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Mandeville

Jehan de Mandeville, en latin Magno-Villanus, en anglais Sir John Mandeville (Jean de Bourgogne de son vrai nom) est un voyageur belge, né à Liège au commencement du XIVe siècle, mort à Liège en 1372, où il fut enterré dans l'église des Guillelmite, où l'on voit son épitaphe, à la suite de laquelle on lit ces mots en français du temps :
Vos qui pascis sor mi,
Par l'amor Deix proiés por mi.
Il étudia la médecine dans plusieurs universités du midi de l'Europe et séjourna ensuite pendant quelque temps en Egypte pour voir de près les procédés des médecins arabes. 
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John Mandeville
(Miniature d'un manuscrit de 1485, Lyon).

De retour à Liège, il écrivit, sous le pseudonyme de Jehan de Mandeville, la relation non seulement des voyages qu'il avait réellement faits, mais de quantité d'expéditions extraordinaires qu'il aurait entreprises dans toutes les parties du monde. Il raconte, à qui veut le croire, qu'il quitta son pays à 27 ans,  traversa la France, et se rendit à la Terre-Sainte. Loin d'y guerroyer en bon chevalier contre les infidèles, il combattit sous leurs drapeaux; il servit le soudan d'Egypte, et suivit le grand khan du Cathai, dans ses guerres contre le roi de Manci (Chine méridionale). Mandeville voyagea , dans presque toute, l'Asie, et séjourna pendant trois années dans la ville de Cambalu (Pékin), résidence du grand khan. Enfin, après les aventures les plus incroyables, et une absence de trente-trois ans, il revint dans sa patrie. Pour charmer les ennuis de la solitude, comme il le dit lui-même, il écrivit la relation de ses voyages.

Son ouvrage, où abondent les aventures merveilleuses, obtint une grande popularité. Tandis qu'on ne connaît qu'environ quatre-vingts manuscrits des célèbres voyages de Marco Polo et d'Odoric de Pordenone, les copies de Mandeville, traduites dans la plupart des langues d'Europe, se comptent par centaines. On vit en lui, pendant des siècles, le plus grand voyageur du Moyen âge; la critique moderne a fait justice de cette légende, publiée pour la première fois en français : à Lyon en 1480 et plusieurs fois réimprimée, notamment en 1839, à Londres, par J. O. Halliwell, en anglais, etc.

L'itinéraire du voyage de Mandeville est le même que celui d'Odoric de Pordenone. Il copie des pages entières de la relation du moine italien; et quand il ne la copie pas, ses observations ont presque toujours pour objet les mêmes particularités. Il met également à contribution la géographie d'Haïton, et transcrit des morceaux entiers des romans de chevalerie , et des, vieilles chroniques du  temps. On y distingue facilement des fragments d'Ogier le danois et de la belle Mélusine, que le rédacteur insère, dit-il, pour donner plus de perfection à son ouvrage. Il est possible que les moines contemporains sont les auteurs de quelques-unes des additions dont nous venons de parler, et qu'ils avaient pour but d'exciter puissamment le désir de visiter la Terre-Sainte. Il est également possible que Mandeville voulut lui-même renchérir sur ses prédeceseurs, et qu'il eut l'ambition de réunir tout ce qui avait été dit avant lui sur les pays qu'il prétend avoir connus. Il prit ses monstres dans Pline, ses miracles dans les légendes, et ses merveilleuses histoires dans les romans.

Ses récits offrent des îles habitées par des géants qui ont 50 pieds de haut, des diables qui du sommet des montagnes vomissent des flammes sur les pauvres voyageurs, et un certain agneau de Tartarie engendré par un melon. Il place son prêtre Jean dans la ville de Suse; et l'histoire qu'il en rapporte semble être mêlée de quelques traditions indiennes.Toutefois on trouve dans Mandeville quelques détails plus amples sur l'Égypte, la Palestine, et quelques îles de l'Inde, que dans ses prédécesseurs. (E. H. / L. R-E).

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Dictionnaire biographique
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