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Le Monde où
l'on s'ennuie, comédie en trois actes, en prose, d'Ed. Pailleron
(Théâtre-Français, 1881). - Il s'agit du monde pédant
et hypocrite où se font les réputations littéraires
et politiques. L'action se passe dans le château
de la comtesse de Céran. Les invités sont le professeur Bellac,
adoré des dames; Saint-Réault, fils d'un homme célèbre,
et qui en abuse; un certain nombre de caillettes sottes et précieuses,
sans parler de deux jeunes mariés, le sous-préfet Raymond
et sa femme Jeanne, qui sont venus au château pour emporter une préfecture
et qui prennent pour la circonstance des airs doctes et prétentieux,
quittes à s'embrasser dans les coins à la dérobée.
Mme de Céran veut marier son fils Roger, qui revient de mission,
et qui paraît fort occupé de ses tumuli, à une riche
héritière anglaise, miss Lucy Watson; mais la pédante
Lucy aime Bellac, et Roger est aimé de Suzanne de Villiers, fille
illégitime d'un cousin de Mme de Céran, protégée
par la duchesse de Réville, une vieille tante spirituelle. Une lettre
non signée, écrite par Bellac à Lucy Watson, pour
lui donner un rendez-vous dans la serre, est trouvée par Suzanne,
qui la croit écrite par Roger à Lucy, puis passe dans les
mains de la vieille duchesse et de Roger, qui la croient adressée
par Bellac à Suzanne. Pendant la lecture d'une tragédie par
le poète Des Millets, Mme de Réville et de Céran se
cachent dans la serre et voient arriver successivement le sous-préfet
et sa femme, qui se font des tendresses et se moquent des ridicules de
la compagnie; Bellac et Lucy, qui dissertent sur la métaphysique
amoureuse; Roger et Suzanne, venus pour s'épier réciproquement,
qui s'avouent leur amour et que la duchesse marie ensemble, tandis que
le professeur épouse la riche Anglaise. Le Monde où l'on
s'ennuie vaut surtout comme comédie de moeurs; le tableau du salon
de Mme de Céran et des illustres nullités qui y triomphent,
auquel s'opposent la gaieté de Raymond et de sa femme, la pétulance
de Suzanne et l'esprit de la duchesse, est tracé avec un grand luxe
de raillerie mordante et de mots plaisants.
Pailleron a donné une autre comédie,
le Monde où l'on s'amuse, en un acte, en prose, représentée
au Gymnase le 11 novembre 1868. |
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