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Depuis que des
génération d'humains se succèdent, il y a toujours
eu des anciens et des modernes, et les modernes se sont toujours souvenus
des anciens pour les louer ou les blâmer, les dénigrer ou
les exalter, les imiter ou s'appliquer à faire autrement qu'eux.
C'est une ample matière d'admiration et d'envie; c'est surtout une
source précieuse d'émulation, et une cause de progrès,
si, d'un côté, le respect n'aboutit pas à une imitation
servile, et si, de l'autre, le mépris n'amène pas à
négliger des études fécondes. Cet esprit de critique
et d'indépendance permit aux Grecs d'avoirr des poètes tragiques
après Eschyle, Sophocle
et Euripide, des orateurs après Démosthène,
des philosophes après Platon et Aristote,
des historiens après Thucydide. Il vint
un temps où les modernes ne valurent pas les anciens : l'école
d'Alexandrie
fut inférieure à celle d'Athènes ,
et le siècle des Antonins à celui
des Ptolémées; mais mieux vaut
encore pâlir que s'éteindre, et dégénérer
que périr. Plus tard l'esprit d'admiration et d'imitation fut étouffé
par l'esprit d'érudition, de commentaire et de compilation il n'y
avait plus de modernes, plus de vivants. C'est que la Grèce
finissait.
A Rome ,
les mêmes faits se représentent, mais plus nettement. Il y
eut, dans la littérature romaine,
deux antiquités : pour les écrivains du temps d'Auguste,
les anciens furent les écrivains du temps de la République;
loués par Cicéron, ils furent exaltés
encore après lui par des admirateurs nombreux et passionnés.
A Virgile, Horace, Varius
et Pollion, on opposait Ennius,
Lucilius, Accius, Pacuvius et Catulle.
Plaute
et Térence, n'ayant point de successeurs,
n'avaient pas de rivaux. Tous les vieux poètes demeurèrent
jusqu'à la fin chers à beaucoup de Romains,
et durèrent autant que l'Empire. Mais les contemporains d'Auguste
devinrent des anciens à leur tour, et, dès le temps de Néron,
une école nouvelle s'étant formée sous les auspices
du prince et des Sénèques, le public lettré se partagea.
Cette division se perpétua de génération en génération.
Horace, Perse, Pline le Jeune,
Tacite,
Denys
d'Halicarnasse et Quintilien nous ont
transmis l'histoire incomplète de cette querelle sans cesse renaissante
sur les anciens et les modernes, querelle où les anciens avaient
toujours l'avantage. Les partisans les plus inflexibles et les plus exclusifs
de l'Antiquité
ne pouvaient se défendre d'être de leur siècle : anciens
par leurs jugements, ils étaient plus ou moins modernes par l'esprit
et par le style.
Dans les Temps modernes, dans l'histoire
des littératures issues de peuples
nouveaux et de langues nouvelles, la question se reproduisit, nais elle
changea de face et devint plus grave : l'Antiquité, pour nous, c'est
le monde grec
et romain .
Or, les Grecs et les Romains ne sont pas seulement pour nous des Anciens,
ils sont, de plus, des étrangers : nous sommes divisés ou
opposés par l'origine, par le langage, par les moeurs civiles et
politiques, par la religion. Cependant la scission n'éclate que
bien tard; et encore, dans la pensée et les ouvrages de ceux qui
la provoquèrent et l'accomplirent, comme dans l'esprit de ceux qui
y mirent obstacle, la. question fut le plus souvent toute littéraire.
C'est en France
qu'elle s'est presque entièrement débattue; la querelle fameuse
dite des Anciens et des Modernes, et qu'on dirait plus justement sur les
Anciens et les Modernes, a occupé presque tout un siècle
et deux générations d'écrivains.
Les peuples modernes avaient eu l'Antiquité
pour nourrice et pour maîtresse : pendant le Moyen âge ,
pour parler surtout des peuples du midi, ils avaient lentement formé
sur elle leur esprit, leur langue, leur littérature et leurs lois.
A mesure que le monde ancien reparaissait, la lumière se faisait
dans le monde nouveau, et il semblait que de l'antiquité venait
toute la lumière. Il y eut un moment où cette Antiquité
parut se révéler tout entière, et la société
moderne fut éblouie; elle crut renaître; si elle avait pu,
elle fût morte à elle-même pour se faire antique. On
profita du moins des anciens : le goût se forma, les langues se polirent,
les esprits fécondés produisirent des chefs-d'oeuvre, et
bientôt on en vint à se demander si l'on n'avait pas déjà
égalé, surpassé même les modèles tant
admirés, tant imités, si l'on avait raison de les admirer
tant, si l'on faisait bien de les étudier et de les imiter toujours.
L'Italie
était alors en avant; elle avait déjà Pétrarque,
Dante,
Boccace,
Arioste, le
Tasse : ce
fut elle qui protesta la première contre la prééminence
et la domination de l'Antiquité .
Après avoir comparé les italiens entre eux, le Tasse à
Arioste, on comparait l'Italie à Rome
et à la Grèce ,
et on déclarait que Rome et la Grèce étaient surpassées.
Ainsi jugeait Alexandre Tassoni (Questions philosophiques, 1601-1612;
Pensées diverses, Xe partie,
1620). Le livre fit du bruit en Italie; il passa même les Alpes,
et trouva pour traducteur un membre de l'Académie
française, Jean Baudoin. Le 26 février 1635, l'abbé
de Bois-Robert, dans un discours plein d'irrévérence,
vint dénoncer à l'Académie les Anciens, et commença
devant elle le procès d'Homère.
Mais la France
n'était pas prête encore; il fallait attendre au moins que
les beaux esprits qui devaient rivaliser avec les anciens eussent terminé
ou avancé leur oeuvre. Plus tard, la question fut reprise par Desmarets
de Saint-Sorlin.
Desmarets déclara que, depuis le
commencement, Dieu
créait les hommes pareils, et que les Modernes, par cette seule
raison, étaient les égaux des anciens; il ajouta que la vérité
divine ayant été révélée aux humains
par Jésus, les modernes, en vertu du christianisme,
étaient supérieurs à l'antiquité paienne; il
soutint que la Bible
était, pour la poésie, des sources
mille fois plus riches que la mythologie grecque .
Il joignait l'exemple au précepte, et écrivait des poèmes
pour justifier ses théories, des discours et des préfaces
pour justifer ses poèmes (Marie-Madeleine, poème,
1669; - Traité pour juger les poètes grecs, latins et
français, 1670; - Clovis, poème héroïque,
avec un Discours pour prouver que les sujets chrétiens sont seuls
propres à la poésie héroïque; 1673; - Défense
du poème héroïque, 1674).
Boileau lui répondit
par des épigrammes. Cependant, la
doctrine nouvelle faisait du bruit. La Mythologie ,
défendue par Boileau (Art poetique, III), par J.-B. Santeuil
et par Corneille, trouvait de nombreux adversaires.
La langue latine elle-même était
attaquée (Charpentier, De l'excellence de la langue française,
1683), et le français lui disputait
l'honneur de s'inscrire sur les monuments et les médailles. Le P.
Bouhours essaya d'intervenir (Entretiens d'Ariste et d'Eugène,
1671). La politesse des esprits, disait-il, passe d'un siècle et
d'un peuple à l'autre, selon la loi mystérieuse de la Providence.
C'était une idée philosophique et conciliatrice, mais qui
ne suffisait pas à résoudre la question entre les Anciens
et lesModernes. D'un autre côté, le juge voulait ménager
les deux partis il ne put ni les accorder ni les satisfaire; la guerre
continua.
Desmarets était
mort (1676), mais il avait laissé des héritiers. Dans cette
nouvelle période, les deux chefs les plus importants du parti des
Modernes furent Fontenelle et Charles
Perrault. Comme neveu de Corneille, Fontenelle n'aimait pas Racine;
comme auteur d'Aspar, il en voulait à Boileau;
de plus, il était philosophe et géomètre: précurseur
des encyclopédistes, il devait incliner aux idées nouvelles.
Il ne s'y laissa pourtant glisser que peu à peu, et sa plus grande
erreur fut de juger la question en philosophe. L'humanité lui paraissait
être en progrès plutôt qu'en décadence; l'avancement
de la morale, de la métaphysique
et des sciences le disposait à croire à celui des lettres.
Les hommes de tous les siècles, disait-il, sont faits de même
manière; mais ils s'instruisent avec le temps, les derniers venus
en savent plus que les premiers; nous avons plus d'idées que les
anciens, nous devons donc leur être supérieurs en toutes les
choses de l'esprit, et, pour paraître au-dessus des anciens, peut-être
il nous manque seulement d'être des anciens nous-mêmes; il
ne faut qu'avoir patience, et, par une longue suite de siècles,
nous deviendrons les contemporains des Grecs
et des Latins; alors il est aisé
de prévoir qu'on ne fera aucun scrupule de nous préférer
hautement à eux sur beaucoup de choses ( Description
de l'Empire de la Poésie, - Dialogues des Morts, - Réflexions
sur la Poétique, - Essai sur l'Églogue). Mais le rôle
de chef de parti ne convenait ni à son esprit, ni à son caractère,
également tempérés; il en laissa les soins, l'honneur
et les périls à Perrault. Celui-ci avait préludé
de bonne heure à la guerre qu'il fit plus tard aux anciens; écolier,
il s'affranchit du colIège et des études, régulières,
et sa première oeuvre fut une parodie
de l'Enéide .
Plus tard, enfin, il composa un poème
chrétien (Saint Paulin, 1675), et sembla s'attacher ainsi à
l'école de Desmarets. Toute sa famille,
d'ailleurs, semblait prédestinée aux épigrammes de
Racine
et aux satires de Boileau.
Pierre
Perrault eut le malheur de faire l'apologie de Quinault
et la critique d'Euripide : Racine lui répondit
par la préface d'lphigénie. Claude eut querelle avec
Boileau, et l'on sait comment l'auteur de l'Art poétique
a raconté son histoire (ch. IV). Charles avait été
choisi par Desmarets mourant pour défendre après lui la poésie
du christianisme et les -droits du génie
moderne. Cet appel sembla longtemps n'avoir pas été entendu.
Mais, en 1687, Perrault se déclara. Il lut devant l'Académie
son poème du Siècle de Louis le Grand, et, l'année
suivante, il publia les Parallèles. Le nouveau livre n'apportait
pas une seule idée nouvelle; on y retrouvait les idées de
Fontenelle,
plus franchement avouées, celles de Desmarets exprimées en
un plus agréable langage; encore laissait-il de côté
toute la question religieuse, et ne parlait pas de la supériorité
littéraire du christianisme sur les fables païennes. Tout se
réduisait à établir que les hommes du siècle
présent valaient bien ceux des siècles de Périclès
et d'Auguste; que l'humanité avait appris
beaucoup de choses nouvelles sur la philosophie, les sciences et les arts;
que le goût était tout aussi bon qu'autrefois, et que lesoeuvres
modernes, dans les lettres aussi bien que
dans la peinture ,
la sculpture
et l'architecture ,
étaient supérieures aux oeuvres antiques : Versailles
et le Louvre ,
les tableaux de Lebrun, etc., défiaient
toute l'Antiquité ;
Corneille,
Racine et Boileau, ces partisans désintéressés des
anciens, étaient plus parfaits que ceux qu'ils voulaient bien appeler
leurs maîtres.
Ce langage ne réussit pas à
séduire Racine ou à désarmer
Boileau;
mais il devait être bien accueilli par le public, assez juste pour
apprécier les oeuvres contemporaines, trop peu instruit pour juger
Athènes
et Rome .
On trouvait un contentement naturel à croire qu'on ne redevait rien
aux siècles passés. La ville et la cour, les femmes, furent
presque entièrement pour Perrault; des hommes de lettres, des savants
même, le Journal de Trévoux ,
le Mercure galant, Basnage et Bayle, soutenaient
son parti, ou penchaient vers ses opinions. Dacier
(Préface du VIe volume de la traduction
d'Horace), Longepierre (Discours sur
les Anciens, 1687), Huet, évêque d'Avranches, soutenaient
seuls, avec l'Université, la cause des Latins
et des Grecs; et ils la défendaient
mal. Boileau se résolut à frapper un grand coup, et, en 1694,
il donna ses Réflexions sur Longin, il répondait aux
Parallèles.
Il y faisait d'ailleurs la critique de Perrault
plutôt que l'apologie des anciens: la critique était facile,
d'autant plus que Boileau ne s'attaqua pas aux idées et au système,
mais aux jugements, aux fautes matérielles, aux détails.
Quant à l'apologie, Boileau pensait qu'elle était inutile
: Perrault convaincu d'ignorance au préalable, les anciens étaient
hors de cause; et l'affaire mise à néant. Perrault ne se
tint pas pour convaincu; mais un médiateur s'interposa : ce fut
le grand Arnauld. Les deux adversaires tirent la paix, l'année même
où avaient paru les Réflexions sur Longin. Cependant
la réconciliation personnelle des chefs ne mit pas les partis d'accord.
Au fond, la question n'était pas résolue, et la guerre ne
tarda pas à se rallumer.
En 1699, Mme Dacier,
pour convaincre les incrédules et éclairer les ignorants,
avait traduit l'Iliade ,
en faisant précéder sa traduction d'une Préface
où elle combattait les anciens ennemis d'Homère.
Elle voulait faire comprendre et admirer le vieux poète; elle pensait,
comme Boileau, que, si l'Antiquité
était mal jugée, c'est qu'elle était mal connue, et
que la faute en était aux traducteurs. Mais l'esprit et le goût
du temps n'avaient rien d'antique; Mme Dacier s'en aperçut bien,
lorsque, en 1713, La Motte publia à son tour une traduction de l'Iliade;
pour faire admirer un peu Homère, il l'avait arrangé au goût
du temps, corrigé et considérablement abrégé.
Les XXIV chants étaient réduits à XII, et des vers
d'Homère il avait soigneusement éliminé la poésie,
pour mettre dans les siens la plus grande quantité possible de philosophie
morale. Le P. Hardouin lui répondit (Apologie d'Homère,
1716) : Il admirait Homère sans le critiquer ni le corriger, mais
il le comprenait singulièrement. A l'entendre, l'Iliade était
une allégorie dont personne n'avait
encore pénétré le sens : tout y était abstraction
et symbole; chaque l'ait, chaque divinité, chaque héros,
chaque expression cachait un mystère, une idée philosophique,
scientifique, religieuse ou morale; et c'était là ce qu'il
fallait admirer dans Homère.
Dans le même temps parut un livre
posthume de d'Aubignac (Conjectures académiques
sur l'Iliade, 1715), où le bon abbé déclarait
que cet Homère, qui depuis deux mille ans
suscitait tant d'enthousiasme, tant de critiques, tant de combats, était
un personnage idéal et n'avait jamais existé. L'Iliade
et l'Odyssée ,
disait d'Aubignac, n'étaient rien qu'un recueil de chants héroïques,
oeuvre isolée des vieux aèdes, transmis
longtemps de génération en génération par les
rapsodes, et rassemblés par Lycurgue ou Pisistrate.
On les avait appelés poèmes d'Homère, d'un mot qui,
en grec, signifiat aveugle, parce qu'ils
étaient le plus souvent chantés aux portes et sur les places
par des aveugles. L'abbé Terrasson, enfin, prit de son côté
les armes, non contre la personne d'Homère, mais contre ses oeuvres
(Dissertation sur l'Iliade, 1715; - la Philosophie applicable
à tous les objets de l'esprit et de la raison, 1754). Au nom
de la logique et de la morale, il critiqua et condamna l'Iliade
et l'Odyssée; au nom de la liberté
et du progrès, il protesta contre l'asservissement
à l'Antiquité ;
il convia la poésie à travailler à l'amélioration
des humains, et traça les règles qu'elle devait suivre pour
arriver à cette fin si désirable.
La Motte trouvait donc des auxiliaires;
et les Jésuites, les femmes, les journaux,
le soutenaient comme ils avaient soutenu Perrault.
Rollin
presque seul, représentant l'Université, élevait la
voix en faveur des anciens (Traité des Etudes, t. I, 1. si,
ch. 1) Quelques-uns essayèrent d'intervenir; Jean
Boivin d'abord, professeur de langue grecque;
puis le P. Buffier, qui ne fut ni plus hardi
ni plus heureux que le P. Bouhours, son prédécesseur;
puis Fourmont, un autre professeur du Collège
de France. L'intervention de Fénelon lui-même
ne termina point la querelle. Dès l'année 1714, il avait
adressé à l'Académie cette Lettre où, à
propos des occupations de l'illustre compagnie, il passe en revue tant
de genres et de questions littéraires. Nul ne sentait et n'admirait
mieux l'Antiquité; nul ne jugeait plus sévèrement
les Modernes; et dans sa Lettre on peut retrouver sa pensée; mais
on peut aussi ne pas l'y reconnaître, tant elle se ménage,
s'atténue et se dérobe. Les deux partis crurent l'avoir pour
allié.
Mme Dacier avait
porté seule presque tout le poids de la guerre. Elle avait répondu
à La Motte, au P. Hardouin, à l'abbé Terrasson (Des
causes de la corruption du goût; - Préface à la traduction
de l'Odyssée, 1714-1716). Contre tous et presque en tout elle
avait raison; mais, contre La Motte surtout, elle se donna tort quelquefois
par le ton de sa polémique; et la courtoisie spirituelle de La Motte,
opposée à la rude simplicité de son adversaire, put
contribuer à faire croire au public que le siècle de Louis
XIV avait en effet plus de politesse que celui de Périclès
et d'Auguste.
Comme en 1694, la paix se fit entre les
deux champions (1716), sans qu'on sût bien à qui restait la
victoire. Il n'y eut pas de trait; un traité, d'ailleurs, n'eût
sans doute pas assuré la paix pour longtemps. Quand les faits ou
les principes opposés sont permanents, leur lutte aussi n'a pas
de fin. Sous d'autres noms, sous d'autres formes, on a vu depuis se renouveler
ces débats. Mais c'est ici que se termine ce qu'on appelle dans
l'histoire littéraire de la France
la querelle des Anciens et des Modernes. Elle tint une grande place en
France; elle passa même la Manche et, portée par Saint-Évremond
en Angleterre ,
elle intéressa toute la société anglaise, y suscita
de vifs combats, des travaux remarquables, des oeuvres brillantes, de W.
Temple (Essai sur le savoir des Anciens et des Modernes; - Pensées
sur les Anciens et les Modernes), de Wotton (Réflexions sur
le savoir des Anciens et des Modernes), de Bentley
(Dissertation sur les lettres de Phalaris), de Boyle
(Examen de la Dissertation du Dr Bentley sur les lettres de Phalaris),
et de Swift (Conte du Tonneau, la Bataille des
livres, l'Art de ramper en poésie).
La querelle sur les Anciens et les Modernes
n'a pour nous qu'un intérêt médiocre, quand nous la
prenons comme ceux qui s'y mêlèrent la prenaient eux-mêmes;
c'était une question de goût et d'érudition, posée
trop souvent entre ceux qui ignoraient l'Antiquité
et ceux qui la connaissaient, ou bien entre ceux qui avaient le goût
bon et ceux qui l'avaient mauvais. De pareilles disputes n'ont pas de fin,
et on n'y apprend guère qu'à constater l'état littéraire
des esprits et les procédés des diverses polémiques.
Des deux parts, on laissa dans le problème et la solution beaucoup
de confusion et d'obscurité. (T. de B.). |
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