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L'École de Salerne [Schola Salernitana], poème didactique médical, qui offre le résumé des doctrines de la célèbre école salornitaine. L'époque de sa composition est indécise : les noms de ses auteurs sont restés inconnus; c'est une oeuvre collective. A l'origine, c'était un petit poème latin, de 369 vers; des additions successives, complétant et quelquefois contredisant la rédaction primitive, sont parvenues à faire de la Schola Salernitana un tout de 3520 vers, parmi lesquels un certain nombre ont passé en proverbe. Tel est le distique célèbre sur les heures permises au sommeil :
Sex horis dormire sat est juvenique senique, Septem vix pigro; nulli concedimus octo.

« A l'homme jeune et au vieillard, il suffit de dormir six heures; au paresseux, sept tout au plus; mais à personne nous n'en accordons huit. »

Voilà le vrai précepte salernitain. Mais, - ce qui peint bien la confusion de rédaction de ce poème, - les distiques suivants permettent de dormir tant qu'on voudra, pourvu que ce ne soit ni sur le ventre, ni sur le dos, et s'étendent même sur la cruauté qu'il y aurait à arracher quelqu'un au sommeil. 

Citons encore :

Post caenam, stabis, aut passus mille meabis.

« Après dîner, tu te tiendras debout, ou tu entremêleras mille pas.  »

Les recommandations contre les excès de la table sont en très grand nombre. On pourrait dire que l'hygiène de l'école de Salerne tient presque tout entière dans ce précepte :
Disce parum bibere, sis procul a Venere,

« Habitue-toi à boire peu, à t'abstenir des plaisirs charnels. »

Se faire saigner souvent, là réside tout le secret de la bonne santé.
Ut sis nocte levis, sit tibi caena brevis.
Pone gulae metas, ut sit tibi longior aetas.
Si vox est rauca, bibes vinum quod bibit ancha.

« Pour que la nuit te soit légère, fais ton dîner court. 
Impose des bornes à ta gourmandise, si tu veux vivre plus longtemps.
Si ta voix devient rauque, bois ce vin que boit le canard. »

Singula post ova, pocula sume nova.

« Après chaque oeuf, bois une nouvelle coupe. »

Le succès de ce petit poème fut tel qu'on en a compté deux cent quarante éditions, entre 1474 et 1846. La dernière traduction a été faite en vers d'une élégance et d'une précision suffisantes par Meaux de Saint-Marc (1860), avec une savante introduction de Ch. Daremberg sur la célèbre école salernitaine. (NLI).
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