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Une féérie
est une pièce de théâtre
dans laquelle l'intervention d'une fée ,
d'un génie ,
d'un être surnaturel, produit, complique et dénoue l'action
dramatique. Là l'emploi du merveilleux autorise et nécessite
le luxe des décors, la richesse des costumes, les changements à
vue, les transformations, les surprises des machines, etc. La tragédie
employa quelquefois ce moyen d'intérêt : ainsi, dans l'Andromède
de Corneille, on eut lieu d'admirer beaucoup
moins le poète que le machiniste et le décorateur. Mais l'opéra,
où
l'Armide
de Quinault introduisit le merveilleux, se réserva
le monopole des merveilles de la mise en scène, déployées
principalement dans les sujets mythologiques. Moncrif et Cahuzac composèrent
les meilleures féeries du XVIIIe siècle.
Les autres théâtres ayant obtenu la suppression du monopole,
l'Opéra-Comique donna quelques opéras-féeries,
La
fées Urgèle, Zémire et Azor, Cendrillon, etc.
C'est du temps de l'Empire que date la
féerie célèbre du Pied de mouton, par Martainville;
elle a fait naître une foule d'imitations, dont les principales ont
été les Pilules du diable, et la Poudre de Perlinpinpin
au
Cirque-Olympique, Peau d'âne et la Biche aux bois à
la Porte Saint-Martin ,
les Sept châteaux du diable à la Gaîté,
les Contes de la mère l'Oie
à l'Ambigu-Comique, les Bibelots du diable aux Variétés.
Dans toute féerie, les personnages sont protégés par
des puissances supérieures, bonnes ou mauvaises, dont les influences
se balancent, se combattent, se vainquent tour à tour, et qui arment
leurs favoris de talismans plus ou moins efficaces. Cet antagonisme peut
amener une foule d'effets variés et de complications étranges;
l'auteur n'a d'autres limites dans les fantaisies de son imagination que
les possibilités de l'exécution. (B.). |
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