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Théodicée.
- Ce mot semble avoir été introduit dans la langue philosophique
par Leibniz qui en a fait le titre d'un de ses
plus célèbres ouvrages : Essais de théodicée ,
concernant la bonté de Dieu ,
la liberté de l'humain et l'origine du
mal. Les contemporains de Leibniz ne semblent pas avoir bien compris tout
d'abord le sens de ce mot. Ainsi le P. Des Bosses, traduisant en latin
le titre de cet ouvrage, rend Théodicée par le masculin
Theodicoeus
et il mande à Leibniz que le P. Tournemine « a lu avec
beaucoup de plaisir son Théodicée ». Leibniz dans
une lettre datée de Hanovre, le 6 janv. 1712, relève cette
erreur :
«
L'auteur d'une revue française en Hollande, Bernard, a compris Essais
de théodicée comme si je voulais dire Tentamina Theodicaei
ou si je me désignais moi-même par le nom de Theodicœus; mais
mon intention a été d'appeler théodicée la
doctrine elle-même ou le sujet du traité, de sorte que la
théodicée est la doctrine du droit et de la justice de Dieu,
itae ut est Theodicœa sit doctrina de jure et justitia Dei. »
Il semble donc que dans
la pensée de Leibniz, la théodicée soit une partie,
une section de la théologie ,
celle où se traite plus particulièrement le problème
de l'existence du mal. Toutefois eu France, sur-tout depuis Victor
Cousin, le mot théodicée a, pris un sens beaucoup, plus
général et il désigne toute la doctrine philosophique
de Dieu, le mot théologie ayant pris le sens étroit de doctrine
ecclésiastique, confessionnelle de Dieu, fondée non sur la
seule raison, mais sur la foi à une révélation
surnaturelle. (E. Boirac). |
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