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Amadis de Gaule,
dit le Chevalier du Lion, le Beau Brun, le Beau ténébreux,
héros des romans de chevalerie, était fils de Périon,
roi fabuleux de France. Amadis joue en Espagne un rôle analogue à
celui du roi Arthur
en Angleterre et de Charlemagne
en France. Les aventures de ce prince n'ont rien d'historique; on ne sait
même précisément à quelle époque les
rapporter.
Le roman d'Amadis de Gaule, ou mieux
de
Galles, est un célèbre roman de chevalerie composé
vers le XIVe siècle par divers auteurs; il est en prose et comprend
24 livres, dont les 13 premiers en espagnol et les autres en français.
Les 4 premiers traitent seuls de l'Amadis de Gaule; les suivants
racontent les exploits de son fils Florissando et de plusieurs autres Amadis,
Amadis
de Grèce, Amadis de l'Étoile, Amadis de Trébizonde,
etc., tous issus du premier. En voici le contenu :
Amadis, enfant de l'amour, né de
Périon, roi fabuleux de Galles ou Gaulles, et d'Elisène,
fille de Garinter, roi de la Petite Bretagne, est exposé, dès
sa naissance, sur un fleuve; son berceau descend ainsi paisiblement jusqu'à
la mer, où il est recueilli par Gandales chevalier d'Écosse,
qui l'élève chez lui, sous le nom de Damoysel de la mer.
Le roi d'Écosse Languines, gendre de Garinter, frappé de
la bonne grâce de l'enfant, l'emmène à sa cour. Il
reçoit la visite de Lisvart, gendre du roi de Danemark, de Brisène,
sa femme, et de leur fille Oriane, d'une beauté accomplie. Lisvart
part pour la conquête de la Grande-Bretagne; Brisène et sa
fille demeurent en Écosse; pendant ce séjour, Amadis conçoit
la plus vive passion pour Oriane, qui l'accepte pour son chevalier. Alors,
sous le nom de Chevalier du Lion, pris de l'emblème qu'il portait
peint sur son bouclier, il part en quête des grandes aventures qui
doivent lui mériter la main de sa princesse. D'abord il conquiert
l'île Ferme, qui, entre autres merveilles, contient le palais d'Apollidon
et l'arc qui sert d'épreuve aux loyaux amants. Une belle princesse,
Briolanie, est remise par Amadis en possession de ses domaines. Ce service
allume la jalousie d'Oriane, qui lui défend de revoir Briolanie.
Alors, Amadis, au désespoir, renonce aux armes, et se retire dans
l'ermitage de la Roche-Pauvre, sous le nom de Beau Ténébreux.
Tout s'explique par les soins de la Damoyselle
de Danemark; Oriane s'apaise, et son Amadis protège le roi Lisvart
contre les entreprises du roi d'Irlande, Cildadant, et de plusieurs géants
ses alliés. Mais Lisvart le paye d'une telle ingratitude, que le
bon chevalier quitte la cour de la Grande-Bretagne pour se retirer auprès
du roi Périon, qui l'a reconnu pour son fils. II s'en sépare
bientôt pour recommencer ses prouesses, tantôt sous le nom
de Chevalier de la verde espée, tantôt sous celui du
Chevalier Grec. Dans cet intervalle, Catin, empereur de Rome, qui a ouï
parler de la beauté d'Oriane, envoie demander sa main, et elle lui
est accordée malgré les pathétiques prières
de la jeune princesse. Elle s'embarque; mais, pendant le trajet, Amadis
attaque la flotte romaine et s'en empare. Oriane, délivrée,
est conduite à l'Île Ferme; de là elle envoie à
son père d'humbles messages pour lui demander une réconciliation,
qu'il refuse durement, jusqu'au moment où Lisvart, délivré
par Amadis, Périon et leurs chevaliers, des embûches de l'enchanteur
Arcalaüs, et cédant à l'intervention du bon ermite Nascian,
consent enfin à unir les deux fidèles amants.
Le roman contient encore, comme épisodes,
les aventures des frères et des cousins d'Amadis.
On attribue généralement
au Portugais Vasco de Lobeira l'Amadis de Gaulles; mais c'est à
tort, car il circulait déjà en Espagne dès 1360. Ce
que l'on peut regarder à peu près comme certain, c'est que
Vasco écrivit, en 3 livres, une rédaction de l'Amadis,
auj. perdue. La seule version qui ait subsisté est celle de Garcia
Ordoñez de Montalvo, composée en langue espagnole vers 1495.
Et publiée à Salamanque en 1519. Elle forme 4 livres, et
n'est, suivant l'aveu d'Ordoñez, que le remaniement et le développement
d'un texte primitif, peut-être d'origine française : on y
trouve des imitations empruntées aux romans français de Tristan ,
de Lancelot du Lac ,
etc. Cervantes regardait l'Amadis d'Ordoñez
comme le meilleur roman de chevalerie; il marque le point précis
de liaison entre les compositions chevaleresques et les romanesques proprement
dites.
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En
bibliothèque - Les 4 premiers
livres du roman d'Amadis ont été publiés à
Séville en 1496.Une autre a été donnée à
Barcelone,
en 1848, en 4 vol. in-12, et en 1857, Madrid, dans la collection nationale
de Rivadeneyra, par M. de Gayangos. C'est une des meilleures sources de
la langue espagnole. En français, la première traduction
fut publiée par Herberay des Essarts, en 1548, et, en 1779, Tressan
en a donné une agréable imitation plutôt qu'une traduction.L'ouvrage
a également été mis en vers par Creuzé
de Lesser en 1813. La foule d'imitations ou de suites forme 25 volumes
in-16°. On doit à Baret de savantes
recherches sur l'Amadis de Gaule dans son De l'Amadis de Gaule,
et de son influence sur les moeurs et la littérature au XVIe et
au XVIIe siècle, Paris, 1853. in-8°. |
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