 |
Les Bourgeois
de Molinchart, roman de Champfleury (1855).
L'auteur y met on scène une série de personnages ridicules
: vieilles filles acariâtres, avoués grotesques, archéologues
tombés en enfance, au milieu desquels est obligée de vivre
une jeune femme belle, sensible et spirituelle, qui a eu le malheur d'épouser
un mari aussi épais de corps que d'esprit, et pour lequel tout ce
qui fait son charme est lettre close. Tout se ligue contre sa vertu la
stupide conduite de son mari, les vexations quotidiennes que lui inflige
sa belle-soeur, bigote jalouse, aux yeux de laquelle elle a volé
l'héritage que lui aurait laissé le frère, s'il était
resté célibataire. La jeune femme finit par succomber. Les
hésitations, les combats, les chutes, les remords de cette âme
fière et fragile sont retracés avec un art tout à
fait délicat. Deux parties marchent ainsi de front dans ce livre
: le draine et la caricature, le développement d'une donnée
touchante et un tableau quelque peu chargé des moeurs bourgeoises
en province. (NLI). |
|