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La Préhistoire
Le terme de préhistoire désigne à la fois les temps qui ont précédé l'utilisation de l'écriture (Histoire) et la discipline qui s'occupe de l'étude de cette période. En tant que discipline la préhistoire cherche ainsi à reconstituer la vie des populations anciennes qui n'ont pas laissé d'elles-mêmes de témoignage écrit. 

C'est donc en anthropologues, puis en archéologues que l'on doit d'abord les étudier. Mais ces sociétés vivaient entourées d'une faune et d'une flore spéciales, différentes de celles de nos jours. A ce point de vue, leur étude doit être faite en naturalistes. De plus, l'outillage et les technologies dont elles disposaient,rappellent suffisamment ceux de des populations actuelles étudiées par les ethnographes pour légitimer l'apport que peut être le regard de ces derniers. Enfin, les vestiges usagés de la vie de nos lointains prédécesseurs s'accumulant aux points ou ils vivaient et se superposant en même temps que sur eux se formaient des dépôts de sable ou de terre, c'est en géologues et en minéralogistes qu'il faudra également les observer. Tour à tour, le préhistorien devra donc faire appel à ces diverses compétences dont il devra posséder au moins les éléments nécessaires à ses études.

Le temps considérable qu'a duré la période préhistorique a été divisé en époques diverses se suivant régulièrement, toujours dans le même ordre et caractérisées chacune : 

1 ° par sa superposition sur les débris de l'époque antérieure, étant elle-même recouverte par ceux de l'époque postérieure; 

2° par une faune et une flore concomitantes, et se succédant d'étages en étages; 

3° par des industries caractéristiques (appelées des faciès) en pierre, os, corne ou ivoire, puis, plus tard, en cuivre, bronze, bronze et fer, puis fer seul variant également suivant les époques et se succédant suivant un ordre constant; 

4° par un type humain variable suivant chaque époque.

Ces époques sont les suivantes : époque paléolithique (palaios = ancien; lithos = pierre); épipaléléolithique ou mésolithique; néolithique (neos = nouvelle); âges des métaux Âge du cuivre ou Chalcolitique, du bronze et du fer). Puis l'on arrive à la Protohistoire, période charnière entre la Préhistoire proprement dite et l'Histoire : en Europe, elle correspond à de sociétés sans écriture mais qui ont déjà la maîtrise des métaux. Certaines de ces sociétés peuvent être contemporaines des populations historiques (par exemple, les « Barbares » à l'époque de Rome, typiquement le monde celte à partir de La Tène).

Le tableau suivant précise les principales subdivisions de ces différentes époques :
 

Paléolithique
1,2 million d'années- 12 000 ans

Industries de la pierre taillée.
Maîtrise du feu par H. erectus.

P. inférieur
2,8 million d'années - 300 000 ans

Australopithèques
Homo habilis
Homo erectus
Premiers Néandertaliens (Prénéandertaliens)

En Afrique : Oldowayen (2,8-1,6 millions d'années); galets taillés (peeble culture) : Outils à trancher (chopping tools), grattoirs (choppers)


En Europe : Abbevillien (ex-Préchélléen et Chélléen).


Acheuléen (1,4 millions d'années - 150 000 ans); outils bifaces, 
P. moyen
300 000 - 40 000 ans

Néandertaliens
Premiers Homo sapiens

A la charnière du Paléolithique inférieur et du Paléolithique moyen : Yabroudien (350 000 et 200 000 ans), Clactonien (400 000 à 200 000 ans), Tayacien (440 000 et 350 000 ans).


Moustérien (150 000 - 40 000 ans)
Inhumation des morts, rites funéraires.
P. supérieur
40 - 12 000 ans
Grottes ornées
Castelperronien, Périgordien (40 - 35 000 ans)


Aurignacien (38- 29 000 ans)
Outils en os, massues, "Vénus" sculptées,  Altamira, grotte Chauvet. 


Gravettien (29 - 22 000 ans)
Grotte Cosquer.


Solutréen (22 - 19 000 ans)


Badegoulien (19 - 16 000)


Magdalénien (16 - 12 000 ans)
Lascaux.
Mésolithique ou Epipaléolithique
12000 - 8000 ans

Microlithes. Invention de l'arc. Haches, pioches. Poterie. Début de la domestication des animaux.

Azilien
et Laborien
(12-10000 ans)
A. inférieur


A. supérieur
Campinien Tardenoisien


Maglemosien
Néolithique
8000 - 4000 ans

Industries de la pierre polie. 
Agriculture; sédentarisation.

Début des grandes civilisations urbaines (Mésopotamie, Egypte, vallée de l'Indus, etc.).

Robenhausenien -
Carnac
Mégalithes
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Protohistoire
4000 ans - temps historiques

Ages des métaux.

Chalcolithique (âge du cuivre). -
Age du bronze
Début de la métallurgie.
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Age du fer Hallstattien (Hallstatt, Autriche)


Epoque de La Tène (Suisse).
Protohistoire tardive -

Les noms des subdivisions renvoient souvent à ceux de localités typiques pour la découverte d'objets des diverses époques : Chelles (Seine-et-Marne), Saint-Acheul (Amiens, Somme), Le Moustier (Dordogne), Aurignac (Haute-Garonne), Solutré près de Mâcon (Saône-et-Loire), La Madeleine (Dordogne), Mas d'Azil (Ariège), Fère-en-Tardenois (Aisne), Le Campigny (Seine-maritime), Robenhausen (lac de Pfeffikon, Suisse). Ces subdivisions peuvent pour une part s'entendre en un sens purement chronologique (à condition de ne considérer leur valeur que pour une région donnée), mais avant tout elles correspondent à des types de culture technique - des faciès culturels -, et doivent donc se comprendre comme des termes d'anthropologie sociale. L'Acheuléen, par exemple, correspond en Europe à une période qui commence il y a 700 000, mais la technologie qui sert à définir l'Acheuléen (notamment la fabrication d'outils bifaces), commence 700 000 ans plus tôt en Afrique. 

Quelques-uns de ces divers étages peuvent manquer en un point déterminé, mais pour le Paléolithique la superposition générale est toujours la même, tout au moins dans toute l'Europe. 

La lignée humaine. L'hominisation

Les Humains (Homo sapiens) sont, de nos jours, la seule espèce du genre Homo. Ce genre commence a être attesté il y a environ 2,8 millions d'années avec une espèce nommée Homo habilis, et se range dans la super-famille des Hominoïdes ou Singes anthropomorphes, à laquelle appartiennent aussi les Gibbons, les Orang-Outans, les Gorilles et les Chimpanzés. Sur le plan phylogénétique, les Gorilles et les Chimpanzés sont les parents les plus proches des Humains. La lignée des Gorilles s'est différenciée de celle des Chimpanzés et des Humains il y a environ 10 millions d'années. Celle des Chimpanzés s'est distinguée de celle des Humains il y a plus de 7 millions d'années, c'est-à-dire encore au Miocène. C'est le début du processus appelé l'hominisation.

Ardipithèques et apparentés.
A l'heure actuelle, les plus anciens représentants de la lignée dont est issue le genre Homo sont  : Sahelanthropus tchadensis (Toumaï), vieux de près de 7 millions d'années, et Orrorin Tugenensis (Orrorin), qui vivant il y a environ 5,8 millions d'années. 

Orrorin est contemporain des premiers Ardipithèques, qui marquent l'apparition de la bipédie : Ardipithecus kadabba (de 5,8 à 5,2 millions d'années), suivi par Ardipithecus ramidus (il y a environ 4,3 millions d'années). 

Les Australopithèques.
C'est vers cette époque (au Pliocène, donc) qu'apparaissent les premiers Australopithèques (Australopithèques graciles), dont les derniers seront contemporains des premiers Homo habilis  : Australopithecus anamensis (entre 4,2 et 3,7 millions d'années) suivi d'Autralopithecus afarencis (Lucy, entre 4 et 2,9 millions d'années), Australopithecus bahrelghazali (Abel, de 3,5 à 3 millions d'années, dans les plus anciens représentants sont contemporains du Kenyanthropus platyops), Australopithecus africanus (de 3,4 à 2,6 millions d'années environ) et Australopithecus garhi (2,6 millions d'années).

Les Paranthropes.
Les dernières espèces du genre Australopithecus contemporaines des premiers Homo sont appelées Paranthropes (certains auteurs font un genre distinct nommé Paranthropus) ou Australopithèques robustes. Ils dérivent des l'Australopithecus afarensis. On nommera : Australopithecus aethiopicus (2,7 à 2,3 millions d'années), Australopithecus boisei (2,4 à 1,2 million d'années) et Australopithecus robustus (1,8 à 1,5 million d'années).

Les Humains proprement dits.
Homo rudolfensis et Homo habilis.
Le genre  Homo, succédant aux derniers Australopithèques graciles (Au. africanus et Au. Garhi) se présente d'abord sous la forme de deux espèces, Homo rudolfensis (de 2,4 à 1,7 million d'années) et H. habilis (2,4 à 1,6 million d'années), auquel on attribue les industries oldowayennes. Ces espèces sont encore partiellement arboricoles et leur appartenance au genre Homo est parfois contestée.

Homo ergaster.
Homo ergaster (de 1,9 à 1 million d'années), se rapproche davantage de l'Homme moderne par ses caractéristiques physiques, et par des aptitudes techniques plus grandes (industrie acheuléenne), maîtrise de la chasse. On lui attrbue aussi la maîtrise du langage articulé. C'est aussi la première espèce du genre Homo à quitter l'Afrique pour se répandre en Asie et en Europe.

Homo erectus.
Homo erectus (1 million d'années à 300 000 ans) était répandu principalement en Asie où il a pris la suite d'Homo ergaster. On en distingue couramment plusieurs sous-espèces, notamment : Homme de Java (Pithécanthrope), de Yuanmou, de Pékin (Sinanthrope), de Nankin, de Lantian, de Solo, et, en Europe, de Tautavel.

Homo antecessor.
Homo antecessor (de 1,2 million d'années à 700 000 ans), qui semble pouvoir être dérivé d'Homo ergaster, fait aussi partie, comme l'Homo erectus, de la grande vague de peuplement de l'Eurasie il y a près d'un million d'années, et serait la première espèce humaine ayant peuplé l'Europe.

Homo heidelbergensis.
C'est d'Homo antecessor que l'on fait parfois dériver Homo heidelbergensis (de 650 000 à 200 000 ans). Ce point de vue reste cependant contesté par certains chercheurs. L'Homme de Heidelberg pourrait en fait être originaire d'Afrique.

Homo neandertalensis.
Homo neandertalensis, l'Homme de Néandertal (de 250 000 à 28 000 ans), qui peuplait l'Europe et le sud-Ouest de l'Asie,semble, pour sa part, pouvoir bien être dérivé d'Homo heidelbergensis, ou du moins appartenir à la même souche que lui. On lui apparente également l'Homo denisovensis.

Homo sapiens.
Homo sapiens, dont le plus ancien représentant actuellement connu, a été découvert dans le Djebel Irhoud (Maroc), est vieux d'au moins 315 000 ans. Des formes archaïques d'Homo sapiens (précurseurs directs de l'espèce), toutes également africaines, existent depuis 600 000 ans et pourraient être dérivées d'Homo ergaster. Le plus ancien Homo sapiens découvert hors d'Afrique (dans la grotte de Misliya en Israël) date d'environ 180 à 190 000 ans, mais il faut sans doute attendre encore quelques dizaines de milliers d'années pour qu'Homo sapiens peuple toute l'Eurasie. 

Espèces contemporaines.
On aura noté que plusieurs espèces humaines, à l'instar d'Homo sapiens (l'Homme de Cro-Magnon) et d'Homo neandertalensis dont les derniers représentants ont été découverts dans le Caucase et dans la péninsule ibérique, ont existé simultanément et ont pu se cotoyer géographiquement pendant une partie de leur histoire. On peut encore mentionner : Homo georgicus (de 1,8 à 1,2 million d'années), contemporain d'Homo habilis et d'Homo ergaster, Homo helmei (de 500 000 à 300 000 ans) contemporain d'Homo heidelbergensis. En plus de l'Homo neandertalensis, l'Homo sapiens, a eu comme contemporains : Homo rhodesiensis (de 300 000 à 125 000 ans), qui lui est étroitement apparenté, et l'Homo floresiensis (de 95 000 à 50 000 ans), espèce disparue au Paléolithique supérieur, comme d'ailleurs Homo soloensis (400 000 à 50 000 ans) dans lequel on voit une forme tardive de l'Homo erectus.

L'environnement préhistorique

Les phénomènes glaciaires.
La Préhistoire a connu divers changements climatiques, et en particulier, au Pléistocène de grandes périodes de refroidissement du climat qui ont occasionné plusieurs cycles glaciaires (glaciations) dans l'hémisphère nord, et qui ont fortement affecté l'évolution des sociétés humaines. 

L'histoire de cette période glaciaire est fort compliquée. Elle a été en effet accompagnée de phénomènes géologiques d'une très grande importance et qui ont profondément modifié la surface de la Terre. Elle a eu également des stades multiples d'avance et de recul amenant des variations très marquées de température et, corrélativement, de faune et de flore. On sait, en effet, que l'Europe a été successivement été, sur une assez grande partie de sa surface, couvertes d'une formidable calotte de glace. Plusieurs fois il y a eu extension, puis recul de la masse glaciaire, chaque extension glaciaire suivie d'une période de retrait (stade interglaciaire), avec adoucissement de la température et diminution considérable de la surface couverte par les glaces. 

La première extension (stade de Günz, dans les Alpes) a commencé durant la fin du Tertiaire et le début du Quaternaire; les trois autres (stades de Mindel, Riss et Würm) se sont produites durant le Quaternaire.

Les traces indiscutées de l'homme n'apparaissent en Europe que dans l'interglaciaire : Riss-Würm. Il est évident que la ligne des neiges perpétuelles, et par suite des glaciers, étant descendue de 1200 mètres environ durant chaque période glaciaire, il a fallu un temps énorme pour l'évolution de ces divers phénomènes. Les traces de ces glaciations successives se reconnaissent aisément par les restes de moraines renfermant des galets généralement en roches calcaires locales, portant une série de stries parfois assez profondes, et de nombreux galets de roches étrangères, transportés souvent de fort loin en un nombre considérable d'années par les glaces.

Les extensions successives, puis les retraits de ces diverses époques glaciaires ont notablement varié aux différentes époques. 

Au moment de la première période interglaciaire l'Angleterre occupait une aire beaucoup plus considérable, elle était largement réunie à la Scandinavie et à la Gaule d'une part, et, de l'autre, communiquait largement avec l'Islande. Ces immenses espaces étaient sillonnés de vallées et de cours d'eau, de larges communications réunissaient l'Espagne à l'Afrique, et celle-ci à la Sicile et à l'Italie, d'où passage très facile de la faune et des hommes d'un continent à un autre.

Il est enfin un point à noter, c'est que les abaissements de température permettant l'accumulation des grandes masses de neige, puis leur transformation en glace, n'ont pas dû être extrêmes. Un abaissement général de 4 à 5°C suffit pour amener ce résultat, pourvu qu'il y ait en permanence une grande humidité et de hautes montagnes, sur lesquelles peuvent se réaliser d'abondantes condensations.

Dès la fin du Pliocène des courants marins froids (indiqués par la faune marine que l'on peut encore étudier dans les dépôts dits Crag de Norfolk) commencèrent à descendre le long de la côte sud-est de l'Angleterre. En même temps, les glaces s'étendaient en Amérique, à l'ouest de la baie d'Hudson, tandis qu'en Suisse les glaciers des Alpes descendaient de 1200 mètres, et que tous les hauts sommets d'Europe se couvraient de glaciers. Tel fut le début de l'époque glaciaire.

Günz.
La première glaciation, oscillation de Günz (600 000 - 540 000 ans), se fit surtout sentir dans l'Amérique du Nord (où elle porte le nom de Nébraskéen), à l'ouest de la baie d'Hudson ; elle couvrit une grande partie de la Scandinavie, le nord de l'Allemagne (Eburonien) et la Grande-Bretagne (Beestonien), et s'étendit sur toute la région alpine où d'ailleurs ses traces sont complètement masquées par celles des glaciations ultérieures.

Mindel.
La deuxième glaciation, Mindel (480 000 - 430 000 ans), fut la plus considérable, elle couvrit plus de la moitié nord de l'Europe. Alors se formèrent les glaciers des Alpes et ceux des hauts sommets, par exemple, pour la Gaule : Pyrénées, monts d'Auvergne, Vosges; en même temps de profondes dépressions se creusèrent dans les mers intérieures européennes.

Riss.
La troisième glaciation, Riss (240 000 - 180 000 ans)  fut beaucoup moins étendue et en dehors des Alpes et des parties montagneuses de la Gaule, elle n'occupa que le nord de l'Allemagne et la Scandinavie (Saalien), les deux tiers septentrionaux des Iles Britanniques (Wolstonien), et, en Amérique du Nord le Canada et le nord des Etats-Unis (Illinoien) un peu plus étendue pourtant que la quatrième (Würm).

Ce serait d'après l'opinion la plus répandue aujourd'hui dans la période interglaciaire entre ce troisième glaciaire (Riss) et le quatrième (Würm) que seraient apparues les premières sociétés préchelléennes.

Würm.
L'évolution humaine se serait faite ensuite, d'abord durant le quatrième glaciaire, Würm  (120 000 - 10 000 ans), nommé Vistulien en Europe du Nord, Devensien dans les Îles Britanniques et Wisconsien en Amérique du Nord : Acheuleen et Moustérien; puis durant la période Néo-wurmienne : Aurignacien, Solutéen. Tout le Magdalénien, correspondant à un nouveau refroidissement occupe une véritable cinquième période glaciaire avec 4 avances et 4 reculs successifs des glaciers, auxquels Geikie a donné les noms d'Achen, de Bühl, de Gsnichtz et de Daum. Ces extensions glaciaires ont été notablement moins étendues que les quatre premières. Néanmoins le froid a été peut-être plus vif puisque le renne vivait en très grand nombre, par exemple dans les régions actuellement plutôt chaudes de la Dordogne, et l'on sait qu'aujourd'hui le renne ne peut se reproduire en abondance que dans le nord de la Suède et l'extrême-nord de la Russie. Le dernier postglaciaire, celui de Daum, a débuté un peu avant l'Azilien et le Tardenoisien.

Les érosions. Le creusement des vallées et les dépôts alluviaux
Les phénomènes glaciaires ont amené une accumulation énorme de glaces, sur les montagnes depuis 300 jusqu'à 1200 m d'altitude, formées avec l'extrême lenteur de pareils phénomènes. C'est cette masse de glaces, qui, en fondant à diverses reprises, a produit plusieurs fois des quantités d'eau lesquelles ont déterminé, soit des érosions et creu sements énormes, soit des amas formidables de cailloux roulés. Il y eut aussi des pluies considérables. De ce fait, les cours d'eau ont pris plusieurs fois un débit considérable, entaillant les rochers, creusant les vallées. D'autre part, les pluies avaient produit d'énormes ruissellements, tandis que l'action du vent était extrêmement active. Et ainsi se sont façonnées les vallées, détruites les montagnes et modifié profondément l'orographie. Il s'est alors formé sur les parois des vallées des terrasses correspondant à des stades successifs de l'érosion, et également d'énormes dépôts morainiques dans les creux des montagnes et des alluvions dans le fond des vallées. Tout ce travail de modelé terrestre profond a été à peu près terminé vers la fin de l'Acheuléen. C'est pour cela que les terrasses, sur les flancs des vallées, renferment des couches variables : les unes possiblement reliquats de dépôts antérieurs au creusement, les autres déposées sur les terrasses postérieurement à leur formation. Enfin le vent a souvent accumulé sur les dépôts antérieurs d'énormes masses de sable argilo-calcaire brunâtre (terre à briques, loess). 

Faunes et flores quaternaires.
Les Humains de la période quaternaire ont vécu au milieu de faunes et de flores très variées, adéquates aux conditions climatiques extrêmement variables qui se sont successivement produites du fait des avances ou des reculs des glaciers survenus rythmiquement, comme nous venons de le voir, depuis le début du Quaternaire, en affectant tout l'Ancien continent et l'Amérique du Nord.

Faunes et flores successives répondent à cinq types :

1° Types des plaines chaudes du Nord de l'Afrique et du Sud de l'Asie, ayant existé en Europe dans les périodes interglaciaires, loin des périodes glaciaires : Eléphas mendionalis, Rhinocéros Merckü, Hippopotamus major au début du quaternaire. A partir du troisième interglaciaire Eléphas antiquus remplaçant le meridionalis. Flore : laurier, buis, figuier, aune, tilleul, saule, etc...

2° Types des prairies et forêts d'Europe et d'Asie (eurasiatique) ayant existé dans les périodes interglaciaires assez près des stades glaciaires : cerf, bison, cheval. Flore de nos forêts et prairies actuelles.

3° Types des steppes et des déserts de l'Est de l'Europe et du centre de l'Asie ayant existé aux environs des périodes glaciaires : âne et cheval désertiques, antilope saïga, gerboise, hamster. Flore : bouleau, sapins, trembles.

4° Types des toundras, plaines et sols glacés du voisinage du cercle arctique ayant existé aux alentours des glaciers : renne, boeuf musqué, renard arctique, glouton, lemming ; lichens et végétation arctique, auxquels il faut ajouter deux espèces actuellement disparues : le mammouth et le rhinocéros tichorinus revêtus d'une toison épaisse, tous apparus au moment de la quatrième glaciation.

5° Types des hautes montagnes à sommets neigeux chamois, bouquetin, mouflon, marmotte, coq de bruyère descendus des hauts sommets de l'Europe et de l'Asie occidentale dans les plaines au moment du quatrième glaciaire. (A. Capitan).

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