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Le papyrus
Le papyrus (du latin papyrus, du grec papuros) est  une belle plante monocotylédone de la famille des Cypéracées, ordinairement nommée souchet à papier, et qui croit dans les marais de l'Abyssinie, de l'Egypte, de la Sicile et de la Calabre. C'est le Cyperus papyrus ou Papyrus antiquorumm des botanistes. Le souchet vivace a un rhizome féculent dont les anciens Egyptiens se nourrissaient, et une tige triangulaire, haute de 2 m à 2,50 m, sans feuilles, et terminée par une large ombrelle des plus élégantes que rendent très gracieuse la légèreté et la ténuité de ses rayons et de ses ombellules. 

C'est avec la tige du papyrus que les anciens fabriquaient leur papier. Ils découpaient celle-ci en tranches minces qu'ils superposaient en les entre-croisant à angle droit. Ensuite ils battaient le tout, l'aplatissaient et en lissaient la surface avec un instrument d'ivoire ou avec la pierre ponce, l'agate. Pour préserver de l'humidité et des insectes le papyrus ainsi préparé, on le plongeait ensuite dans l'huile de cèdre. Les anciens réussissaient à fabriquer, avec cette substance, de très grandes feuilles de papier qui leur servaient pour écrire, soit qu'ils disposassent ces feuilles en livres, soit qu'ils en fissent des rouleaux.

Histoire.
On sait que le papyrus a été employé en Egypte dès une haute Antiquité. L'Egypte, et spécialement la ville d'Alexandrie, continua longtemps à approvisionner de papyrus tout le monde antique. Des diplômes impériaux grecs et latins sur papyrus ont été, à diverses reprises découverts en Egypte et particulièrement au Fayoum. Un grand nombre d'actes privés étaient également écrits sur papyrus. Les chartes de Ravenne en ont conservé de nombreux spécimens. La chancellerie pontificale employa le papyrus pour y expédier les bulles des papes jusqu'au milieu du XIe siècle. Les diplômes des rois mérovingiens furent écrits également sur papyrus pendant tout le VIIe siècle, et l'on trouve en France, des documents sur papyrus Jusqu'à la fin du VIIIe
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Papyrus de Lille.
Papyrus de Lille.

Généralement, le papyrus était disposé en rouleau (volumes). Les rouleaux, tels qu'on les fabriquait en Egypte, avaient plus de 14 m de longueur sur une largeur qui ne dépassait pas 20 à 25 cm. Les rouleaux calcinés trouvés à Herculanum donnent une idée de ce qu'étaient ces volumina. Mais à l'époque mérovingienne, on découpa aussi le papyrus en feuillets pour en former des livres, parfois en intercalant entre chaque cahier de papyrus un feuillet de parchemin pour donner à l'ensemble plus de solidité et de consistance. Le papyrus dont on se servait en Occident fut d'importation égyptienne jusqu'à la fin du Xe siècle. La fabrication constituait un monopole, et chaque feuillet devait être marqué d'une estampille. Lorsque les fabriques d'Egypte eurent cessé de fonctionner, remplacées par des fabriques de papier, on fabriqua pendant quelque temps encore du papyrus en Sicile, mais les dernières bulles pontificales qui ont cette provenance montrent combien ce papyrus de Sicile était un produit inférieur.

Le papyrus était désigné en latin par les mots charta, tomus, chartarum tomus, et plus tard papyrus, d'où nous avons fait papier. Les mêmes expressions furent naturellement appliquées au papier lorsque celui-ci eut remplacé le papyrus complètement disparu, et lorsque, au XVIe siècle et depuis, les savants retrouvèrent des documents sur papyrus, ils crurent qu'ils étaient écrits sur un papier fait avec de l'écorce d'arbre et les désignèrent sous le nom de papier d'écorce. En réalité, on ne fabriqua jamais de papier en Occident de cette manière, et, vérification faite, tous les documents désignés comme écrits sur papier d'écorce sont des papyrus. (GE).

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