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des Rois. - Les Septante et la Vulgate connaissent quatre livres des
Rois; en nous conformant à la nomenclature juive, nous laisserons
ici de côté les livres de Samuel Les livres hébraïques
des Rois, classés dans le canon
biblique à la section des Nebyim ou Prophètes,
à la suite des livres des Juges Les notices consacrées aux différents rois sont généralement sèches, très incomplètes, peu propres à nous donner une idée, soit de la vie intérieure d'Israël, soit de ses rapports avec l'étranger. L'écrivain s'intéresse principalement aux faits qui concernent le culte et émet des jugements plus ou moins sévères sur les différents monarques, selon le zèle qu'ils ont apporté à écarter les pratiques de l'idolâtrie étrangère. C'est ainsi qu'il met au premier rang les personnages d'Ezéchias et de Josias, qui auraient tenté de ramener l'ordre dans l'organisation du culte, conformément aux prescriptions légales. Mais, de l'écart même que l'auteur du texte est amené à constater entre les faits et ce qu'il appelle « la loi », il résulte clairement qu'il juge les incidents et phénomènes du culte en se plaçant à un point de vue purement théorique. A en croire ses jugements, d'une sévérité outrée, d'un rigorisme intransigeant, le peuple d'Israël aurait manqué, d'une façon constante et voulue, aux obligations contractées envers la divinité protectrice, attirant ainsi sur sa tête les plus effroyables catastrophes. Les Livres des Rois, qui reposent en fin de compte sur des données historiques d'un caractère sérieux, ont malheureusement sacrifié ces données, d'un si grand prix pour nous, à des préoccupations dogmatiques dont l'intérêt est devenu tout à fait secondaire. Les ch. XVII à XXI de 1 Rois et I-X de 2 Rois sont presque exclusivement occupés par de longs développements, visiblement étrangers aux sources habituelles où puisait l'écrivain et consacrés à exposer les merveilleuses aventures des prophètes Elie et Elisée, mêlés tour à tour à des événements privés et à des circonstances intéressant des rois et des faits politiques. Ces récits ont le caractère de contes merveilleux, et l'auteur n'a pas fait sérieusement effort pour les ajuster au cadre de son exposé général. En somme, les Livres des Rois, si précieux pour notre connaissance de l'Israël ancien à titre de document unique en l'espèce, constituent un moyen d'information fort au-dessous de ce qu'en attendrait notre curiosité. Celle-ci, aiguisée
par les lumières que les décou vertes archéologiques
ont projetées sur les anciens empires de l'Asie et de l'Egypte,
regrette vivement de ne pouvoir contrôler et compléter les
indications fournies par la Bible On a souvent proposé de rapporter la rédaction d'ensemble des livres des Rois à l'époque de la captivité (VIe siècle avant notre ère); il est beaucoup plus sage de l'attribuer aux temps de la Restauration ou du second Temple (Ve ou IVe siècle avant notre ère) sans exclure des additions de date plus récente encore, la préoccupation philosophique qui perce en certaines places pouvant peut-être s'expliquer par des influences grecques. (Maurice Vernes). |
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©Serge Jodra, 2007. - Reproduction interdite.