 |
Flore et Blanchefleur,
poème du Moyen âge .
C'est l'histoire de deux enfants nés le même jour, l'un, fils
d'un roi sarrasin, et l'autre, fille d'une esclave chrétienne. Ils
s'aiment de bonne heure, sont séparés par leurs parents,
se retrouvent après de longues épreuves, et finissent par
s'épouser. Nous avons deux versions différentes de Flore
et Blanchefleur, publiées par Edélestand du Méril
dans la Bibliothèque elzévirienne, Paris, 1856; elles
sont de la fin du XIIIe siècle,
et différent l'une de l'autre non seulement par des ornements de
détail, mais par la forme de plusieurs noms propres. Divers passages
d'écrits antérieurs attestent qu'il exista quelque version
primitive et complète, dont celles-là se sont inspirées.
L'histoire de Flore et Blanchefleur a pénétré
dans la littérature de tous les peuples européens : nous
en avons une version en haut allemand par Conrad Fleck, auteur du XIIIe
siècle, qui dit avoir travaillé d'après un poème
français de Robert d'Orbent ou Orland; une version flamande par
Dideric d'Assanede, postérieur à Fleck d'un demi-siècle;
plusieurs imitations islandaises, suédoises, danoises, anglaises,
etc. La même histoire forme le fond du Filocopo de Boccace,
et a été traduite en prose espagnole au XVIe
siècle, et même en grec moderne. M. du Méril a essayé
de démontrer qu'elle est d'origine grecque, mais sans produire d'arguments
bien décisifs. Mais, ce qui est hors de doute, c'est que le poème
doit être maintenu dans le cycle français : les Trouvères
font de Blanchefleur la mère de Berthe
aux grands pieds . |
|