Le
Goffic
1911- |
Les fêtes
et les coutumes populaires! L'admirable matière, mais si vaste!
Une vie ne suffirait pas à la traiter. Comment donc la faire tenir
en quelques pages? Mais on ne s'est proposé ici que d'effleurer
le sujet et l'on a choisi, parmi les fêtes populaires, les plus connues
et les plus anciennes.
Ce ne sont pas toujours les moins curieuses,
ni — bien qu'elles n'aient pour la plupart rien d'officiel — celles que
le peuple chôme avec le moins de plaisir. Il ne les chôme pas
toujours dans un esprit très orthodoxe; il lui arrive même
d'avoir complètement oublié le sens du rite héréditaire
auquel il se plie et on l'étonnerait fort en lui révélant
que les boudins de Noël, par exemple, sont un souvenir du sanglier
que les Celtes sacrifiaient, au solstice d'hiver, en l'honneur de Bélénus,
le dieu solaire. La plupart de nos coutumes populaires sont ainsi de très
lointaines survivances; en nous penchant un peu, nous discernerions sous
chacune d'elles toute une cosmogonie primitive; nous reconnaîtrions
le travail profond des vieilles imaginations aryennes, leur essai d'une
explication naturiste de l'univers.
Et peut-être que la vertu secrète
de ces coutumes est là : elles sont aussi anciennes que la race;
elles se sont chargées en route de sens nouveaux et parfois contradictoires;
elles ont emprunté sans compter aux diverses cultures, celtique,
latine, catholique, qui ont fait l'âme nationale. Mais cette plasticité
même, cette souplesse à s'adapter à nos divers états
de civilisation, n'est-elle pas la meilleure preuve de leur vitalité?
Avant de sourire d'elles, tâchons
d'abord de les comprendre. Qui les aura comprises ne tardera pas à
les aimer. (Ch. Le G., 1911) |
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