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Les
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| Berte aus grans
piés. - Un des romans des Douze
Pairs (cycle carolingien Berta mater Caroli Magni. D'après le roman, Berthe était
fille de Flores, roi de Hongrie La fausse Berthe feint d'être malade, pour ne se point montrer; mais Blanchefleur pénètre dans l'appartement de la reine, et déclare que ce n'est pas sa fille. Margiste est brûlée vive, Tybers est pendu à Montfaucon, et Aliste enfermée dans un couvent. Le roi fait chercher Berthe, mais en vain, dans tout le pays du Mans. Enfin, pendant une chasse, il rencontre une belle jeune fille, qui, pour échapper à ses poursuites, s'écrie : "Ne touchez pas à la femme de Pépin; je suis la fille du roi Flores!" Par ordre de Pépin, Symon questionne Berthe; mais elle déclare que ce qu'elle a dit est faux, et qu'elle l'a inventé pour sauver son honneur. Pépin envoie un courrier en Hongrie : Flores et Blanchefleur arrivent au Mans. Ils entrent dans la maison de Symons; Berthe se jette à leurs pieds; elle est enfin reconnue, et reprend sa place auprès de Pepin. Le roman de Berte aus grans pies fut composé par le roi (des ménestrels) Adenès ou Adam, qui vivait dans la deuxième moitié du XIIIe siècle. Il est écrit en vers de douze syllabes; les couplets sont monorimes. II n'y a dans ce poème aucun artifice de composition; les événements sont racontés avec une grande simplicité, et dans l'ordre où ils se sont succédé. Ce qui en fait le charme, c'est la candeur, l'abandon naïf du poète, qui ne laisse échapper aucune occasion d'exprimer sa colère contre l'orde vieille (Margiste), la fausse royne (Aliste) et le faux Tybers; pour eux il n'a pas assez d'imprécations. Mais avec quelle pitié, quelle tendresse il parle de Berthe! Avec quelle complaisance il raconte ses malheurs et sa vertu! De la ces répétitions qui, excusables dans un roman destiné à être chanté, seraient de véritables défauts dans un poème régulier. Le roman de Berte aus grans piés a été publié par Paulin Paris en 1832. On a supposé qu'il était une allusion aux malheurs de la reine Marie de Brabant, séparée longtemps de Philippe III le Hardi par les intrigues de Labrosse. (H. D.). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.