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Nerfs laryngés
(anatomie). - II existe deux nerfs
laryngés, rameaux apparents tout au moins du nerf
pneumogastrique. Nous disons apparents, car nous verrons plus loin
que le laryngé inférieur est en réalité une
branche du spinal. Le nerf laryngé supérieur
naît du ganglion plexiforme et se porte
vers le larynx en décrivant une courbe
à concavité antérieure; il donne naissance à
deux rameaux, l'un inférieur, l'autre supérieur, qui vont
innerver la muqueuse laryngée et deux muscles
seulement, le constricteur inférieur du pharynx
et le crico-thyroïdien.
Il existe une branche anastomotique connue
sous le nom d'anse nerveuse de Galien ,
qui réunit le nerf laryngé supérieur au laryngé
inférieur. D'après François Franck, l'anastomose
de Galien représente des filets sensitifs remontant du laryngé
inférieur au supérieur et qui assurent plus spécialement
la sensibilité de la muqueuse trachéale.
Le laryngé inférieur est désigné aussi sous
le nom de récurrent, parce qu'après avoir contourné
l'aorte ou l'artère
sous-clavière, suivant qu'il s'agisse da récurrent gauche
ou droit, il remonte vers le larynx en suivant
l'oesophage. Outre son anastomose déjà
décrite et ses branches motrices destinées aux muscles
du larynx, le récurrent donne encore des filets cardiaques qui vont
se perdre à la base du coeur dans le plexus
cardiaque, des filets oesophagiens, trachéens et pharyngiens. A
l'exception du crico-thyroïdien, tous les autres muscles du larynx
sont innervés par le nerf récurrent ou laryngé inférieur.
La section du laryngé supérieur,
en amenant la paralysie du crico-thyroïdien modifie peu la phonation.
Cette dernière est simplement altérée par le fait
que le thyroïde n'est plus immobilisé quand les thyro-aryténoïdiens
(cordes vocales) se contractent, mais cette
section peu importante au point de vue de la motricité amène
une perturbation profonde dans la sensibilité de la muqueuse
laryngée, car c'est la branche interne du laryngé supérieur
qui donne la sensibilité à toute la muqueuse du larynx.
Par suite de l'insensibilité consécutive
à la section du nerf laryngé supérieur,
les corps étrangers peuvent s'introduire dans le larynx,
de là dans les poumons et déterminer
des accidents asphyxiques immédiats, ou tout au moins une inflammation
de la muqueuse pulmonaire et une pneumonie consécutive. Le nerf
laryngé inférieur innerve les autres muscles du larynx; mais
ce nerf, qui paraît se détacher du pneumogastrique,
renferme surtout des fibres motrices provenant du spinal. Claude Bernard
a montré que la section intracrânienne du spinal rend l'animal
aphone. Ce sont finalement les fibres du spinal qui vont aux muscles
phonateurs; le crico-aryténoïdien postérieur, qui ne
joue aucun rôle dans l'émission de la voix, reçoit
par la même branche des fibres du pneumogastrique. L'étude
des centres moteurs cérébraux confirme cette distinction.
Il n'existe pas de centre cortical pour le crico-aryténoïdien
postérieur alors que les muscles phonateurs peuvent être mis
en jeu par une excitation portant sur le pied de la circonvolution frontale
ascendante, immédiatement en arrière de l'extrémité
inférieure du sillon précentral. Une excitation faite sur
la partie antérieure de cette région détermine le
rapprochement des cordes vocales. (Dr
P. Langlois). |
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