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Le conte
Le conte littéraire
Aperçu Le conte populaire Le conte littéraire
On peut simplement constater en fait la tradition orale des contes. Scientifiquement, on n'en connaît pas ou peu les courants; on en est réduit le plus souvent à des hypothèses sur leur source et sur leur direction. Mais il existe depuis une très haute antiquité des contes écrits, imités et traduits dans toutes les langues, et dont on a pu constater assez facilement le passage et la propagation chez les différentes cultures de l'Asie, de l'Afrique du Nord et de l'Europe. Rien n'interdit de penser que le courant oral a suivi ou a pu suivre les mêmes voies. Le plus ancien de ces récits actuellement connus est le Conte des deux frères, découvert en 1852, et traduit d'abord par de Rougé, puis plus complètement par Gaston Maspero qui l'a publié, avec plusieurs autres presque aussi vieux et une introduction d'un vif intérêt, sous le titre les Contes populaires de l'Égypte ancienne (Paris, 1882, in-12). Le Conte des deux frères remonte au XIVe siècle avant notre ère, et encore le papyrus qui le contient n'est-il que la copie d'un papyrus plus ancien. Le thème principal et les détails ressemblent étonnamment à certaines données et à certains détails qui se retrouvent dans la littérature populaire d'autres sociétés, et on a cru qu'il pouvait  fournir quelque lumière dans la question si obscure et si controversée du pays d'origine des contes. Au moins concèdera-t-on, que les versions égyptiennes de certains contes sont beaucoup plus anciennes que les versions des mêmes contes relevées chez les autres peuples; les manuscrits qui les ont conservées datent de nombre d'années avant le moment où l'on commence à peine à reconnaître la trace des autres. Maspéro en conclut  : 
« qu'il faut, considérer l'Égypte sinon comme un des pays d'origine des contes populaires, au moins comme un de ceux où ils se sont naturalisés le plus anciennement et où ils ont pris une forme vraiment littéraire. » 
On peut certainement aller plus loin aujourd'hui, en remontant avec S. N. Kramer l'histoire jusqu'à Sumer, pour découvrir dans les vieilles tablettes exhumées en Mésopotamie quelques récits appelés eux aussi à une belle postérité.  Quoi qu'il en soit, après Sumer, après l'Égypte, c'est l'Inde qui a produit les plus vieux livres de contes. L'un d'eux, le plus célèbre, est le Pantchatantra (les cinq livres ou si l'on veut le Pentateuque). c'est une compilation due à un brahmane, et plusieurs des fables qu'elle renferme figurent déjà dans le Mahabharata, et dans les livres bouddhiques. L'original n'a pas été retrouvé, mais on sait qu'une traduction en pelhvi en fut faite sur l'ordre de Chosroès le Grand, roi de Perse, par le médecin Barzuyeh; elle porte le titre de Kalila et Dimna. Cette traduction, qui date du VIe siècle de notre ère (entre 531 et 579), a été elle-même perdue; elle a été, entre 754 et 760, traduite à son tour en arabe par Abdallah-ibn-Almokaffa : Nous possédons encore cette version éditée par Silvestre de Sacy en 1816. Le Pantchatantra s'est répandu dans les littératures de nombreux peuples. Max Muller a figuré, dans un tableau très clair dont la reproduction nous dispensera de longues explications, toutes les migrations du Pantchatantra du VIe au XVIIIe siècle :
On peut supposer une démonstration analogue pour le Soukasaptati (les soixante-dix contes d'un perroquet) qui, traduit en persan, Touti-Nameh (livre du perroquet) est passé de la Perse chez les Arabes et des Arabes en Asie, en Afrique, en Italie, en Espagne, etc.; pour la Vetala pantchavinçati (les vingt-cinq histoires d'un vetala) devenue chez les Kalmouk le Siddhi-Kur (le mort doué d'une vertu magique); pour le Sinhasana-dvatrinçati (les trente-deux récits du trône), devenu chez les Mongolsl'Histoire d'Ardji Bordji Khan. Bien mieux, une légende chrétienne, très en vogue au Moyen âge, la Vie des saints Barlaam et Josaphat, légende remplie de contes et de paraboles, n'est autre que la vie du Bouddha, qui d'étape en étape a subi cette étonnante, transformation. Un autre recueil, le plus populaire après le Pantchatantra, le Livre de Sindabad (ou de Sendebad ) ou le Livre des sept conseillers, du précepteur et de la mère du roi, traduit en persan, en arabe, en hébreu (paraboles de Sendabar), en syriaque, en grec (Syntipas), en latin (Historia septem sapientum), en roman (Dolopathos), a été découpé en fabliaux au Moyen âge et a fourni aux meilleurs conteurs italiens, espagnols, français et allemands presque toute la matière de leurs récits. 
Les leçons du Livre de Sindabad sont infiniment nombreuses, mais elles offrent toutes un fonds commun. Un roi a confié à sept sages l'instruction de son fils. Vieux et fatigué, il songe à lui remettre le gouvernement de ses États et il l'envoie chercher. Le chef des sages a lu dans les astres des présages menaçants pour l'avenir de son élève, il lui fait jurer de ne point prononcer un seul mot avant qu'il l'ait relevé de son serment. Le roi, désespéré de l'infirmité de son fils qu'il croit muet, l'abandonne aux soins de la plus jeune de ses femmes. Elle a promis de le guérir, mais, en dépit de ses efforts, elle ne peut tirer une parole du jeune prince. Bientôt elle s'éprend de lui; ses avances semblent incomprises; elle s'offre sans pudeur, comme la femme d'Anoupou dans leConte des Deux Frères, comme la femme de Putiphar, dans l'Ancien Testament (Histoire de Joseph). Repoussée assez brutalement, elle met en pièces ses vêtements et crie au viol. Le roi condamne à mort son fils qui persiste dans son mutisme. Au moment où on le conduit au supplice survient un des sept sages : il raconte une histoire sur la perfidie des femmes et conclut qu'on ne saurait examiner avec trop de prudence toutes leurs assertions. Le doute se glisse dans l'esprit du roi qui remet le supplice au lendemain. La reine conte alors une autre histoire pour détruire cette mauvaise impression. Nouvel ordre de procéder à l'exécution, second sage survenant et ainsi de suite jusqu'au septième jour. Le chef des sages arrive alors, ordonne à son élève de parler. Le prince prouve son innocence et l'astucieuse reine est punie. 
Tout le monde connaît ce thème qui a prêté à tant de broderies malicieuses sur l'esprit de ruse  attribué aux femmes et à tant de développements sur les tours ingénieux qu'elles jouent si naturellement à leurs maris et à leurs amants. A croire que l'humain est doué d'assez pauvres facultés d'imagination et d'invention : depuis des milliers d'années les contes dont il s'amuse ne sont que des combinaisons plus on moins habiles des mêmes vieux éléments, à peine rajeunis par les détails purement accessoires empruntés à des milieux et à des époques si différents. Avant de passer à l'antiquité grecque et latine, il ne reste plus guère à mentionner que les Mille et une Nuits,  dont toute l'Europe raffolera  à la fin du XVIIe siècle. Citons également : les Mille et un Jours, contes persans, par le derviche Moclès, le Gulistan et le Baharistan, de Saadi; les Contes des génies, par Horam, traduits du persan en anglais par Charles Morell; les Contes persans, par Inatula de Delhy, les Contes turcs, par Zadèh (précepteur d'Amurat Il),  et un livre de contes chinois traduits ou publiés par Abel Rémusat, le Shuen-Hoi-King dont on fait remonter certains passages jusqu'en 2205 av. J. C., mais qui parait aussi originaire de l'Inde où il serait arrivé par le Tibet et la Mongolie. On y trouve en effet les mêmes des merveilles également attestées ailleurs, par exemple un chien à trois têtes comme Cerbère, des cyclopes, des sirènes à tête de femme et à corps d'oiseau, des combats de pygmées et de grues (Iliade), etc., et jusqu'aux épisodes célébres de Pénélope et des prétendants et du retour d'Ulysse (Odyssée).

Chez les Grecs, les conteurs proprement dits sont rares. Cependant si l'on en croit Lang, l'Odyssée d'Homère « n'est qu'un assemblage de contes populaires artistement traités et façonnés en un tout symétriques ».Hérodote est très riche en contes aussi extraordinaires que grivois : on a dit sans preuves qu'il recueillit les plus jolis en Égypte. Un autre historien, Plutarque, est encore plus conteur qu'historien. Lucien est un conteur philosophe. Chez les Romains, on ne peut citer que Diodore de Sicile et Apulée (l'Âne d'or ou les Métamorphoses) qui a popularisé entre autres l'exquise, légende de Psyché, version altérée de contes indiens. Au Moyen âge apparaissent d'abord plusieurs recueils ou abrégés de contes populaires parmi lesquels il y a lieu de remarquer les Mirabilia urbis Romae, les Gesta Romanorum surtout qui donnent, le plus naïvement du monde, un sens mystique à des fables et contes indiens souvent très risqués et en font autant de paraboles chrétiennes; la Disciplina clericalis de Pierre Alphonse, traduction latine d'une foule d'historiettes tirées du Talmud, ou dans le même genre la Légende dorée de Jacques de Voragine où la vie des saints est semée d'aventures merveilleuses et parfois peu édifiantes. Dès le XIIIe siècle fleurissent les romans d'aventures, les chansons de geste, les lais, les fabliaux qui mettent en oeuvre tous ces documents amoncelés depuis des siècles. Les fabliaux, goguenards, grossiers, grivois, malicieux, sceptiques, sont colportés partout par les trouvères, les jongleurs et les ménestrels. Ce sont des contes et des meilleurs, mais ils diffèrent de ce genre littéraire par quelques caractères spéciaux et méritent par leur importance un article à part.

Au XIVe siècle, le fabliau se transforme définitivement en conte. C'est d'abord en Italie que cette transformation s'accomplit. Les Cento Novelle antiche, simple compilation d'anecdotes, inaugurent la série des nouvelles qui compte presque aussitôt un chef-d'oeuvre, le Decameron (composé vers 1358). Boccace est suivi de près par Giovanni (Pecorone) et par Franco Sacchetti (Trecente Novelle); puis surgit une légion d'imitateurs aux XVe et XVIe siècles Masuccio (Novellino), Mainardi (Facetie), Sabadino degli Arienti (Porretane), Aguolo Firenzaola (Ragionamenti), Pogge (Facetiae), Aloyse Cintio degli Fabritii (Della origine delli volgari proverbi); Doni (Prima e seconda Libreria), Cinthio (Hecathommiti), Parabosco (Deporti), Straparola (Piacevole Notti); Campeggi (Novelle, XVIIIe siècle), Coppi (Novelle), Angello Fiorentino (Cento Novelle), G. de Rossi (Novelle, XIXe siècle), Grazzini dit le Lasca,  Molza, Bandello, Silverio, etc. La plupart empruntent largement aux fabliaux français. Boccace surtout a exploité très habilement cette riche veine, mais il est le créateur du conte vraiment littéraire. Pogge se distingue par sa licence. Quant à Straparole, à Parabosco, à Basile (Pentamerone), ils ouvrent la voie aux contes de fées. Il convient d'ajouter aux premiers conteurs italiens, Giraldi Cintio, auteur du More de Venise, Luigi da Porta, Machiavel (Belfagor) et l'Arioste (Orlando furioso). 

En France, le mouvement s'accomplit plus lentement. On trouve certes des contes dans maint ouvrage, par exemple dans les curieuses instructions morales du seigneur de Latour-Landry, ou encore dans les sermons des prédicateurs, mais ils y  sont disséminés, sans lien entre eux, de forme et d'inspiration très différentes. Il faut venir jusqu'au milieu du XVe siècle pour rencontrer le recueil caractéristique des Cent Nouvelles nouvelles (1456 à 1461). L'influence des fabliaux y est encore très vive, mais l'esprit s'y affine; on n'y trouve plus de longueurs, de digressions fatigantes, presque plus de brutalités, mais des récits lestement troussés, allant droit au but, une grivoiserie narquoise passablement cynique. L'Heptatméron de Marguerite de Navarre (1558) se rapproche davantage de la manière de Boccace, dont une traduction française (1545) venait de populariser les nouvelles. Tout le XVIe siècle est fécond en bons conteurs : Bonaventure Desperiers (Nouvelles Récréations et joyeux devis), Nicolas de Troyes (Grand Parangon des Nouvelles nouvelles), Rabelais, Henri Estienne (Apologie pour Hérodote), Noël du Fail (Contes d'Eutrapel), Guillaume Bouchet (Sérées), Beroalde de Verville (Moyen de parvenir), pour ne citer que les plus célèbres et les plus originaux, continuent la tradition et possèdent presque tous des qualités de finesse et d'observation qui les rendent agréables à lire. Ils sont tous très licencieux et très sceptiques; surtout ils bafouent sans pitié le clergé et les moines : c'est là un trait fréquent dans les fabliaux, mais depuis la Réforme la moquerie tourne à l'aigreur, elle devient haineuse chez Estienne. Au XVIIe siècle le conte se transforme de nouveau et perd, avec son ancien caractère, son charme tout particulier. Les Tabarinades, les Caquets de l'accouchée, une foule de petits livres composés dans le but de «chasser les humeurs mélancoliques et inciter les rêveurs à vivre de gaieté» comme les Délices ou Discours joyeux et récréatifs de Verboquet le Généreux, le Facétieux réveil-matin, la Gibecière des moines ou le Trésor du ridicule, la Galerie des curieux, les Contes aux heures perdues du sieur d'Ouville, le Courrier facétieux, le Bouffon de la cour, etc., ne sont que des recueils de bons mots, réparties, équivoques, brocards, gasconnades, facéties, qui ouvrent la série des anas. 

La Fontaine, revenant aux sources primitives, rendit au conte son éclat d'antan, et lui donna sa forme la plus parfaite. Il imita tous ses devanciers comme ceux-ci avaient eux-mêmes imité leurs prédécesseurs, et rajeunit ainsi, sans s'en douter, car il ne se préoccupait que de bien conter, de très antiques fables hindoues. Sa Gageure des trois commères, pour n'ajouter qu'un nouvel exemple à tous ceux que nous avons déjà fournis, se retrouve en effet dans Verboquet le Généreux (Délices), dans Campeggi (Novelliero italiano), dans Sansovino (Cento Novelle), dans Malespini (Ducento Novelle), dans Boccace (Decameron), dans les Cent Nouvelles nouvelles, dans le fabliau de la Tresse, dans Calila et Dimna, dans l'Hitopadeça, dans le Pantchatantra.

Le succès de La Fontaine donna un regain de vogue extraordinaire à la littérature légère. Les conteurs sont légion : Saint-Gilles (la Muse mousquetaire), spirituel et licencieux, suit de près le maître; Sénecé (Nouvelles), moins piquant, moins frondeur, est aussi plus décent; nous n'en nommerons point d'autres. Perrault (Contes de ma mère l'Oye) devient chef d'une école qui fleurit encore au XVIIIe siècle. Mais après les contes de fées de Mme de Murat, d'Auneuil, de La Force, d'Aulnoy, après ceux d'Hamilton (le Bélier, Fleurs d'Epine, Zeneide, les Quatre Facardins) où déjà la raillerie l'emporte de beaucoup sur la naïveté, viennent des contes plus raffinés dans lesquels la féerie se transforme en fantasmagorie toute conventionnelle, et ne sert plus guère que de cadre commode à des aventures érotiques. Crébillon (le Sopha, etc.), Dorat (Alphonse, les Cerises, etc.), Grécourt, Moncrif (Aventures de Zéloïde), Duclos, Piron, La Morlière (Angola), Voisenon (Tant mieux pour elle, le Sultan Misapouf, la Navette d'amour), sont les représentants les plus brillants du genre galant, comme Vadé l'est du genre poissard, et le comte de Caylus du genre badin. Diderot, Voltaire (Micromégas, Candide...) surtout écrivent des contes philosophiques qui sont, à proprement parler, des satires de moeurs mordantes, et des pamphlets antireligieux. Enfin Marmontel inaugure le genre des contes moraux où le suivent une foule d'auteurs médiocres, et qui aboutit plus tard aux productions douceâtres et prodigieusement ennuyeuses de Florian, de Mme Leprince de Beaumont, d'Andrieux, de Daru, de Berquin, de Bouilly et de Mme de Genlis, qui seront suivies de celles de Ch. Nodier, de Renneville et Guizot, etc. 
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Copenhague : la Petite Sirène d'Andersen.
La Petite Sirène, à Copenhague. Statue inspirée du conte d'Andersen. Elle est un symbole
de la capitale du Danemark depuis 1909. Source : The World Factbook.

Beaucoup d'écrivains du XIXe siècle se sont essayés dans le conte : ils y ont fait preuve d'un véritable talent d'adaptation dans tous les genres, et parfois de rares qualités littéraires. Les Contes drôlatiques de Balzac se rapprochent le plus de ce que l'on a appelé "la manière gauloise", comme aussi les Contes rémois de Chevigné, les Contes grassouillets, les Contes de derrière les fagots, etc., de  Armand Silvestre. On trouverait encore de jolis contes de fées chez George Sand (Contes d'une grand-mère), chez Nodier (Contes de la veillée, Contes fantastiques), chez Anatole France (Abeille); des contes philosophiques : Contes cruels, de Villiers de l'Isle-Adam, Thaïs d'A. France, etc.,  en attendant ceux de Marcel Aymé (Contes du Chat perché, 1934), ou bien des contes galants plus raffinés et plus pervers même que ceux du XVIIIe siècle; mais en général les ouvrages qui portent le nom de contes (Contes romanesques de Musset, Contes littéraires de Jules Janin, Contes bourgeois de Th. de Banville, Contes en prose de F. Coppée, Contes du lundi d'Alphonse Daudet, Contes et Nouvelles de G. de Maupassant, Contes à Ninon de Zola, etc.), sont plutôt des nouvelles, c. -à-d. de petits romans que des contes proprement dits, et comme tels, ils trouveront mieux leur place dans une étude sur le roman, où les classent d'ailleurs les bibliographes.

Nous n'avons suivi les contes littéraires qu'en Italie et en France. Ils ont eu à peu près les mêmes destinées ailleurs en Europe. Aussi relèverons-nous seulement quelques particularités relatives à l'Espagne, à l'Allemagne et à l'Angleterre, pour ne pas prolonger outre mesure notre rapide et sèche énumération. La Disciplina clericalis, de Pierre-Alphonse, dont nous avons déjà parlé, est originaire de l'Espagne (XIIe siècle). Elle est pleine de récits empruntés au Calila et Dimna, et au livre de Sindabad. Elle jouit au Moyen âge d'une immense popularité. Le livre des exemples (El Libro de los Ejemplos), et le livre du comte Lucanor (XIVe siècle) en dérivent directement. L'influence des fabliaux se manifeste ensuite dans l'Eudina de Juan Ruiz, surtout dans la Celestina, et celle des nouvelles italiennes dans les Novelas Exemplares de Cervantes, dans les Prodigios y Succesos d'Amor de Montalvan, dans les Novelas Amorosas de Camerino (XVIe siècle), Feyjoo au XVIIIe s.,  mais, plus rapidement qu'en tout autre pays, le conte se transforme en roman. En Allemagne, il n'y a guère à mentionner que Til Ulespiegle (XVIe siècle), plusieurs recueils en latin (ceux de Bebelius et de Frischlinus entre autres) imités de Pogge, celui d'Othon Melander (Joco-Seria, 1626), les contes d'Hagendorn, de Gessner, de Wieland, de Conrad Pfeffel, de Musaeus, de Campe, de Rochlitz, de Weisse, de Lessing, de Gessner, de Wieland, du chanoine Schmidt, surtout les Contes fantastiques d'Hoffmann, et les Contes et Nouvelles dédiés aux femmes d'Aug. Lafontaine

En Angleterre, le seul grand conteur est Geoffroy Chaucer (Contes de Cantorbery) qui rivalise sans trop de désavantage avec Boccace. On peut citer encore Dryden, Prior, Hawkesworth,  au XIXe s., Charles Dickens qui a écrit de charmants contes de Noël, miss Edgeworth, sans oublier Lewis Carroll et ses deux Alice, qui sont à la fois et contes et un genre à part. Enfin, nous ne saurions passer sous silence le Decameron russe (publié en 1855), les beaux contes de Hans-Christian Andersen, et ceux d'une originalité si puissante d'Edgar Poe (Contes grotesques, Contes inédits), et de Sacher Masoch (Contes juifs et petits-russiens). (René Samuel).

En librairie - Guillemond, Contes des Indiens d'Amérique, Magnard, 2004.
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