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La Messiade, ou plutôt Le Messie, poème allemand en 20 chants, en vers hexamètres, composé par Klopstock, et mis ordinairement au nombre des épopées. Le sujet en est la vie du Messie, rédempteur du genre humain, à partir du moment où ses ennemis demandent sa mort; le dénouement est la victoire du Dieu de misérorde, et Ia réconciliation de l'espèce humaine avec son créateur. Bien que Klopstock n'ait pas divisé son oeuvre en deux parties, cependant les 10 premiers chants forment un poème complet qui finit à la mort du Sauveur : les 10 derniers, remplis par des hymnes qui se chantent dans les cieux, sont une espèce d'Oratorio, consacré à la résurrection du Christ

Le manque d'action, le défaut du péripétie, est le vice radical de la Messiade, et ce qui empêche les bons critiques de la considérer comme une épopée. Ils reprochent encore au poète d'avoir altéré la simplicité évangélique, et même le dogme. Le poème finit par une ode d'action de grâces au Sauveur. Tout le talent de Klopstock, essentiellement lyrique et descriptif, brille dans l'exécution. On y remarque les portraits des douze apôtres et de leurs anges gardiens (ch. 3), et beaucoup de très beaux chants; les épisodes de l'ange rebelle Abdiel-Abbadona, repentant et cherchant à faire du bien aux hommes (ch. 2 et 9); de Cidli et Sémida, ressuscités par Jésus, et qui s'aiment d'une affection pure et céleste (ch. 4 et 15); de Porcia, que Marie implore pour son fils (ch. 7); la mort de Marie-Madeleine (ch. 12); la vision d'Adam, à qui le Messie découvre une partie du jugement dernier (ch. 18, 10), etc.

La Messiade parut en plusieurs fois : Klopstock donna les trois premiers chants en 1748, le quatrième et le cinquième en 1751, les 5 suivants en 1755; puis après un intervalle de 13 ans, il publia les chants 11 à 15, en 1768; et, cinq ans plus tard, en 1773, les chants 16 à 20. Son poème eut un immense succès : on n'en vit que les beautés, et la grande tendance que Klopstock avouait hautement, celle de créer une poésie nationale allemande. Ce but il l'atteignit, et Ie mouvement qu'il imprima a survécu à son succès; car aujourd'hui le Messie est un poème que les Allemands admirent beaucoup et lisent peu, à cause du vice de la composition : on en lit volontiers des fragments, et peu à la fois, tant la monotonie de l'ouvrage dompte l'admiration du lecteur. Néanmoins, il est toujours compté, avec raison, parmi monuments de la littérature germanique. C'est ce poème qui a naturalisé dans la poésie allemande le vers hexamètre qu'on y connaissait à peine.



En bibliothèque - Mme de Carlowitz a donné une traduction française; en prose; de la Messiade, Paris, 1859, gr. in-18.

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