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Critique de la raison pure (Kritik der reinen Vernunft), le plus important des ouvrages de Kant et celui qui a fondé la philosophie appelée criticisme. Il parut pour la première fois à Riga, en 1781. Une seconde édition, avec des changements importants, fut publiée par l'auteur en 1787. C'est une question très controversée de savoir si les changements que présente cette seconde édition portent sur le fond, ou seulement sur la forme. Rosenkranz, Schopenhauer, Kuno Fischer y voient le rétablissement de la chose en soi, qu'avait abolie, selon eux, la première édition. Selon Kant lui-même, la seconde édition fait simplement ressortir le côté réaliste de la doctrine, méconnu par certains lecteurs. Boutroux juge que l'affirmation de Kant se soutient très bien. La première édition n'abolissait pas la chose en soi, mais la connaissance théorique de la chose en soi, ce qui est très différent. Au mot Criticisme, on trouvera l'idée générale de la doctrine.

Dans l'Introduction, Kant procède à l'analyse de la connaissance, dans laquelle il distingue la matière, qui est fournie par le dehors, et la forme, qui vient du sujet. Toutes nos connaissances présupposent l'expérience et commencent avec elle; mais toutes n'en dérivent pas. Il y a des jugements qui sont à la fois synthétiques et a priori : en d'autres termes, l'attribut y ajoute une notion nouvelle à la notion du sujet, et ils ne reposent pas sur l'expérience. Comment sont-ils possibles? Telle est la question que traite tout l'ouvrage. Kant commence par traiter de l'esthétique transcendantale ou analyse de la sensibilité, et il montre, dans l'espace et le temps, les formes a priori de toutes les données empiriques. Pour travailler sur ces premières données, l'entendement se sert de notions ou concepts qui lui sont propres. Dans l'analytique transcendantale, Kant s'efforce de découvrir ces notions pures qu'il appelle catégories, puis de montrer comment se produit la synthèse des données des sens et des catégories, ensuite de déterminer les principes de l'entendement pur, sans lesquels toute science serait impossible, enfin de préciser la valeur objective de ces principes. Dans la dialectique transcendantale, Kant soutient qu'il est impossible d'appliquer les principes de l'entendement pur au monde des noumènes; ils ne sont valables que pour les phénomènes. C'est par cet usage illégitime des catégories que l'on construit les trois idées de la raison : celle de l'âme comme substance pensante, celle du monde conçu comme totalité des phénomènes, enfin celle de Dieu. L'analytique et la dialectique forment les deux parties de la logique transcendantale. L'ouvrage se termine par un traité de méthode intitulé : Méthodologie transcendantale. La méthode, dit Kant, est à la raison ce que la logique est à l'entendement. (NLI).

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