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Heptaméron
(du grec hepta, sept, et éméra, jour), recueil
de nouvelles
et de contes
composés par Marguerite, reine de Navarre, à l'imitation
du Décaméron
de Boccace. Ce devait être aussi un Décaméron;
mais la mort empêcha Marguerite de terminer son oeuvre, qui ne comprend
que sept journées au lieu de dix. La scène se passe aux Pyrénées;
les dix personnages qui y jouent un rôle sont réunis dans
une abbaye où des pluies torrentielles les ont contraints de se
réfugier : il leur faut attendre qu'on répare les chemins
effondrés et que l'on construise un pont sur le Gave; pour passer
ce temps sans ennui, ils conviennent de se rendre chaque jour dans une
prairie voisine, où chacun racontera une histoire. Les récits
de l'Heptaméron ne se distinguent ni par l'intérêt
ni par l'art de la composition; mais le style a de l'agrément et
de la finesse.
Les sujets, dont quelques-uns se rapportent
à des personnages contemporains, roulent sur les ruses et les tromperies
de l'amour; ils sont racontés avec une crudité de détails
peu édifiante, à l'appui d'une maxime contenue dans le prologue
dont chacun d'eux est précédé, et tendent à
une moralité qui est déduite dans l'épilogue; mais
cette moralité est souvent équivoque. Les épilogues
sont des conversations entre les interlocuteurs de l'Heptaméron
sur l'histoire qu'ils viennent d'entendre; ils peuvent passer pour de curieux
échantillons de la haute société de l'époque,
et, à ce titre, ils relèvent la banalité des aventures
auxquelles ils tiennent lieu de dénouement. On trouve dans cet ouvrage
plus de loquacité que de sentiment, plus d'esprit que de tendresse,
et le même caractère de subtilité mystique qu'on remarque
dans les autres écrits de Marguerite de Navarre. Elle le composa
presque entièrement en voyage, comme pour se délasser, et
dans un âge assez avancé pour qu'on ne lui suppose pas d'intention
licencieuse, quand même sa vie entière ne protesterait pas
contre cette imputation. P-S.
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En
bibliothèque - La première
édition de l'Heptaméron, qui parut sans nom d'auteur, était
intitulée Histoire des amants fortunez, dédiée
à l'illustre princesse Mme Marguerite de Bourbon, duchesse de Nivernois,
Paris, 1558. En 1698, il en parut une sous ce titre : Contes et Nouvelles
de Marguerite de Valois, mais en beau langage, Amsterdam, 2 vol. in-8°,
où, sous prétexte de rajeunir le style de l'auteur, on le
rendit méconnaissable. La seule édition conforme au texte
original est celle de M. Leroux de Lincy, Paris, 1853, 3 vol. in-8°. |
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