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Le Mariage forcé, de Molière

Le Mariage forcé est une comédie-ballet de Molière, en un acte en prose (1664). Louis XIV y dansa. 

Le barbon Sganarelle a promis le mariage à la coquette Dorimène; mais il a de fortes raisons d'hésiter. Il se décide enfin, après l'intervention du frère de Dorimène, Alcidas, qui lui propose doucement, s'il n'épouse pas sa soeur, de se couper la gorge avec lui. Les scènes les plus plaisantes sont celles où Sganarelle, embarrassé, comme Panurge dans Rabelais, consulte diverses personnes : un voisin, Géronimo, qui, fatigué de lui donner des conseils que l'autre discute toujours, finit par le pousser au mariage; puis deux philosophes, l'aristotélicien Pancrace et le pyrrhonien Marphurius. Le premier, pédant bavard, ne le laisse pas parler; le second ne lui dit ni oui ni non, et ne sort de son doute systématique que pour se fâcher des coups de bâton que lui donne Sganarelle, lequel répond à l'indignation du philosophe en lui renvoyant ses propres formules dubitatives. 

L'idée de cette scène, sauf addition des coups de bâton, se trouvait aussi dans Rabelais (Gargantua). (NLI).
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Extrait du Mariage forcé
Double consultation

[Sganarelle, d'âge déjà mûr, ne sait s'il doit se marier. Il va donc consulter, sur cette grave question, deux docteurs ou philosophes, Pancrace et Marphurius. Pancrace est disciple du Grec Aristote et raisonneur farci de formules; Marphurius est disciple du Grec Pyrrhon qui apprenait à douter de tout, même de son doute. Et l'on va voir que ces deux docteurs bavards ne manquent que de bon sens.]

Scène IV
Pancrace, Sganarelle

PANCRACE, se tournant du côté par où il est entré, et sans voir
Sganarelle. - Allez, vous êtes un impertinent, mon ami, un homme ignare de toute bonne discipline, bannissable de la république des lettres.

SGANARELLE. - Ah! bon. En voici un fort à propos.

PANCRACE, de même, sans voir Sganarelle. - Oui, je te soutiendrai par vives raisons, je te montrerai par Aristote, le philosophe des philosophes, que tu es un ignorant, un ignorantissime, ignorantifiant et ignorantifié, par tous les cas et modes imaginables.

SGANARELLE, à part. - Il a pris querelle contre quelqu'un. (A Pancrace.) Seigneur...

PANCRACE, de même, sans voir Sganarelle. - Tu veux te mé-
ler de raisonner, et tu ne sais pas seulement les éléments de la raison.

SGANARELLE, à part. - La colère l'empêche de me voir. (A Pancrace.) Seigneur...

PANCRACE, de même, sans voir Sganarelle. - C'est une proposition condamnable dans toutes les terres de la philosophie.

SGANARELLE, à part. - Il faut qu'on l'ait fort irrité. (A Pancrace.) Je...

PANCRACE, de même, sans voir Sganarelle. - Toto caelo,  tota via aberras.

SGANARELLE. - Je baise les mains à Monsieur le docteur. 

PANCRACE. - Serviteur.

SGANARELLE. - Peut-on?...

PANCRACE, se retournant vers l'endroit par où il est entré. -
Sais-tu bien ce que tu as fait? Un syllogisme in Balordo. 
SGANARELLE. - Je vous...

PANCRACE, de même. - La majeure en est inepte, la mineure impertinente, et la conclusion ridicule.

SGANARELLE. - Je...

PANCRACE, de même. - Je crèverais plutôt que d'avouer ce que tu dis; et je soutiendrai mon opinion jusqu'à la dernière goutte de mon encre

SGANARELLE. - Puis-je ? ...

PANCRACE, de même. - Oui, je défendrai cette proposition, pugnis et calcibus, unguibus et rostro.

SGANARELLE. - Seigneur Aristote, peut-on savoir ce qui vous met si fort en colère?

PANCRACE. - Un sujet le plus juste du monde. 

SGANARELLE. - Et quoi encore?

PANCRACE. - Un ignorant m'a voulu soutenir une proposition erronée, une proposition épouvantable, effroyable, exécrable.

SGANARELLE. - Puis-je demander ce que c'est?

PANCRACE. - Ah! seigneur Sganarelle, tout est renversé aujourd'hui, et le monde est tombé dans une corruption générale. Une licence épouvantable règne partout; et les magistrats, qui sont établis pour maintenir l'ordre dans cet État, devraient rougir de honte, en souffrant un scandale aussi intolérable que celui dont je veux parler.

SGANARELLE. - Quoi donc?

PANCRACE. - N'est-ce pas une chose horrible, une chose qui crie vengeance au ciel, que d'endurer qu'on dise publiquement la forme d'un chapeau?

SGANARELLE. - Comment ?

PANCRACE. - Je soutiens qu'il faut dire la figure d'un chapeau, et non pas la forme; d'autant qu'il y a cette différence entre la forme et la figure, que la forme est la disposition extérieure des corps qui sont animés, et la figure, la disposition extérieure des corps qui sont inanimés : et puisque le chapeau est un corps inanimé, il faut dire la figure d'un chapeau, et non pas la forme. (Se retournant encore du côté par où il est entré). Oui, ignorant que vous êtes, c'est comme il faut parler; et ce sont les termes exprès d'Aristote dans le chapitre de la qualité.

SGANARELLE, à part. - Je pensais que tout fût perdu. (A
Pancrace.) Seigneur docteur, ne songez plus à tout cela. Je...

PANCRACE. - Je suis dans une colère, que je ne me sens pas. 

SGANARELLE. - Laissez la forme et le chapeau en paix.
J'ai quelque chose à vous communiquer. Je ... 

PANCRACE. - Impertinent fieffé!

SGANARELLE. - De grâce, remettez-vous. Je ...

PANCRACE. - Ignorant!

SGANARELLE. - Eh! mon Dieu! Je...

PANCRACE. - Me vouloir soutenir une proposition de la sorte!

SGANARELLE. - Il a tort. Je...

PANCRACE. - Une proposition condamnée par Aristote! 

SGANARELLE. - Cela est vrai. Je ...

PANCRACE. - En termes exprès.

SGANARELLE. - Vous avez raison. (Se tournant du côté par ou Pancrace est entré.) Oui, vous êtes un sot et un impudent,
de vouloir disputer contre un docteur qui sait lire et écrire. Voilà qui est fait : je vous prie de m'écouter. Je viens vous consulter sur une affaire qui m'embarrasse. J'ai dessein de prendre une femme pour me tenir compagnie dans mon ménage... Et je voudrais bien vous prier comme philosophe, de me dire votre sentiment. Eh! quel est votre avis là-dessus?

PANCRACE. - Plutôt que d'accorder qu'il faille dire la forme d'un chapeau, j'accorderais que datur vacuum in rerum natura, et que je ne suis qu'une bête.

SGANARELLE, à part. - La peste soit de l'homme! (A Pancrace.) Eh! Monsieur le docteur, écoutez un peu les gens. On vous parle une heure durant, et vous ne répondez point à ce qu'on vous dit.

PANCRACE. - Je vous demande pardon. Une juste colère m'occupe l'esprit.

SGANARELLE. - Eh! laissez tout cela, et prenez la peine de m'écouter.

PANCRACE. - Soit. Que voulez-vous me dire? 

SGANARELLE. - Je veux vous parler de quelque chose. 

PANCRACE. - Et de quelle langue voulez-vous vous servir
avec moi ?

SGANARELLE. - De quelle langue ?

PANCRACE. - Oui.

SGANARELLE. - Parbleu! de la langue que j'ai dans la bouche. Je crois que je n'irai pas emprunter celle de mon voisin. 

PANCRACE. - Je vous dis, de quel idiome, de quel langage? 

SGANARELLE. - Ah! c'est une autre affaire. 

PANCRACE. - Voulez-vous me parler italien ?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Espagnol?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Allemand?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Anglais?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Latin?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Grec?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Hébreu?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Syriaque?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Turc?

SGANARELLE. - Non.

PANCRACE. - Arabe?

SGANARELLE. - Non, Non, français, français, français. 

PANCRACE. - Ah! français.

SGANARELLE. - Fort bien.

PANCRACE. - Passez donc de l'autre côté; car cette oreille-ci est destinée pour les langues scientifiques, et l'autre est pour la maternelle.

SGANARELLE, à part. - II faut bien des cérémonies avec
ces sortes de gens-ci.

PANCRACE. - Que voulez-vous?

SGANARELLE. - Vous consulter sur une petite difficulté. 

PANCRACE. - Sur une difficulté de philosophie, sans doute. 

SGANARELLE. - Pardonnez-moi. Je...

PANCRACE. - Vous voulez peut-être savoir si la substance et l'accident sont termes synonymes ou équivoques à l'égard de l'être?

SGANARELLE. - Point du tout. Je...

PANCIACE. - Si la logique est un art ou une science?

SGANARELLE. - Ce n'est pas cela. Je...

PANCRACE. - Si elle a pour objet les trois opérations de l'esprit, ou la troisième seulement?

SGANARELLE. - Non. Je...

PANCRACE. - S'il y a dix catégories, ou s'il n'y en a qu'une.

SGANARELLE. - Point. Je...

PANCRACE. - Si la conclusion est de l'essence du syllogisme?

SGANARELLE. - Nenni. Je...

PANCRACE. - Si l'essence du bien est mise dans l'appétibilité, ou dans la convenance?

SGANARELLE. - Non. Je ...

PANCRACE. - Si le bien se réciproque avec la fin? 

SGANARELLE. - Hé! non. Je...

PANCRACE. - Si la fin peut nous émouvoir par son être réel, ou par son être intentionnel?

SGANARELLE. - Non, non, non, non, non, de par tous les diables, non.

PANCRACE. - Expliquez donc votre pensée, car je ne puis
pas la deviner.

SGANARELLE. - Je vous la veux expliquer aussi; mais il faut m'écouter. (Il parle en même-temps que le docteur) L'affaire que j'ai à vous dire, c'est que j'ai envie de me marier avec une fille qui est jeune et belle. Je l'aime fort, et l'ai demandée à son père; mais comme j'appréhende...

PANCRACE, en même temps, sans écouter Sganarelle. - La parole a été donnée à l'homme pour expliquer sa pensée; et tout ainsi que les pensées sont les portraits des choses, de même nos paroles sont-elles les portraits de nos pensées.

(Sganarelle, impatienté, ferme la bouche du docteur avec sa main à plusieurs reprises, et le docteur continue à parler sitôt que Sganarelle ôte sa main.)

Mais ces portraits diffèrent des autres portraits en ce que les autres portraits sont distingués partout de leurs originaux, et que la parole enferme en soi son original, puisqu'elle n'est autre chose que la pensée expliquée par un signe extérieur; d'où vient que ceux qui pensent bien sont aussi ceux qui parlent le mieux. Expliquez-moi donc votre pensée par la parole, qui est le plus intelligible de tous les signes.

SGANARELLE pousse le docteur dans sa maison, et tire la porte pour l'empêcher de sortir. - Peste de l'homme!

PANCRACE, au dedans de sa maison. - Oui, la parole est animi index et speculum. C'est le truchement, du coeur, c'est l'image de l'âme. (Il monte à la fenêtre et continue.) C'est un miroir qui nous présente naïvement les secrets les plus arcanés de nos individus; et, puisque vous avez la faculté de ratiociner, et de parler tout ensemble, à quoi tient-il que vous ne vous serviez de la parole pour me faire entendre votre pensée?

SGANAIELLE. - C'est ce que je veux faire; mais vous ne voulez pas m'écouter.

PANCRACE. - Je vous écoute, parlez.

SGANARELLE. - Je dis donc, Monsieur le docteur, que... 

PANCRACE. - Mais, surtout, soyez bref. 

SGANARELLE. - Je le serai.

PANCRACE. - Evitez la prolixité.

SGANARELLE. - Hé ! Monsi...

PANCRACE. - Tranchez-moi votre discours d'un apophthegme à la laconienne.

SGANARELLE. - Je vous...

PANCRACE. - Point d'ambages, de circonlocution.

(Sganarelle, de dépit de ne pouvoir parler, ramasse des pierres pour en casser la tête du docteur).

PANCRACE. - Hé quoi! Vous vous emportez au lieu de vous expliquer? Allez, vous êtes plus impertinent que celui qui m'a voulu soutenir qu'il faut dire la forme d'un chapeau; et je vous prouverai, en toute rencontre, par raisons démonstratives et convaincantes, et par arguments in Barbara, que vous n'êtes et ne serez jamais qu'une pécore, et que je suis et serai toujours, in utroque jure,
le docteur Pancrace.

SGANARELLE. - Quel diable de babillard!

PANCRACE, en rentrant sur le théâtre. - Homme de lettres,
homme d'érudition.

SGANARELLE. - Encore?

PANCRACE. - homme de suffisance, homme de capacité, (s'en allant) homme consommé dans toutes les sciences, natu-
relles, morales et politiques, (revenant) homme savant, savantissime, per omnes modos et casus; (s'en allant) homme qui possède, superlativè, fables, mythologies et histoires, (revenant) grammaire, poésie, rhétorique, dialectique et sophistique, (s'en allant) mathématique, arithmétique, optique, onirocritique, physique et mathématique, (revenant) cosmométrie, géométrie, architecture, spéculoire et spéculatoire, (s'en allant) médecine, astronomie, astrologie, physionomie, métoposcopie, chiromancie, géomancie, etc.

SGANARELLE, seul. - Au diable les savants qui ne veulent point écouter les gens! On me l'avait bien dit, que son maître Aristote n'était rien qu'un bavard. Il faut que j'aille trouver l'autre; il est plus posé, et plus raisonnable. Holà!


Scène V
Marphurius, Sganarelle

MARPHURIUS. - Que voulez-vous de moi, seigneur Sganarelle?

SGANARELLE. - Seigneur docteur, j'aurais besoin de votre conseil sur une petite affaire dont il s'agit, et je suis venu ici pour cela (A part) Ah ! voilà qui va bien. Il écoute le monde, celui-ci.

MARPHURIUS. - Seigneur Sganarelle, changez, s'il vous plaît, cette façon de parler. Notre philosophie ordonne de ne point énoncer de proposition décisive, de parler de tout avec incertitude, de suspendre toujours son jugement; et, par cette raison, vous ne devez pas dire : Je suis venu; mais : Il me semble que je suis venu.

SGANARELLE. - Il mie semble?

MARPHURIUS. - Oui.

SGANARELLE. - Parbleu! il faut bien qu'il me semble, puisque cela est.

MARPHURIUS. - Ce n'est pas une conséquence; et il peut vous le sembler, sans que la chose soit véritable.

SGANARELLE. - Comment! il n'est pas vrai que je suis venu?

MARPHURIUS. - Cela est incertain, et nous dlevons douter de tout.

SGANARELLE.- Quoi! je ne suis pas ici, et vous ne me parlez pas?

MARPHURIUS. - Il m'apparaît que vous êtes là, et il semble que je vous parle; mais il n'est pas assuré que cela soit.

SGANARELLE. - Hé! que diable! vous vous moquez. Me voilà, et vous voilà bien nettement, et il n'y a point de me semble à tout cela. Laissons ces subtilités, je vous prie, et parlons de mon affaire. Je viens vous dire que j'ai envie de me marier.

MAUPHURIUS - Je n'en sais rien.

SGANARELLE. - Je vous le dis.

MARPHURIUS. - Il se peut faire.

SGANARELLE. - La fille que je veux prendre est fort jeune et fort belle.

MARPHURIUS. - Il n'est pas impossible.

SGANARELLE. - Ferai-je bien ou mal de l'épouser? 

.MARPHURIUS. - L'un ou l'autre.

SGANARELLE, à part. - Ah! ah! voici une autre musique.
(A Marphurius). Je vous demande si je ferai bien d'épouser la fille dont je vous parle.

MARPHURIUS. - Selon la rencontre.

SGANARELLE. - Ferai-je mal?

MARPHURIUS. - Par aventure.

SGANARELLE. - De grâce, répondez-moi comme il faut. 

MARPHURIUS. - C'est mon dessein.

SGANARELLE. - J'ai une grande inclination pour la fille. 

MARPHURIUS. - Cela peut être.

SGANARELLE. - Le père me l'a accordée.

MARPHURIUS. - Il se pourrait...

SGANARELLE. - Mais que feriez-vous si vous étiez à ma place?

MARPHURIUS. - Je ne sais.

SGANARELLE. - Que me conseillez-vous de faire? 

MARPHURIUS. - Ce qui vous plaira.

SGANARELLE. - J'enrage.

MARPHURIUS. - Je m'en lave les mains.

SGANARELLE. - Au diable soit le vieux rêveur. 

MARPHURIUS. - Il en sera ce qui pourra.

SGANARELLE, à part. - La peste du bourreau! Je te ferai
changer de note, chien de philosophe enragé.

(Il donne des coups de bâton à Marphurius).

MARPHURIUS. - Ah! ah! ah!

SGANARELLE. - Te voilà payé de ton galimatias, et me voilà content.

MARPHURIUS. - Comment! Quelle insolence! M'outrager de la sorte! Avoir eu l'audace de battre un philosophe comme moi!

SGANARELLE. - Corrigez, s'il vous plaît, cette manière de parler. Il faut douter de toutes choses, et vous ne devez pas dire que je vous ai battu, mais qu'il vous semble que je vous ai battu

MARPHURIUS. - Ah! je m'en vais faire ma plainte au
commissaire du quartier, des coups que j'ai reçus.

 SGANARELLE. - Je m'en lave les mains.

MARPHURIUS. - J'en ai les marques sur ma personne. 

SGANARELLE. - Il se peut faire.

MARPHURIUS. - C'est toi qui m'as traité ainsi. 

SGANARELLE. - Il n'y a pas d'impossibilité. 

MARPHURIUS. - J'aurai un décret contre toi. 

SGANARELLE. - Je n'en sais rien.

MARPHURIUS. - Et tu seras condamné en justice. 

SGANARELLE. - Il en sera ce qui pourra. 

MARPHURIUS. - Laisse-moi faire. 


(Molière, le Mariage forcé).


 [Après avoir battu Marphurius, Sganarelle est à son tour menacé de mort s'il n'épouse pas la jeune Dorimène. Et c'est ainsi que s'accomplira un mariage forcé.]

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