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Massimila Doni, d'Honoré de Balzac

Massimila Doni est  un  roman d'Honoré de Balzac, qui, dans la Comédie Humaine, est rangé dans les série des Etudes philosophiques

Massimila Doni, très noble Florentine, est mariée au duc Cataneo, laid et vicieux, mais elle n'est sa femme que de nom, et elle aime, à Venise, Emilio Memmi, très pauvre gentilhomme vénitien, plus noble qu'aucun roi, et d'ailleurs très timide en amour. Il a pour Massimila une platonique adoration, il vit en plein idéal, et il est si bien enchaîné à son rêve que, voulût-il en déchoir, il en reste esclave; la présence de Massimila paralyse sa fougue amoureuse. Mais il rencontre Clarisse Tinti, « prima donna assoluta-» au théâtre de la Fenice; séduit par sa beauté, infidèle à Massimila, sa rupture avec l'idéal le délie aussi de sa timidité envers Massimila; et quand il aura traversé cette expérience, il osera prier la duchesse, devenue veuve, d'être sa femme.

Balzac écrivait à l'Etrangère (Mme Hanska) le 24 mai 1837 : 

« Je viens achever une oeuvre qui s'appelle Massimila Doni et dont la scène est à Venise. Si je puis réaliser toutes mes idées, ce sera, certes, un livre aussi étourdissant que La Peau de Chagrin, mieux écrit, plus poétique peut-être [...]. Massimila Doni et Gambara sont, dans les Etudes philosophiques, l'apparition de la musique, sous la double forme d'exécution et de composition, soumises à la même épreuve que la pensée dans Louis Lambert, c'est-à-dire l'oeuvre et l'exécution tuées par la trop grande abondance du priincipe créateur, ce qui m'a dicté le Chef-d'oeuvre inconnu pour peinture. »
Il aurait pu ajouter à cette série La Recherche de absolu. Toutes ces oeuvres témoignent de la persistance d'une même idée, et de l'influence fécondante qu'elle a exercée sur l'imagination de Balzac.

Grand amateur de musique, mais fort ignorant, bon tout au plus à commenter dans le feu de la conversation un opéra de Rossini, devant George Sand qui en était, assure-t-il, émerveillée Balzac, pour écrire Massimila Doni se mit à apprendre la théorie musicale, et se fit jouer et rejouer, non sans maintes explica tions, par un vieux musicien allemand, le Moïse de Rossini dont il donnera ici une longue analyse. Son oeuvre se ressent des séjours qu'il venait de faire en Italie, et aussi, croyons -nous, de ses entretiens avec Stendhal, ou de la lecture de se ouvrages.

C'est une très curieuse peinture de la société italienne à Venise sous la domination autrichienne. Balzac ne traite jamais un sujet sans l'avoir étudié à fond, en lui-même et en tous ses alentours, mais aussi en le milieu et le moment où il veut le situer. (Pour la peinture des dilettanti et de tout le monde musical vénitien, cf. Consuelo, de George Sand).  (J. Merlant).

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