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Il serait assez
difficile de définir exactement le sens précis du mot pantalonnade.
A l'origine, il s'appliquait à celles des farces
de la Comédie-Italienne ( Commedia
dell'arte) où Pantalon, un de ses personnages favoris, joue
le rôle principal. Pantalon est originaire de Venise ,
et parle le dialecte de cette ville; c'est un vieux docteur pédant,
avare et débauché, ridicule et poltron. Son valet Arlequin
le bafoue de toutes façons et, à chaque instant, le compromet
dans les aventures les plus burlesques d'où il se tire toujours
à son désavantage. Comme le comique de ces sortes de pièces,
assez grossier et poussé à la charge, plaisait beaucoup,
le nom de pantalonnades passa naturellement à toutes les oeuvres
analogues, quand bien même Pantalon n'y figurait nullement. A l''Hôtel
de Bourgogne ,
à l'Illustre Théâtre, au XVIIe
siècle, Turlupin, Gros-Guillaume,
Gautier-Gargouille et leurs confrères,
jouaient souvent de véritables pantalonnades. Plus d'une pièce
de Molière, des premières surtout,
n'est pas autre chose.
Le mot certainement ne fut guère
employé officiellement, si l'on peut dire; mais dans la conversation
courante, il s'appliquait familièrement à ce genre de productions
où le comique, très franc et très vivant, n'est pas
toujours des plus fins. Les farces au gros sel, les plaisanteries un peu
lourdes, les gauloiseries, les quiproquos, les coups de bâton sont
du domaine de la pantalonnade. A ce titre, Molière,
tout comme les auteurs du Théâtre
de la Foire, doit être cite au premier rang parmi les auteurs
de pantalonnades. Ceci doit suffire à donner à ce genre,
qu'il ne faut pas mépriser de parti pris, ses lettres de noblesse.
Des pièces comme la Jalousie du Barbouillé, les Fourberies
de Scapin ,
bien des scènes du Médecin rnalgré lui ,
de Monsieur de Pourceaugnac ,
du Malade imaginaire
ou du Bourgeois gentilhomme ,
pour être signées du nom illustre de l'auteur du Misanthrope ,
sont d'excellentes pantalonnades, et la plupart des pièces comiques
des théâtres de genre, aujourd'hui,
ne sont pas autre chose.
(H. Q.). |
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