|
|
|
|
Les
textes
|
|
| Feuilleton,
c.-à-d. petite feuille, partie inférieure d'un journal, formant
une sorte de feuille à part, et consacrée à la publication
de romans, nouvelles
et variétés quelconques, et au compte rendu des représentations
dramatiques ou des ouvrages de littérature, de science et d'art.
Cette association des oeuvres d'imagination et de critique avec les faits
et les discussions politiques dans une même feuille périodique
ne remonte pas plus loin que la fin du XVIIIe
siècle : jusque-là les gazettes étaient exclusivement
affectées, soit à la politique, soit aux nouvelles diverses,
soit aux discussions littéraires et scientifiques.
Le feuilleton dramatique fut la première innovation; le critique Geoffroy l'inaugura avec distinction au Journal des Débats, où il a eu pour successeurs Duviquet, Hoffmann, Dussault, Féletz et Jules Janin. Dans d'autres journaux, Rolle, Théophile Gautierr, Desnoyers ont eu des succès mérités. Adolphe Adam, Berlioz, Fiorentino, Delécluze, ont su donner le plus d'intérêt au feuilleton musical. Dans le feuilleton scientifique se sont distingués les docteurs Donné et Roger, l'abbé Moigno, Figuier, etc. Le but du feuilleton littéraire est d'amuser les lecteurs et de les attacher à leur journal : l'art suprême en ce genre consiste à couper un roman en morceaux d'égale longueur, à porter chaque jour le récit au plus haut degré possible d'intérêt, à l'arrêter au moment où la curiosité se trouve vivement excitée, de manière à faire attendre avec impatience le numéro du lendemain. Ce manège, qui pousse au renouvellement des abonnements, s'est prolongé de plus en plus, quelquefois pendant des années entières. La plupart des romans d'Alexandre Dumas, tels que, par exemple, les Mousquetaires, le Comte de Monte-Christo, ont été faits pour ce genre de publicité; parmi les oeuvres qui ont passionné les lecteurs, on cite encore deux romans d'Eugène Sue, les Mystères de Paris, dans le Journal des Débats, et le Juif errant, dans le Constitutionnel. (B.). |
|
© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.