 |
L'Orestie
est le titre collectif donné, dès l'Antiquité ,
à trois tragédies d'Eschyle,
la
seule trilogie qui soit arrivée complète
jusqu'à nous, où le poète met en scène les
principales aventures d'Oreste, depuis l'assassinat
de son père Agamemnon jusqu'à
l'acquittement du héros devant l'Aréopage d'Athènes.
Les tragédies qui la composent sont :
1° l'Agamnemnon, qui
nous montre le roi des rois revenu de Troie à
Mycènes
pour y tomber, frappé de la hache par sa femme Clytemnestre
et par Egisthe;
2° les Choéphores
ou Porteuses de libations, où Oreste revenu d'exil frappe
lui-même sa mère et le complice de celle-ci, sur l'ordre d'Apollon;
3° les Euménides ,
où nous assistons à la poursuite d'Oreste par les Erinyes
vengeresses, au sanctuaire de Delphes
d'abord, puis à Athènes devant le tribunal suprême
des Héliastes; l'intervention d'Athéna
décidant de l'acquittement du héros et amenant la réconciliation
des Erinyes avec la justice clémente personnifiée dans les
dieux nouveaux, ce qui leur vaut le titre d'Euménides, c.-à-d.
les Bienveillantes.
L'oeuvre dans son ensemble est une des plus
hardies et des plus sublimes qui soient sorties d'un cerveau humain; elle
fait époque non seulement dans l'histoire de la poésie dramatique,
mais dans celle de la moralité humaine; elle est au point précis
du temps où tombe l'antique loi du talion, où se lève
sur l'Occident, du sein d'Athènes, foyer de lumière et de
civilisation, la plus pure morale qu'ait connue l'Antiquité. La
purification qui, suivant Aristote, est le but
de la tragédie, s'y opère par la réconciliation du
coupable avec l'ordre universel.
Le sujet a souvent inspiré les poètes
modernes ; l'oeuvre la plus récente et la plus remarquable est à
chercher dans les Erinyes de Leconte de Lisle avec musique de Massenet.
( J.-A. H.).
 |
En
bibliothèque - Patin,
Etudes
sur les tragiques grecs, 3 vol. in-8°. |
|
|