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Centon (du
latin cento, habit fait de divers morceaux), pièce de poésie
composée en entier de vers ou de fragments de vers, pris de côté
et d'autre dans quelque auteur célèbre, et disposés
seulement dans un nouvel ordre qui leur donne un sons différent
de celui qu'ils ont dans l'original. Homère
et Virgile ont été principalement
mis à contribution par les auteurs de ces jeux d'esprit.
Parmi les centons virgiliens, on peut citer
le Chant nuptial d'Ausone, une Médée
d'Hosidius Géta (publiée dans le t. VII des Poetae latini
minores de Lemaire), des Vies de J.-C., composées par
Proba Falconia à la fin du IVe siècle,
et, plus tard, par Étienne de Pleurre, chanoine régulier
de St Victor de Paris. Les frères Capilupi ont fait plusieurs poèmes
latins en centons. Au XVIIe siècle,
Morhof composa sa Lanx satura, 1657, en mettant à contribution
Virgile, Stace et Claudien;
Raoul Fournier, dans son Cento-christianus (1644), fit chanter à
Ovide
les miracles du christianisme; Bernard Ramazzini adressa à Louis
XIV, en 1677, un centon virgilien De bello Siciliae, où
il célébrait les victoires de Duquesne.
On a fait aussi des centons latins en prose.
Les Politiques de Juste-Lipse sont un assemblage de morceaux empruntés
à divers auteurs. (G.). |
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