. On ne connaît pas l'emplacement de ces cités, à supposé qu'elles aient existé.

Les petits cours d'eau.
De nombreux ouâdis ou torrents temporaires apportent leurs eaux Ă  la mer Morte par la rive occidentale et par la rive orientale de ce lac salĂ©; mais ils ne peuvent suffire Ă  l'Ă©vaporation abondante dont il est le siège, et son niveau baisse continuellement. Les principaux de ces torrents qui se jettent dans le lac en traversant les gorges dont est coupĂ©e la ceinture de montagnes sont :  1° sur la rive orientale, le Zurka-Main, l'Anion, l'Ouadi-Kerah; 2° au Sud, le DjeĂŻb et le Fikreh; 3° sur la cĂ´te Ouest, l'Ouâdi-Seyal, l'Os-el-Arais, le CĂ©dron, etc. Sur le littoral Nord-Ouest, Ă  droite de l'embouchure du Jourdain, le sol est parsemĂ© de dunes et recouvert de dĂ©pĂ´ts de sel et de soufre; des sources d'eau thermale, jaillissent en diffĂ©rents points du rivage. On y voit aussi des fontaines d'eau douce qu'entourent des bosquets de saules, de tamaris, d'acacias, de palmiers. De l'une on l'autre rive, la vue du paysage est vĂ©ritablement grandiose et n'a pas l'empreinte de tristesse et de dĂ©solation qu'on lui attribue gĂ©nĂ©ralement.

Tous les monts de la Palestine sont sĂ©parĂ©s les uns des autres par du profondes gorges, oĂą coulent des torrents pĂ©rennes ou temporaires, qui se rendent Ă  la MĂ©diterranĂ©e, Parmi ceux de ces cours d'eau qui mĂ©ritent le nom de fleuves cĂ´tiers, nous nous bornerons Ă  citer, du Nord au Sud : 

1° Le LĂ©ontes ou Nahr-el-Litani, dĂ©signĂ© dans la partie infĂ©rieure de son cours sous le nom de Nahr-el-Kasimiyeh. Venu du mont Liban, il sĂ©pare la PhĂ©nicie de la GalilĂ©e; sa direction gĂ©nĂ©rale est du Nord-Est au Sud-Ouest; mais il remonte ensuite vers le Nord pour atteindre Ă  la MĂ©diterranĂ©e, entre SaĂŻda (Sidon) et Tyr. 

2° Le Nahr-Naaman, l'antique BĂ©lus, qui parcourt la plaine d'Acre. 

3° Le Nahr-el-Mukutta ou Kison, qui parcourt la plaine d'Esdrelon, entre les monts de GelboĂ© et de Nazareth Ă  l'Est et la châine du mont Carmel Ă  l'Ouest. Ce cours d'eau, après s'ĂŞtre grossi du MĂ©lik et de quelques autres torrents, tombe dans la MĂ©diterranĂ©e au Sud de la baie d'Acre, et Ă  l'Est du port de HaĂŻfa. 

4° Le Nahr-el-Falek, qui draine les montagnes de Samarie et forme un petit lac marécageux avant de tomber dans la mer.

5° Le Nahr-el-Aoudje. qui tombe dans la mer au Nord de Jaffa.

6° Le Nahr-Roubin, le torrent des Philistins. 

7° Le Sni, qui reçoit de nombreux torrents du pays d'Hébron. Le versant oriental des monts de la Palestine envoie au Jourdain ou au lac de Tibériade quantité de torrents parmi lesquels nous citerons le Méir, tributaire du lac, et le Fara, affluent direct du Jourdain, qui a sa source au Nord du mont Ebal.
Sur la rive gauche, au nombre des multiples torrents qui versent leurs eaux dans la Mer Morte, on remarque l'Arnon, qui formait la limite entre les Ammonites et les Moabites. Toute cette zone orientale de la Palestine est un plateau Ă©levĂ© et couvert de steppes, qui sĂ©pare le Jourdain du dĂ©sert de Syrie. Dans les vallĂ©es, au fond des ravins et sur les flancs des montagnes, la vĂ©gĂ©tation s'y dĂ©veloppe mieux que dans la partie de la Palestine qui est Ă  l'Ouest du Jourdain et de la mer Morte. 

Les villes et les anciennes cités de Palestine.
En dehors des deux ports d'Akko (Acre) et de Haïfa, les localités les plus remarquables de la Galilée inférieure sont : Tabaryeh, l'ancienne Tibériade, Cana, Nazareth, Zerin, l'antique Jezraël, Madadrillony qui fut Maggeddo, Jenine. Quand on a franchi vers le Sud la plaine d'Esdrelon, on pénètre dans la montueuse Samarie, suite de plateaux, dédale de vallées qui vont en s'abaissant vers la Méditerranée, sur la plaine sableuse de Saron, parsemée de quelques oasis. La ligne de faite de la Samarie en est sensiblement l'axe central. C'est sur cette ligne que se trouvent les hauts sommets, le mont Ebal, le mont Garizim, où les Samaritains adoraient; et une suite d'autres hauteurs qui s'alignent jusqu'aux environs de Jérusalem. Vers le Nord'Ouest, la Samarie est couverte par le massif du mont Carmel, qui se termine sur la mer par le cap Carmel, où il existe un couvent de religieux. Les principales villes de la Samarie sont aujourd'hui Naplouse, l'ancienne Sichem, entre le mont Ebal au Nord et le mont Garizim au Sud; Sébastieh, qui fut Samarie, et, sur la côte, la ville presque ruinée de Césarée. La Samarie est actuellement la contrée la plus fertile de la Palestine. La Judée, qui en est voisine au Sud, contraste avec elle par son aridité et sa nudité. C'est une région pierreuse où la végétation ne peut se développer que dans les vallées. Les montagnes y sont beaucoup plus hautes qu'en Samarie, et elles augmentent assez régulièrement d'altitude du Nord au Sud. Jérusalem, construite sur une de ces hauteurs, est déjà à 753 mètres au-dessus du niveau de la mer, et le massif d'Hébron, au Sud, est encore beaucoup plus élevé.

La Judée renferme une foule de localités dont les noms antiques ont été rendus familiers aux Chrétiens par les Evangiles. C'est d'abord Jérusalem, la ville sainte des Juifs, des chrétiens et des Musulmans; Jéricho, dans la vallée du Jourdain; Bethléem, où naquit Jésus, si l'on en croit la Bible; Hébron, au Sud de la vallée de Mambré, dans laquelle la Genèse fait camper Abraham. A l'Est de la route de Jérusalem à Hébron, s'étend, le long du rivage de la mer Morte, le désert de Judée, qui occupe l'une des terrasses disposées sur la pente des hauteurs qui bordent de ce côté la mer Morte. A l'Ouest des derniers mamelons de la Judée, la Méditerranée est longée par la plaine de Séphala et le pays des anciens Philistins. C'est une terre fertile. Le littoral possède les ports de Jaffa, d'Ashkelon et de Gaza. Sur toute cette côte, on voit encore un grand nombre de monuments chrétiens presque entiers, élevés par les Croisés.

Le climat.
Le climat de la Palestine se rattache Ă  celui de la zone subtropicale; mais il offre de grandes inĂ©galitĂ©s qu'explique la nature montueuse de la contrĂ©e. Sur la cĂ´te mĂ©diterranĂ©enne, la tempĂ©rature moyenne annuelle est de 22°C; c'est lĂ  que sont les jardins d'orangers, de citroniers, de grenadiers. Les dattiers y vĂ©gètent bien, mais n'y donnent plus de fruits. La vallĂ©e du Jourdain est, en Ă©tĂ©, une vĂ©ritable fournaise, et la chaleur y monte parfois Ă  plus de 50°. La rĂ©gion montagneuse de la JudĂ©e, de la Samarie et de la GalilĂ©e jouit d'une tempĂ©rature plus modĂ©rĂ©e, et elle est Ă©minemment propre Ă  la culture de la vigne et de l'olivier; mais ici certaines localitĂ©s connaissent, en hiver, des froids assez vifs, et quelquefois les cimes des plus hauts monts se couvrent de neige pendant quelques jours. La contrĂ©e n'a que deux saisons : l'Ă©tĂ©, caractĂ©risĂ© par la sĂ©rĂ©nitĂ© continuelle de l'air, et l'hiver, qui est l'Ă©poque des pluies. Celles-ci tombent d'abord vers la fin d'octobre, puis viennent les froid; et un temps sec. Vers le mois de fĂ©vrier, la pluie se prĂ©cipite de nouveau, et la terre se revĂŞt d'un tapis de verdure que dessĂ©cheront bientĂ´t les ardeurs du Soleil. 

La flore.
Le froment et l'orge se sèment en Palestine après les pluies d'octobre pour être récoltés en avril et en mai. Au contraire, c'est vers le mois de mars que l'on confie à la terre les graines du sésame, du dourra, du tabace, du coton, des fèves, des lentilles, dont la récolte s'effectue en septembre et en octobre. Le riz se cultive dans quelques parties marécageuses de la côte. La végétation forestière se compose surtout de chênes sur les montagnes, de platanes et de sycomores dans les oasis de la plaine. La Palestine produit des fruits de la zone tropicale; mais son climat est merveilleusement propice a ceux qui sont propres à la partie la plus chaude de la zone tempérée. Le bananier a disparu des bords du lac de Tibériade; mais il mûrit encore ses fruits à Jaffa. Il n'existe presque plus de dattiers à Jéricho; mais on en voit encore des bouquets à Jaffa, où ces arbres ne fructifient plus. Le baumier de Judée, autrefois très commun, est devenu une rareté. Comme dans l'Antiquité, la vigne et l'olivier restent des productions végétales assez répandues. Viennent ensuite les grenadiers, les orangers, les citronniers, les cédratiers, les pistachiers, qui remplissent de beaux jardins autour des villes du littoral et particulièrement à Jaffa. Sur la côte méditerranéenne, et même dans l'intérieur de la Palestine, croissent l'amandier, le pécher, l'abricotier, le cerisier, le noyer, le poirier, le pommier, etc. On trouve l'indigo à l'état spontané sur les rives du Jourdain. La flore naturelle ou introduite de la Palestine montre que le climat et la température de cette région sont demeurés à peu près ce qu'ils étaient dans l'Antiquité.

La faune.
La dĂ©population relative du pays, Ă  l'Ă©poque de la domination turque, a Ă©tĂ© favorable au maintien de la faune indigène primitive. A la vĂ©ritĂ©, les lions ont disparu complètement depuis très longtemps, mais les onces se trouveraient encore dans les parages les plus dĂ©serts des montagnes. Le cerf commun, le chamois, la gazelle, l'antilope animent les steppes solitaires, et le lièvre est très commun partout. La Palestine a un certain nombre de genres d'oiseaux en commun avec le Nord-Est de l'Afrique. Les tourterelles Ă  collier, par exemple, vivent dans la vallĂ©e du Jourdain comme dans celle du Nil; le crocodile existait encore il y a un siècle dans deux ou trois des fleuves cĂ´tiers de la MĂ©diterranĂ©e; il n'atteignait guère en Palestine que 1 mètre Ă  1,50 m de longueur. Les poissons qui peuplent les eaux douces de la contrĂ©e ont une grande analogie avec ceux du Nil. 

Les chameaux de la Palestine cisjordane semblent participer à l'indigence de la végétation de cette contrée; ceux du bassin de Yarmouk sont beaucoup plus forts et plus beaux. Les ânes sont encore nombreux, de grande taille et robustes. Il n'y a dans le pays de beaux chevaux que ceux que l'on amène d'Arabie. Comme dans l'Antiquité, le porc est toujours inconnu en Palestine.

Histoire.
La Bible donne le nom de RĂ©phaĂŻm et de Zomzommim aux plus anciens habitants de la contrĂ©e. Celle-ci, vers le XVIe siècle (?) avant notre ère, fut envahie par les CananĂ©ens Ă©migrĂ©s des bords du golfe Persique, par les HĂ©breux  et par les Philistins, d'origine Ă©gĂ©enne. Si l'on suit la Bible, quand, après leur sortie de l'Égypte et leurs pĂ©rĂ©grinations dans le dĂ©sert du SinaĂŻ, les HĂ©breux eurent fait la conquĂŞte de la Palestine sous la direction de JosuĂ©, ils divisèrent le territoire entre les douze tribus; les seules qui fussent Ă  l'Ouest du Jourdain Ă©taient les tribus de Ruben et de Gad, et la demi-tribu orientale de ManassĂ©. Toutes les autres possĂ©daient le pays compris entre la MĂ©diterranĂ©e et le Jourdain. A la mort de Salomon, la puissance juive se scinda en deux royaumes : celui de Juda et celui d'IsraĂ«l. Agnès la destruction de ces États et la captivitĂ© de Babylone, une nombreuse population aramĂ©enne vint s'Ă©tablir sur la terre d'Israel. L'histoire de la Palestine se confond avec celle des Juifs jusqu'Ă  l'Ă©poque de la dispersion de ce peuple, l'an 135 de J.-C. (La Diaspora Juive). 

Les Romains conquirent le pays Ă  partir de 65 av. J.-C et donnèrent le nom de Palaestina Ă  toute la rĂ©gion situĂ©e entre la Syrie et l'Arabie (moins la PhĂ©nicie) : c'est la JudĂ©e dans sa plus grande extension. Ils la divisèrent en 4 parties : GalilĂ©e, Samarie JudĂ©e, PĂ©rĂ©e. Accrue de plusieurs districts voisins, elle fut divisĂ©e au IVe s. en 3 parties : 

Palestine 1re, sur les deux rives du Jourdain : ch.-lieu, Scythopolis; 

Palestine 2e, la plus septentrionale le long de la MĂ©diterranĂ©e : ch. l. CĂ©sarĂ©e; 

Palestine 3e ou Salutaire, formée de pays arabes au Sud de la véritable Palestine et au Nord de l'Arabie Pétrée : ch.l. Petra.

Depuis la mort de JĂ©sus, la Palestine devint l'objet d'une vĂ©nĂ©ration religieuse et fut Continuellement visitĂ©e par un grand nombre de pèlerins. Les Musulmans s'empaeèrent de ce pays dès le VIIe s.; longtemps les califes arabes respectèrent les lieux saints; mais, au XIe, les Turcs, devenus maĂ®tres de la Palestine, les profanèrent et commirent sur les pèlerins toutes sortes de violences. De lĂ  les Croisades, qui mirent pour quelque temps la Palestine au pouvoir des ChrĂ©tiens. Après la conquĂŞte, on crĂ©a, en 1099, un royaume de JĂ©rusalem qui comprenait la partie de la Palestine l'Ouest du Jourdain, mais il ne dura que 88 ans : en 1187, Saladin, soudan d'Egypte, s'empara de tout le pays, qui resta sous la domination Ă©gyptienne jusqu'au XVIe siècle; elle fut alors rĂ©unie par SĂ©lim I Ă  l'empire turc (1517), qui en fit un pachalik ressortissant de l'eyalet de Damas. Elle fut alors divisĂ©e en 9 districts : 
1° El-Kods (JĂ©rusalem et le Nord de la JudĂ©e); 

2° El-Khalil (HĂ©bron et le Sud de la JudĂ©e); 

3° Gaza ou le Falesrin (l'ancienne. Palestine propre); 

4° Loudd (la partie Ouest de la JudĂ©e); 

5° Naplouse; 

6° Areta (Samarie); 

7° Saphad (GalilĂ©e); 

8° Belad SchĂ©kyf et Betad-Hauran (Trachonitide et Auranitide); 

9° El-Gaur oriental (Pérée propre).

La Palestine fut cĂ©dĂ©e Ă  l'Egypte par la convention de Koutaieh, en 1833, et rendue Ă  la Turquie par le traitĂ© de Londres, en 1840. Elle restera turque jusqu'au dĂ©mantèlement de l'Empire ottoman au lendemain de la Première Guerre mondiale. Sauf pour sa partie septentrionale (portions du Liban et de la Syrie), placĂ©e sous mandat français, elle fut alors placĂ©e sous administration britannique (mandat de la SociĂ©tĂ© des Nations).  La Palestine transjordane a constituĂ© la partie orientale de la Jordanie, Etat crĂ©Ă© en 1946. Quant Ă  la Palestine cisjordane, elle se trouva divisĂ©e après la crĂ©ation d'IsraĂ«l, en 1948, entre ce nouvel Etat, la Jordanie (Cisjordanie) et l'Egypte (Bande de Gaza). Cisjordanie et Gaza formant ce que l'on appelle depuis les Territoires Palestiniens. Ils ont Ă©tĂ© occupĂ©s par IsraĂ«l en 1967 qui y a construit des colonies. La bande de Gaza a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©e en 2005. (attention : page Ă  relire et Ă  actualiser).
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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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