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Adieu, d'Honoré de Balzac

Adieu, est  un  roman d'Honoré de Balzac, qui, dans la Comédie Humaine, est rangé dans les série des Etudes philosophiques. On peut s'étonner que le récit suivant n'ait pas été placé par Balzac dans les Scènes de la vie militaire. Il parut pour la première fois sous le titre de Souvenirs soldatesques, dans La Mode du 15 mai et du 5 juin 1830. Plus tard, il fut mis dans les Scènes de la vie privée, et c'est seulement en 1835 que Balzac le fit entrer dans les Etudes philosophiques.

Il se rattache en effet à une idée « philosophique » chère à Balzac : l'intensité de certaines douleurs morales ou de certaines joies produisant un « foudroiement » physique. La comtesse de Vandières est devenue folle. Rentrée miraculeusement en France, elle végète dans une morne hébétude. Elle ne reconnaît même plus Philippe de Sucy, qu'elle aimait, et dont elle a été séparée par le tragique événement qui suit. Philippe a l'étrange idée, pour lui rendre la raison, de provoquer chez elle une violente émotion, en offrant à ses regards une reconstitution, aussi fidèle qu'il la peut rendre, de la scène terrible qui l'a rendue folle. En effet, la conscience revient brusquement à la malheureuse, elle fond en larmes; mais tout à coup « elle se cadavérise comme si la foudre l'avait touchée », elle meurt en disant Adieu! à Philippe, qui se brûle la cervelle.

Balzac a pu se renseigner à bien des sources quand il a voulu peindre le passage de la Bérézina : par exemple dans l'Histoire de Napoléon et de la Grande Armée pendant l'année 1812, de Ph. de Ségur, qui avait été critiquée par Gourgaud : Napoléon et la Grande Armée, 1825. Le marquis de Chambray (un colonel d'artillerie) avait publié, en 1823, l'Histoire de l'Expédition de Russie; et Ed. de Solignac : La Bérezina, Souvenirs d'un Soldat de la Grande Armée.

Mais il s'était aussi documenté oralement, auprès des témoins et des acteurs de cette retraite légendaire; et il est fort possible que Stendhal lui ait fourni quelques traits.

Rappelons que la division Partourneaux avait pour mission de protéger le passage des troupes du maréchal Victor ; elle y réussit, nmais, au matin du 28 novembre, elle fut enveloppée par les Russes et anéantie.

Balzac ne s'est pas soucié de faire strictement besogne d'historien ; il a ramassé et amalgamé un grand nombre d'anecdotes de sources assurément très diverses, et qui se sont passées à des temps et en des lieux distincts. Son récit est une réduction composite, d'une très grande puissance tragiques. (J. Merlant).

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