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Les Fourberies
de Scapin, comédie de Molière,
en 3 actes et en prose, représentée sur le théâtre
du Palais-Royal ,
le 21 mai 1671. - Octave, fils d'Argante, pendant l'absence de son père,
a épousé secrètement Hyacinthe. Léandre, fils
de Géronte, s'est épris de
Zerbinette. Argante apprend l'équipée de son fils, qu'il
voulait faire épouser à la fille de Géronte : il prétend
faire casser le mariage de son fils. De son côté, Géronte
est instruit des fredaines de son fils. Octave et Léandre, fort
inquiets et pressés d'argent, ont recours à Scapin,
valet du dernier. S'adressant d'abord à Argante, Scapin suppose
à Hyacinthe un frère, terrible spadassin, mais capable, moyennant
un prix raisonnable, de consentir à la rupture du mariage de sa
sueur : il lui extorque ainsi cinq cents pistoles. A Géronte il
fait croire que Léandre est retenu par un Turc, qui l'avait invité
à son bord traîtreusement et qui va l'emmener si on ne lui
paye cinq cents écus.
«
Qu'allait-il faire dans cette galère! », s'écrie vingt
fois Géronte.
Mais il finit par s'exécuter. Scapin
trouve encore moyen de persuader à Géronte de s'enfermer
dans un sac, et lui distribue nombre de coups de bâton, au nom du
prétendu frère d'Hyacinthe. A la fin, on reconnaît
que Hyacinthe est fille de Géronte, Zerbinette fille d'Argante.
On marie les quatre amants, et on pardonne à Scapin.
Pour écrire cette pièce,
Molière
a emprunté de tous côtés : au Phormion de Térence,
au Pédant joué de Cyrano,
à la Francisquine de Tabarin, à
l'Émilie de Grotto, à la Constance de Larrivey,
à la Soeur de Rotrou, à Pantalon
père de famille, farce italienne. Le dénouement est factice
: les ruses de Scapin ne contribuent en rien
à l'amener; il est produit par des reconnaissances invraisemblables.
L'insouciance avec laquelle Léandre abandonne son père aux
tours de Scapin, choque aujourd'hui. Mais la pièce ne vise pas à
s'élever au-dessus de la farce et la colère d'Argante, l'avarice
de Géronte, la confession de Scapin, la scène du sac en font,
un chef-d'oeuvre du genre. (NLI). |
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