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Le Colonel Chabert, d'Honoré de Balzac

Le Colonel Chabert est  un  roman d'Honoré de Balzac, qui, dans la Comédie Humaine, est rangé dans les série des Scènes de la vie privée

Le colonel comte Chabert, grand-officier de la Légion d'honneur, laissé pour mort sur le champ de bataille d'Eylau, retiré par miracle de dessous un monceau de cadavres (Cf. l'aventure analogue racontée par le général Marbot dans ses Mémoires), après de longues misères en Allemagne, ne peut rentrer en France qu'après la chute de l'Empire. C'est un revenant. Il est depuis plusieurs années considéré comme mort, et personne ne peut reconnaître en ce vieillard défait l'héroïque officier de l'Empire. Cependant il s'obstine à recouvrer son identité sociale. Sa femme, partie de rien, très ambitieuse et sèche, s'est remariée au comte Ferraud, un favori de Louis XVIII, dont elle-même est la maîtresse, Le colonel essayera de faire valoir ses droits sur elle. Mais, malgré le dévouement de l'avoué Derville, et bien qu'il lui soit possible de se faire reconnaître, le colonel renonce à la lutte. 

Avec un art psychologique admirable, Balzac a su amener son héros juste au point où il ne lui faudrait plus qu'un peu d'insistance pour qu'il achève de reconquérir sa situation dans le monde; mais la révélation de la bassesse morale de sa femme brise chez lui le ressort du vouloir. L'instinct qui pousse tout homme à persévérer dans son être acquis, à le revendiquer si on le lui a volé ou s'il lui est échappé, est démenti par une vérité plus profonde : Chabert abdique, parce qu'il a sondé, en cette épreuve, le fond ignoble de l'humanité; il a vu l'absurdité, l'horreur et le néant de toute la comédie sociale. Notez que Balzac a voulu en faire « un enfant d'hôpital », sans aucune attache héréditaire, et dont toute la vie ne fut qu'une aventure. Cette âme héroïque et usée s'engourdit dans l'hébétude d'un renoncement total; il consent à son suicide social; et il meurt lentement dans un hospice.

Balzac a remanié en 1835 ce beau conte, qu'il trouvait, en sa première forme, «-détestable, manquant de goût, de vérité ». C'est un chef-d'oeuvre. (J. Merlant).

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