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Cartulaires,
en latin Chartularia, recueils de chartes.
On en distingue de trois sortes :
1° ceux qui sont composés
de titres originaux ou de copies authentiques; tel est le cartulaire
de Turin
connu sous les noms de Chrysobullae et d'Argyrobullae;
2° ceux qui ne contiennent que de simples
copies dépourvues de toutes les formalités juridiques; il
faut se garder de les rejeter sous ce prétexte, puisque, à
l'époque où ils ont été composés pour
la plupart, ces formalités n'étaient pas d'usage;
3° ceux où les chartes ne sont
rapportées que par extrait et sous la forme de récit; ils
méritent à tout le moins la même créance que
les chroniques.
D'après Mabillon, ce serait un moine
de l'abbaye de St-Bertin, sur la fin du Xe
siècle, qui serait l'auteur du plus ancien cartulaire connu. Maffei
cite comme célèbres entre tous par leur antiquité
et leur importance le cartulaire du Mont-Cassin ,
ouvrage de Paul Diacre, celui de l'abbaye de Farfa (de l'an 1080), et le
recueil, dressé en 1200 par le camérier Cencio, des titres
concernant les cens et autres droits de l'Église romaine. On doit
citer au nombre des plus précieux cartulaires de France les registres
de Philippe-Auguste ( Léopold
Delisle, Catalogue
des actes de Philippe-Auguste, Paris 1856).
Ce serait une erreur de croire qu'aucun
système n'a présidé à l'arrangement des pièces
dans les cartulaires : on y suit habituellement un ordre chronologique,
On y distingue assez généralement aussi les bulles des papes,
les privilèges des empereurs, rois ou ducs, les chartes des évêques
et des grands seigneurs, les donations des particuliers. L'autorité
des cartulaires a été attaquée par de savants critiques,
Richard Simon, le P. Hardouin et le docteur Lannoy; mais elle a été
victorieusement défendue par Mabillon et les auteurs du Nouveau
Traité de diplomatique. (C. de B.).
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En
bibliothèque - La Bibliothèque
nationale possède un grand nombre de cartulaires; la liste en a
été, publiée par Louis Pâris dans une édition
de Leprince, Essai sur la Bibliothèque du roi. On voit aux
Archives nationales, la plupart des cartulaires des églises du diocèse
de Paris,
et, dans les archives des départements, ceux des maisons religieuses
comprises dans leur circonscription et supprimées à la Révolution.
Le catalogue des cartulaires conservés dans les archives départementales
de la France a été publié par les soins du gouvernement.
Avant 1789, on avait imprimé en totalité ou par extraits
les cartulaires des abbayes de Murbach ,
d'Andlau, de Wissembourg ,
de Ste-Bénigne de Dijon, de St-Sylvain d'Auchy. M. Guérard
a publié ceux de St-Père de Chartres,
de St-Bertin, de Notre Dame
de Paris, de St-Victor de Marseille; M. Ach. Deville, celui de Ste-Catherine
de Rouen; M. A. Bernard, celui de Savigny; M. Ed. de Barthélemy,
celui de St-Étienne de Châlons-sur-Marne; M. Marchegay, ceux
de St-Maur-sur-Loire, de St-Florent de Saumur ,
de Notre-Dame du Breuil et de Notre-Dame-de-la-Charité à
Angers,
etc. |
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Cartulaires ou protocoles,
nom donné autrefois aux registres des notaires. Ils étaient
de deux sortes les Imbreviaturae ou Libri brevium notarum,
courtes notes rédigées en présence des parties, chargées
d'abréviations et d'etc., et ne contenant que la minute ou le précis
des actes, c.-à-d. les noms des parties et des témoins avec
les clauses essentielles des contrats; les Libri extensarum, où
les actes étaient transcrits tout au long, avec d'interminables
formules de style. C'est d'après ces derniers qu'on délivrait
les expéditions ou les grosses. L'usage de conserver les cartulaires
existait dans le midi de la France dès le milieu du XIIIe
siècle; en 1304, une ordonnance de Philippe
le Bel en fit une obligation.
On appelait encore Cartulaires les recueils
de formules d'actes à l'usage des notaires et des greffiers, ainsi
que les registres où les officiers municipaux inscrivaient les contrats
passés devant eux. Ces registres peuvent faire connaître la
valeur des terres, denrées, marchandises et monnaies aux diverses
époques. (A19). |
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