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Symposiaques (du grec symposion, banquet), titre d'un ouvrage de Plutarque qui signifie proprement : "Choses relatives aux réunions de buveurs ou de convives", et qu'on peut traduire en français par : "Propos de buveurs" ou "Propos de table". Ces propos consistaient en questions ou problèmes roulant sur des matières faciles, agréables, de peu d'importance, propres à soutenir le ton de gaieté franche inspirée par les vapeurs légères d'un vin pris modérément, mais aussi sur des matières utiles, graves, et même élevées. Les Grecs recherchaient beaucoup les réunions à table, surtout en vue du plaisir de la conversation; on ne s'y réunissait qu'entre amis et partant en petit nombre (neuf au plus généralement), de manière à pouvoir parler de tout librement, sans crainte, sans autre gêne que celle des règlements établis par le symposiarque ou chef du banquet pour maintenir les convives dans les limites de la modération et des bienséances : l'ouvrage de Plutarque est divisé en 9 livres, dont chacun traite une dizaine de questions.

Une des parties les plus remarquables est la 1re question du IIe livre: elle renferme d'excellents préceptes sur la manière de se questionner entre convives, sur la nature des questions que l'on peut s'adresser, sur l'usage qu'on y peut faire de la plaisanterie, sur le genre de raillerie qu'on s'y peut permettre. Ailleurs, Plutarque traite du nombre et du genre de convives que l'on doit réunir suivant les différentes circonstances, et s'élève contre le ridicule et le désagrément de ces réunions si nombreuses qu'il semble qu'on assiste à.une représentation musicale ou dramatique, ou à une assemblée de l'Agora (la Place publique); il veut qu'on abandonne cette manie aux gens qui ne songent qu'à étaler leur richesse, et qui ne l'estimeraient pas richesse, si elle n'avait beaucoup de témoins. Il condamne aussi l'usage d'amener avec soi à un repas où l'on est convié ce qu'on appelait des ombres, sauf certains cas qu'il énumère avec bon sens (Liv. VII, quaest. 6). Convient-il de mêler les instruments de musique à un banquet, et ne doit-on pas de préférence se borner au simple chant, en s'accompagnant tout au plus de la lyre? Quelles sont les choses bonnes à entendre pendant qu'on est à table? Convient-il d'y délibérer sur les matières politiques, d'y tenir conseil? Ce sont encore des questions où Plutarque déploie beaucoup de jugement et de finesse. Il est remarquable pour nous qu'il n'ait nulle part introduit aucune femme comme interlocutrice dans tout le cours de ses 9 livres; mais l'usage de l'Antiquité excluait les femmes des repas où il y avait des invités; on n'en voyait que dans les repas de débauche, et ce ne pouvait être par conséquent que des courtisanes. (P.).

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