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Les
textes
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| On
range sous le titre de genre fantastique toutes les compositions
littéraires qui relèvent exclusivement de l'imagination
(en grec Phantasia). L'imagination est une faculté vagabonde
et aveugle, qui, livrée à elle-même, ne recherche ni
le beau, ni l'utile, ni le vrai; mais seulement ce qui l'émeut et
l'amuse; elle explore aussi les territoires inconnus que lui livre sa propre
puissance, et souvent permet de retourner au réel avec un regard
qui a gagné en acuité.
Les images des réalités
absentes ou passées subissent, dans l'imagination, des modifications
que les réalités ne sauraient éprouver dans le monde;
elles y forment comme des spectacles où les limites du possible
sont reculées, où le merveilleux
et le surnaturel tiennent une grande place, et qui produisent sinon une
émotion bien profonde, du moins quelque trouble, de l'étonnement,
et quelquefois la peur. Le genre fantastique, fondé sur ce travail
de l'imagination, est aussi naturel, aussi universel que les autres genres
de composition inventés par l'esprit humain : mais on a longtemps
considéré que l'imagination devait rester subordonnée
au sentiment et à la raison, aussi a-t-on jusqu'à une époque
récente (et parfois encore) relégué le genre fantastique
ou les oeuvres où l'imagination est seule en jeu, comme subalterne.
Le fantastique se montre dans les vieilles traditions des peuples, les
cosmogonies (La Théogonie En Allemagne Outre le fantastique
naïf, employé de bonne foi comme ressort et effet dramatique,
il y a un fantastique profond, employé philosophiquement, comme
expression métaphysique et même religieuse. Tel est le caractère
qu'il présente dans le Faust |
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© Serge
Jodra, 2008. - Reproduction interdite.