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Les
verbes
auxiliaires, du latinauxilium (secours),
sont des verbes qui se joignent ordinairement aux formes impersonnelles
(infinitif, participe)
d'un autre verbe pour en former les temps dits
composés; par exemple dans avoir fini, être venu, les
mots avoir et être, qui servent à former le
passé
de l'infinitif des verbes finir et venir, sont des verbes
auxiliaires. C'est l'auxiliaire qui reçoit les désinences
personnelles; le cas où le verbe principal prend aussi les désinences,
par exemple à une forme du futur en grec
moderne, est pour ainsi dire exceptionnel. Ce procédé de
formation des temps composés est surtout en usage dans les langues
dérivées et analytiques, par exemple dans les langues
romanes, en allemand et en anglais,
en
grec moderne, etc.
Quelques temps latins
(par exemple imitatus sum) et grecs (par exemple le subjonctif
parfait passif) semblent ainsi formés; mais dans ces périphrases,
le verbe être est appelé à
tort auxiliaire, car il garde sa signification propre et ne sert pas à
marquer exclusivement un rapport de temps. Il faut bien se garder de chercher
des verbes auxiliaires là où il n'y a pas de périphrase,
comme dans la plupart des temps des langues
anciennes; dans tout temps qui n'est pas composé, c.-à-d.
périphrastique, il n'y a pas d'auxiliaire; on ne peut en effet considérer
comme tels certains indices formatifs, comme le s
du futur grec, ou certaines terminaisons,
comme vi du parfait latin, que quelques-uns prennent encore pour
des formes du verbe être entrant dans la composition de ces temps.
Lors même que cette théorie serait exacte, et que dans amavi,
par exemple, nous aurions le parfait fui du verbe sum (et
il est bien entendu qu'il n'en est pas ainsi), on ne serait pas autorisé
à trouver un auxiliaire dans le parfait latin; amavi est
une forme simple, et un auxiliaire est une forme verbale indépendante,
combinée en périphrase avec une autre forme, et cette dernière
seule a toute sa signification, tandis que le verbe auxiliaire, perdant
sa signification propre, n'intervient que pour exprimer un rapport de temps.
On jugera de même
le futur français je finirai;
historiquement ce futur est en effet un temps
composé, et le verbe avoir, dans cette formation, a bien
joué le rôle d'auxiliaire; mais dans l'état actuel
de la langue, l'infinitif finir et l'indicatif
présent ai sont tellement soudés ensemble, que la
dénomination d'auxiliaire ne saurait être admise pour ce dernier
verbe.
En parlant, on n'a généralement aucune conscience de la présence
du verbe avoir dans je finirai, encore, moins dans j'irai,
et encore moins dans nous serons; de même pour notre conditionnel,
dont l'analyse linguistique seule peut nous faire distinguer les éléments.
Les temps dits composés ne sont pas les mêmes dans toutes
les langues; en allemand,
par exemple, le futur est un temps périphrastique, ce qui n'a pas
lien en français; dans la tournure interrogative, le verbe anglais
est généralement accompagné de l'auxiliaire to
do, et il n'en est pas ainsi ailleurs.
Les auxiliaires diffèrent
suivant les langues. En italien,
en espagnol, en allemand,
on emploie le verbe être; au lieu
du verbe avoir; avec le verbe substantif, et on dit l'équivalent
des expressions suivantes : Je suis été; j'étais
été, que je fusse été, etc. En allemand,
en outre, on a un verbe devenir (werden), qui sert à former
le futur, le conditionnel et tous les temps
des verbes passifs. Le grec moderne utilise
qelw
(vouloir),. En anglais
il existe unn grand luxe de verbes auxiliaires. Ainsi au futur l'anglais
emploie shall (devoir) et will (vouloir).
Les temps périphrastiques
du passé sont généralement
formés avec l'un des deux auxiliaires avoir ou dire, et sous ce
rapport chaque langue a son usage propre; en français
le verbe avoir s'emploie avec les verbes
transitifs et la majorité des verbes intransitifs; le verbe
être
avec une cinquantaine de verbes intransitifs et dans tous les verbes pronominaux;
ce dernier sert de plus à former le passif, mais là il y
a lieu de distinguer sa fonction de celle d'un auxiliaire proprement dit.
Il ne convient pas de considérer comme auxiliaires les verbes
devoir, venir, aller dans certains cas où ils sont construits
avec un infinitif, parce qu'ils comportent
en général une idée accessoire a l'idée de
temps,
qu'une locution composée avec eux ne peut être regardée
comme temps d'un verbe, et qu'enfin dans de telles expressions il y a en
réalité deux
propositions,
tandis qu'une forme verbale ne doit en contenir qu'une seule. (M.
Beaudouin). |
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