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Bréviaire
d'Alaric. - On appelle ainsi le recueil de lois
promulgué, au commencement du VIe
siècle, par
Alaric II, roi des Wisigoths,
pour régler la condition juridique des Gallo-Romains soumis à
sa domination. Les lois en vigueur dans les divers États, qui se
fondèrent en Gaule après les invasions du Ve
siècle, avaient un caractère personnel : au lieu de s'appliquer
a tous les habitants du même territoire, elles étaient spéciales
à chaque peuple; un Germain et
un Gallo-Romain, résidant dans la même ville étaient
régis, l'un par la loi germanique, l'autre par la loi romaine. Les
Gallo-Romains, qui formaient dans ces États la majeure partie de
la population, restèrent donc soumis, en principe, à la législation
sous laquelle ils vivaient avant l'invasion, c.-à-d. au droit théodosien.
Mais tandis que les rois francs laissèrent subsister sans modification
les textes législatifs promulgués par Théodose,
les rois wisigoths, que la civilisation romaine
avait pénétrés plus profondément et qui se
préoccupaient davantage des intérêts de leurs sujets
gallo-romains, firent rédiger pour eux un nouveau code de lois qui
modifiait en partie celui de Théodose. Il en fut de même chez
les Burgondes.
Ce code fut composé à Aire
en Gascogne ,
capitale du royaume wisigoth, par une commission de juristes, dont le travail
fut approuvé par l'assemblée des notables romains, ecclésiastiques
et laïques; il fut promulgué par Alaric
II en 506; les exemplaires officiels furent revêtus de la signature
du référendaire Anien. Dans les manuscrits qui nous sont
parvenus, il porte des noms divers :
Liber juris, Liber Aniani, Lex
romana, Breviarium. Comme l'indique ce dernier titre, qui a prévalu
dans l'usage, c'était essentiellement un abrégé ,
comprenant :
1°
des extraits et des résumés du code Théodosien
et des Novelles de Théodose et de ses successeurs jusqu'à
l'empereur Sévère;
2° des extraits
et des résumés des oeuvres des principaux jurisconsultes
romains du IIe siècle : Institutes
de Gaius, Réponses de Papinien, Sentences
de Paul;
3° quelques parties
de deux recueils non officiels de constitutions impériales : les
codes Grégorien et Hermogénien.
Tous ces textes, excepté les Institutes
de Gaius, sont accompagnés d'une interpretatio ou commentaire
officiel, qui est extrêmement précieux, parce qu'il nous fait
connaître les modifications que les lois romaines, avaient reçues
dans la pratique au commencement du VIe
siècle.
Le Bréviaire d'Alaric jouit
d'une grande faveur, non seulement dans le royaume wisigoth, mais dans
toute la Gaule
et même dans les pays voisins. Jusqu'au XIIe
siècle, c.-à-d. avant la diffusion en Europe
de l'œuvre législative de Justinien,
ce fut le texte de lois romaines le plus répandu, celui auquel font
allusion les formules d'actes et les chartes privées, quand elles
citent la lex romana. Il nous est parvenu un grand nombre de manuscrits
du Bréviaire, ainsi que des extraits ou abrégés
de ce recueil, qui furent composés dans le midi de la France
et en Suisse ,
aux VIIIe, et IXe
siècles (Summae legum ou Epitome d'Aegidius, Epitome
de Saint-Gall ,
Lex
romana Utinensis, etc.). (Ch. Mortet). |
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