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Oolithe
Pétrographie.
On désigne sous ce nom de petits grains arrondis de calcaire, d'oxyde de fer, de glauconie, etc., de très petite taille (leur diamètre est souvent voisin de 1 mm ou même inférieur, et ne dépasse que rarement 3 mm); suivant la nature du minéral, on a des oolithes calcaires, ferrugineuses, glauconieuses, etc. D'autre part, on rencontre souvent, an milieu des formations géologiques, des bancs formés uniquement ou presque exclusivement par les oolithes, habituellement calcaires; on a pris l'habitude de reporter alors à la roche le nom de ses éléments et de désigner un calcaire oolithique formé à peu près complètement d'oolithes sous le nom d'oolithe calcaire on même plus simplement d'oolithe; dans des conditions analogues, mais plus rarement, on aura une oolithe ferrugineuse.

Les oolithes calcaires les plus abondantes de toutes, se montrent généralement, lorsqu'on examine leur section au microscope, formées de couches concentriques emboîtées et souvent disposées autour d'un petit grain détritique de nature différente (tel qu'un grain de sable, par exemple), ou encore d'un débris d'organisme, ou même souvent d'un foraminifère de petite taille. La disposition des couches concentriques indique que ces oolithes se forment par concrétion du calcaire tenu en dissolution dans l'eau de mer où elles se forment; il semble, en outre, qu'elles se forment d'ordinaire dans un milieu agité, à très faible profondeur, dans des points où se font sentir l'action des vagues et le jeu des marées. On peut généralement constater que les formations oolithiques les plus étendues se sont produites dans le voisinage de récifs calcaires, où l'eau de mer tient en dissolution beaucoup de calcaire. D'autres oolithes calcaires se forment aussi dans les eaux douces, auprès de sources pétrifiantes (celles de Karlsbad, par exemple).

Certaines de ces oolithes ne montrent plus la disposition en couches concentriques et résultent d'un remplissage homogène, par de la calcite, de petites cavités arrondies existant dans le calcaire et qui proviennent de bulles gazeuses encroûtées dans la formation du calcaire et remplies postérieurement.

Certains calcaires oolithiques sont complètement formés d'oolithes à peine agglutinées par leurs bords et séparées par des vides polyédriques à faces courbes; comme exemple de ces calcaires, on peut citer l'oolithe miliaire, formée de petits grains de la dimension d'un grain de mil (d'où son nom); d'autres calcaires oolithiques sont compacts et formés d'oolithes plus ou moins nombreuses, englobées dans une masse générale de calcaire amorphe.

Les oolithes ferrugineuses, composées d'hydroxyde de fer, se forment dans des conditions analogues aux oolithes calcaires, dans le voisinage de rivages où débouchaient des rivières amenant en dissolution de l'oxyde de fer enlevé à des terrains plus ou moins riches en fer. Ces conditions ont été en particulier réalisées durant l'époque jurassique en Normandie, dans les Ardennes et sur la bordure du Massif central de la France, et par suite beaucoup de niveaux du jurassique y renferment des oolithes ferrugineuses plus ou moins abondantes, englobées dans du calcaire (ex. le calcaire de Bayeux) ou de l'argile. Ces oolithes, lorsqu'elles sont suffisamment abondantes et surtout lorsque le calcaire qui les englobe a été dissous suivant les affleurements par l'eau de pluie chargée d'acide carbonique, peuvent s'accumuler de façon à constituer un excellent minerai de fer. Dans les régions calcaires, ces oolithes sont parfois concentrées dans des poches creusées dans le calcaire et englobées au milieu d'une argile rouge, résidu de la décalcification du calcaire; elles appartiennent alors à ce qu'on désigne sous le nom de formations sidérolithiques.

D'autres minéraux encore peuvent se trouver en petits grains analogues : la glauconie, si répandue dans beaucoup de niveaux du crétacé; certaines chlorites (bavalite, herthiérine) associées à de l'oxyde de fer; le phosphate de chaux de la craie phosphatée, etc.

Géologie.
On désigne souvent en géologie sous le nom d'oolithe (ou oolithique) le jurassique moyen (bajocien et bathonien), à cause du grand développement des calcaires oolithiques dans ces deux étages, surtout dans le bassin anglo-parisien. On distingue principalement deux niveaux d'oolithe : 

1° l'oolithe inférieure, ayant comme type le calcaire bajocien de Bayeux;

2° la grande oolithe, correspondant à une partie du bathonien. (GE).



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